Matth., cap. xxv
servile et non le fruit d'un amour désolé ; Dieu saura qu'en ces derniers instants votre intérêt vous a plus touché que sa gloire'; Dieu saura que vous n'êtes revenus finalement à lui que parce que vous ne pouviez pas faire autrement ; Dieu saura que vous n'avez pensé au ciel que parce que vous vous sentiez violemment arraché à la terre ; Dieu saura que vos péchés vous ont quitté plutôt que vous ne les avez quittés ; Dieu saura que les fautes par vous désavouées n'étaient pas sincèrement détestées ; Dieu saura que votre repentir improvisé, sous le coup d'une menace de mort, était prêt à se démentir, et que vous étiez, au fond de l'âme, tout disposé à redevenir le pécheur que vous fûtes naguère, si vous eussiez recouvré la santé : Dieu saura tout ! Vous pouvez tromper les hommes, vous ne le tromperez pas. Lui.
Pendant que vos parents et vos amis se consoleront, au souvenir du touchant spectacle que vous leur avez donné, saisis par la justice de Dieu vous l'entendrez rire de la comédie que vous avez jouée, et siffler votre pénitence menteuse. « In interitu vestro ridebo vos et subsannâbo vos*. »