Luc, cap. ix
250 AIMER l'église de tout son coeur
tude et de charité, qui ne nous permet pas de rendre le mal pour le mal. Laissons à Dieu, qui a proclamé son droit unique à la vengeance, le soin de punir quand il voudra et comme il l'entend les ennemis de son Église, sans nous ingérer par des désirs inhumains et des prières indiscrètes dans l'action providentielle de sa justice. Si nous lui demandons, avec la sainte liturgie, de les humilier, que ce soit pour éclairer leur aveuglement, et les convaincre de l'impuissance de leurs desseins et de leurs violences contre une institution que Dieu a promis de soutenir à perpétuité.
Il ne faut pourtant pas que notre douceur et notre charité dégénèrent en faiblesse, et que, sous prétexte de tout pardonner, nous oubliions l'injure faite à notre mère, jusqu'à traiter ses persécuteurs à l'égal de ses enfants. Fuir leur intimité, mépriser leurs faveurs, leur refuser l'estime, les suffrages, les respects, les honneurs, les services dont ils sont indignes, c'est justice, et le seul moyen de leur faire sentir les effets de l'excommunication que TÉglise, en d'autres temps, eût prononcée contre eux. Mais en tout cela, pas de haine, pas d'esprit de basse vengeance. Notre amour filial doit prendre pour devise cette belle et
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noble parole de saint Paul : « Noli vinci a malo, sed nince in bono malum1. Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais efforce-toi de vaincre le mal par le bien. »
Nous vengerons l'Église, en consacrant notre science et notre talent à faire prévaloir, dans l'opinion publique, l'apologie éloquente et convaincue de ses bienfaits et de ses vertus, contre les injures et les calomnies qui la déconsidèrent ; en publiant hautement que nous sommes glorieux d'être ses enfants, de croire tout ce qu'elle enseigne et d'obéir à ses saintes volontés ; en soutenant ses droits, sans en rien céder à l'esprit du siècle ; en montrant à ce siècle sceptique et railleur notre ferme et vigoureuse confiance dans les éternelles destinées de notre mère; en lui disant, à cette mère humiliée, bien haut, de manière à ce que tout le monde l'entende : Mère, te voilà comme le Christ, ton époux et ton maître, sur le chemin du Calvaire, condamnée par les pouvoirs, outragée par la foule, couverte de plaies, de boue et de crachats, abreuvée d'ignominie; mais notre foi ne faiblit pas devant un si grand scandale, et, sous le voile de tant d'op-