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Rom., cap. xn

252 AIMER l'église de tout son coeur

probres, nous voyons encore, nous admirons encore, nous adorons encore la divine auréole dont ton front est couronné !

Nous vengerons l'Église, en professant une plus profonde estime pour ceux de ses ministres qui ont porté les premiers coups de la persécution, et pour les hommes courageux qui se sont compromis dans leur cause, en leur donnant publiquement des témoignages de notre pieux respect, en venant au secours de leur détresse. Napoléon, entouré de son état-major, voyant passer, sur le champ de bataille où il avait triomphé, un convoi de blessés ennemis, se découvrit respectueusement devant eux et s'écria : « Honneur au courage malheureux! » Ce ne sont pas des ennemis, Messieurs, ce sont des amis malheureux que vous voyez passer sous le froc béni que le cloître ne peut plus abriter. Ne craignez pas de les reconnaitre au milieu de la foule indifférente ou hostile qu'ils traversent, et saluez-les de ce cri vengeur? « Honneur à l'innocence proscrite ! honneur à la vertu persécutée! »

Nous vengerons L'Eglise, en soutenant par notre travail, par le sacrifice de notre temps et de nos deniers, les œuvres d'éducation et de bienfaisance

qu'on prétend soustraire à sa religieuse influence; en préférant, malgré promesses et menaces, les écoles où elle enseigne à celles d'où elle est bannie; en créant, par tous les moyens possibles, des institutions libres de toute attache officielle, où il sera permis à l'enfance d'apprendre à accomplir ses devoirs envers Dieu et à être fidèle aux promesses de son baptême ; en élevant ainsi des générations chrétiennes qui feront rougir ceux qui rêvent des générations sans Dieu, et les obligeront peut-être de confesser qu'ils se sont trompés. Oh! la belle et sainte vengeance que celle-là! Daigne le ciel nous l'accorder avant que les entreprises de l'impiété aient porté leurs tristes fruits ! Puisse le mal être vaincu par le bien que nous ferons, avant qu'il soit devenu assez puissant pour enfanter de honteuses et sanglantes catastrophes ! Mais quels que soient ses progrès, Messieurs, ne nous laissons pas vaincre par lui : « Noli vinci a malo. » Tôt ou tard, si nous sommes persévérants dans la lutte du bien, cette devise de notre amour vengeur aura raison : « Vince in bono malwn : triomphe du mal par le bien. »

"Jo-i AIMER L ÉGLISE DE TOUT SON CoLLK

J'ai encore à vous faire une demande, Messieurs : Si vous aimez l'Église de tout votre cœur et de toutes vos forces, vous devez épouser ses saintes ambitions, et l'aider à étendre les conquêtes qui augmentent le nombre de ses enfants, et accroissent, de toutes les âmes régénérées par sa doctrine et ses sacrements, la richesse et la gloire de la famille chrétienne.

On lui prête, dans un certain monde, des avidités de pouvoir contre lesquelles on ne saurait prendre, dit-on, trop de garanties. Ses prétentions et ses empiétements, s'il faut en croire les gens effarés qui l'accusent, tendent à éliminer toutes les autorités et à confisquer toutes les libertés. Je me suis expliqué sur ce point en traitant des rapports de l'Eglise avec les sociétés humaines, et je crois avoir fait équitablement la part qui revient à chacun. Je n'y reviendrai pas, si ce n'est pour affirmer, encore une fois, que l'Église n'a nullement l'intention de sortir de son domaine spirituel, et

qu'elle est toujours prête à dire aux pouvoirs qui respectent ses intentions : « Da mihi animas caetera toile tibii : Laissez-moi les âmes et prenez le reste. »

Les âmes! Dieu les lui a données, et, je ne le cache pas, elle voudrait les avoir toutes. C'est son plus grand amour, c'est sa suprême passion : parce que c'est le bien légitimement acquis de l'époux divin, qui les a payées de ses douleurs et de son sang. Elle n'a rien tant à cœur que de faire valoir ses droits, car en les faisant valoir, elle donne satisfaction à sa maternelle tendresse, qui veut le salut et le bonheur éternel du genre humain. Donc, depuis le jour où les disciples du Sauveur se sont élancés à la conquête du monde, jusqu'en ce siècle qui a vu naître l'œuvre sublime et touchante de la propagation de la foi, l'Eglise n'a pas cessé un seul instant de crier : Des âmes ! des âmes!

Vous ne seriez pas les enfants de cette mère inépuisablement féconde, si votre cœur ne désirait avec le sien l'extension indéfinie de la famille chrétienne, si vous n'aviez comme elle la sainte

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