‹ Retraites pascales (volume 5)Chapitre 15 sur 90 · I. Pet., cap. m · texte numérisé non relu

I. Pet., cap. m

L AMOUR PATIENT ET DEVOUE. 4

ceurs et les consolations de l'épanchement, quand il craint que les confidences de ses préoccupations, de ses soucis, de ses chagrins ne heurtent trop violemment un cœur sensible à l'excès; Il dissimule ses appréhensions, il retient ses larmes, il prolonge autant qu'il peut, par un muet sacrifice, la confiance et la paix de celle qu'il aime, jusqu'à ce qu'il ne lui reste plus d'autre ressource que de pleurer et de souffrir avec elle Spectacle admirable et touchant que celui de deux cœurs qui ne songent qu'à se faire du bien ! Ils peuvent échanger entre eux ces vers du poète :

Tu mihi curarum requies, tu nocte vel atra Lumen, et in solis tu mihi turba locis l.

Dans mes sollicitudes tu es mon repospdans la nuit sombre ma lumière, et clans la solitude tu remplaces la foule de mes amis. » Comme ils sont heureux de s'appuyer l'un sur l'autre, de se sentir vivre l'un par l'autre et l'un pour l'autre ! — Non, cela n'est pas l'œuvre de la nature, mais le miracle de la grâce. « En définitive, dit l'Apôtre, la grâce fait de deux vies une seule vie, pro-

Page 1