I. Catech. rora. Part. III. De quarto praecepto
L AMOUR PATERNEL ET MATERNEL
d'eux peut dire : c'est à moi ! c'est à moi ! Tout à Theure ils n'étaient qu'époux ; maintenant ils sont père et mère. Leurs cœurs, sans se détacher l'un de l'autre, se retournent, d'un même mouvement, vers un nouvel objet qu'ils appellent leur cher amour, et qui, complétant la famille, achève sa configuration au type divin.
En germe dans T amour conjugal, l'amour paternel et l'amour maternel viennent d'éclore ; le gouvernement domestique est le champ béni où va s'exercer leur action. Vous devez bien penser, Messieurs, que la grâce du sacrement de mariage n'abandonne pas les époux au moment où ils deviennent parents. Ayant pour office de perfectionner leur amour, elle le saisit sous toutes les formes, et fait profiter le gouvernement domestique de sa bienfaisante vertu, comme elle en a fait profiter l'union conjugale à la vie commune.
La grâce, donc, perfectionne l'amour paternel et l'amour maternel : — 1° En les éclairant sur tous leurs devoirs et particulièrement sur le but sacré qu'ils doivent atteindre. '2° En les préservant, par une constante direction, des illusions, des faiblesses, des négligences, des désaccords qui pourraient compromettre leur gouvernement.
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Dans le cœur des parents chrétiens, l'amour , saisi et éclairé par la grâce, prévient la naissance du cher petit être dans lequel ils doivent contempler leur image et chérir leur propre sang. Avant l'apparition joyeuse qui leur fera pousser ce cri de la tendresse ravie : « Grâce à Dieu, nous avons un enfant! Possedi hominem per Deum1, » avant l'éclosion de la fleur gracieuse dont les charmes embelliront bientôt leur foyer, ils en cultivent avec amour les germes mystérieux. La grâce leur fait comprendre que la génération humaine ne ressemble pas à celle des êtres inférieurs, dont la vie ne procède que d'une végétation inconsciente ou de la force des instincts ; que l'homme doit mettre toute son âme dans la paternité ; que s'il ne tire pas de lui-même la flamme immortelle qui anime le rejeton de sa vie, il peut, sous l'influence de son esprit, en préparer le tabernacle ; que les habi-