Matth., cap. xvii
de gloire, l'humble assemblée, la toute petite Église qui l'entoure. Conviez à cette fête, non seulement Moïse et Elie, mais tous les chœurs angéliquesT toutes les âmes des justes qui se sont endormis dans l'espoir de ce divin hyménée. Descendez vous-même, plus beau que sur le Sinaï, plus beau que sur le trône où siégeait l'Ancien des jours entrevu par les prophètes. Approchez-vous et dites : « Hic est Films meus dilectus in quo mihi bene complacui1 : Voici mon Filsbien-aimé en qui j'ai mis toutes mes complaisances. — Église qu'il aime, Église qu'il veut sanctifier, je te le donne, je te donne à lui, échangez vos serments d'amour et de fidélité, et soyez unis pour les siècles des siècles. »
Mais non, Messieurs ; ce n'est pas ainsi que doivent se célébrer les noces du Christ. Il ne s'est point encore assez livré au gré de son Père. S'il veut acheter son épouse, qu'il la paie de son sang et de sa mort; — ainsi l'a décrété la justice de Dieu. Le péché, outrage fait aune majesté infinie, ne peut être expié que par le sacrifice d'une vie divine. Et c'est seulement à l'heure de ce sacrifice
i. Matth., cap. xvn, 5,
que l'Église sanctifiée deviendra digne de s'unir à Thomme-Dieu, et recevra dans son sein l'inépuisable et féconde vertu qui doit la rendre la plus glorieuse des épouses et des mères. Non, mon Sauveur, non, ce n'est pas dans la gloire du Thabor que doit se contracter votre union avec une pauvre pécheresse. Vos noces seront des noces sanglantes, et vous y apparaîtrez avec la touchante beauté de la victime. Préparez-vous à cette lugubre et miséricordeuse fête « venit hora : l'heure est venue. »
C'est L'heure des puissances de ténèbres1 ; elles sont chargées par la justice divine de procéder à la toilette du fiancé. Voyez-vous cet homme prosterné à terre au fond d'une grotte sombre, inondé d'une sueur de sang, et demandant grâce pour sa vie agonisante ? Voyez-vous ce captif dont les mains sont enchaînées, et que la cohorte tumultueuse des soldats de la synagogue entraîne du jardin de Gethsémani au palais du grand-prêtre ? Voyez-vous cet accusé qu'on accable de faux témoiguages, que l'on outrage et que l'on maltraite.