‹ Retraites pascales (volume 5)Chapitre 82 sur 90 · I. Cor., cap. xv · texte numérisé non relu

I. Cor., cap. xv

- Eh bien, Messieurs, rassurez-vous ; le Christ immolé remporte sur la mort une dernière vietoire qui lui arrache pour jamais les lugubres trophées dont elle se pare, depuis son entrée dans le monde, pour insulter à la misère de l'humanité pécheresse.

En consommant son sacrifice, le Christ rédempteur pousse un grand cri qui ébranle la terre et les cieux, incline la tête et expire. Son corps inanimé demeure quelque temps encore attaché à la croix, afin de subir un dernier outrage et de nous faire une dernière largesse de son sang. Quand il n'en reste plus une goutte dans son cœur tari et dans ses veines épuisées, sa mère et ses amis le descendent pieusement de la croix, l'enveloppent d un linceul et le déposent dans le sépulcre vierge que lui offre la charité.

Que va-t-il devenir? La mort a pu briser les liens qui l'unissaient à la plus belle, à la plus sainte, à la plus vivante des âmes; aura-t-elle le

pouvoir de le profaner? — Elle est là. clans la grotte funèbre et près de la froide pierre où repose muet, immobile, celui dont la parole commandait à la nature et dont les saints attouchements guérissaient tous les maux. On peut voir encore sur son corps sacré les marques de l'incroyable barbarie dont il fut victime : les déchirures de son front labouré par les épines, les plaies de ses mains et de ses pieds percés de clous, l'ouverture de son côté traversé de part en part par la lance du soldat, et partout les meurtrissures et les sillons sanglants de la flagellation. Malgré cela, il y a dans ce cadavre je ne sais quelle mystérieuse beauté. On dirait qu'il sommeille, enveloppé d'une majesté auguste et d'une grâce pudique qui commandent le respect. Quelle belle proie pour la mort et pour les sinistres ravageurs qu'elle emploie à son œuvre de destruction !

Eh bien non, en abattant cette victime divine, la mort a épuisé ses forces, et devant la chair inanimée du Sauveur il faut qu'elle s'avoue vaincue, Dieu a promis que son saint ne serait pas entamé par la corruption l : « Non clabis sanctum tuum

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