VENDREDI SAINT
CINQUIÈME INSTRUCTION. — le vainqueur de la mort. — La fête que l'Eglise célèbre en ce jour est une fête de mort, mais en même temps une fête de vie. — Le Christ en mourant a vaincu la mort. 1° En livrant sa chair innocente à la mort, il se sert de la mort pour tuer le péché. — 2° Il fait servir la plus grande des humiliations à la plus noble et à la plus glorieuse des actions. — 3° Il blesse irrémédiablement l'ennemie du genre humain et l'absorbe en sa victoire. — I. Comment le péché est la mort de l'âme.
— Avec lui la mort est entrée dans le monde.
— C'est une vérité de foi, que le Christ s'est servi de la mort, fille du péché, pour détruire le péché. — Une
mort divine est notre unique ressource, dès qu'il est certain que Dieu veut trouver dans la réparation du péché la mesure de son être infini. — Comment le Verbe immortel s'est donné le pouvoir de mourir. — Tous les coups portés à sa chair sacrée sont tombés sur le péché. — Il a inondé les sacrements de son sang rédempteur. — C'est là que le Christ triomphant oblige la mort à donner la vie, pour sauver ceux à qui le péché a donné la mort. — IL La mort triomphe de nous par l'humiliation, le Christ triomphe de la mort en la faisant servir à la plus grande gloire de Dieu et à la plus grande gloire de l'humanité. — 1° Gloire deDieu: car rien de plus propre que le sacrifice de la vie pour attester que Dieu est maître. — Le mystère que l'Église nous met aujourd'hui sous les yeux est le mystère de l'amour se servant de la mort pour le plus grand des sacrifices. — Toutes les exigences de la gloire de Dieu y sont satisfaites.— 2° Gloire de l'humanité : — Le sacrifice ne nous est devenu familier que depuis le grand exemple donné par le Sauveur. — L'usage que nous en pouvons faire à notre honneur. — III. 1° Vue du .Sauveur dans le sépulcre. — La mort a épuisé sur lui ses forces. — Il ressuscite; la mort n'a plus sur lui d'empire : Mors illi ultra non dominabitur. — Bien plus, la mort a contribué par ses cruautés aux splendeurs de la vie nouvelle qui lui ravit sa proie. — Comment? — 2° Le triomphe tout personnel du Sauveur ne suffit pas à son amour ni à sa puissance. Il a voulu passer par la mort pour devenir l'exemplaire et la cause de notre résurrection. — Nous pouvons mépriser la victoire passagère de la mort sur notre chair, puisqu'un jour nous ressusciterons pour ne plus mourir: Mors ultra non erit. — A quelle condition nous serons associés au vainqueur de la mort . . 2 7