Contenson, loc. citât
fermes propos, expression suprême du repentir, le démon est là. Il y est, et son impuissance peut être à jamais décidée, son insolence à jamais confondue par un acte de notre liberté : acte magnanime qui confie à Dieu les germes sacrés de notre vie, inaugure et restaure le règne du bien dans notre âme.
Vous entendez bien, Messieurs, vous comprenez bien, tout dépend de nous. Le démon, notre ennemi, n'a de puissance que celle que nous lui donnons. Ses caresses, ses sourires, ses allèchements, ses séductions, ses ruses, ses machinations, ses suggestions, ses mensonges, ses perfidies, ses violences, ses attentats : tout cela est vain, tout cela se brise sur l'airain inviolable d'une forte résolution et d'un courageux dessein. Il nous tente, mais il ne peut forcer notre consentement ^ ; il nous assiège, mais il n'est pas en son pouvoir de nous soumettre si nous ne nous rendons à merci ^. Il peut dire à notre âme cette parole que le prophète met dans sa bouche impu-
\. Satanas non cogit învitum, in tua potestate est consenlire vel non consentire. (S. Aug., in Psalmum XCI.)
"2. Diabolus non liabet facultatera ut hominem sibi subjiciat, nisihomo de propria voluntate ejuslaqueo se astringat. (Hug., cardinal., in sanct. Lucam, c. xv.)
dente : « Courbe-toi que je passe : Incurvare ut transecimus\ » mais notre âme peut lui répondre : courbe-toi toi-même et ne m'arrête pas plus longtemps sur le chemin du devoir. Bref, il est fort, mais plus fort que lui est l'homme qui sait vouloir, et qui appuie son vouloir sur la grâce de Dieu. Et, lors même que nous nous sommes soumis lâchement à son empire, il nous reste encore, dans notre méprisable faiblesse, assez de puissance pour redevenir nos maîtres, si nous sommes véritablement chrétiens. Un sacrement brise les chaînes qu'il a rivées sur nos âmes, une bénédiction l'épouvante, un signe de croix le paralyse, un cri de l'âme foudroie son énergie, une parole impérieuse, prononcée au nom de Jésus-Christ, le met en fuite. Les sacrements nous attendent; les bénédictions, l'Eglise les répand sur toutes choses ; le signe de la croix, vous savez le faire; les cris de l'âme vous les connaissez : — « 0 Seigneur, délivrenous de la malice de notre ennemi, des embûches du démon: Ab hoste inaligno, ab insidiis diaboli libéra nos Domine, » La parole impérieuse est celle que prononça lui-même le miséricordieux