Deus enini intentator malorum est neminem tentât
(Jac, c. I, 13.)
sainteté nous le montre, et sa sagesse permet que des puissances ennemies sollicitent notre liberté, afin que, grandis par la lutte et couronnés de mérites, nous devenions les ouvriers de notre perfection et de notre félicité, tout en reconnaissant la souveraine bonté de Dieu par un généreux sacrifice de notre amour. Môme dans Tétat d'innocence, chacun de nous devait subir l'épreuve de la tentation. La justice originelle, transmise du père aux enfants^ ne communiquait point à ces derniers le privilège de l'impeccabilité. Tout homme, avant d'être confirmé en grâce, était appelé à se prononcer pour le bien ou pour le mal. La chute de riiumanité n'a rien changé aux desseins de Dieu, mais pour notre nature, dépouillée de sa vigueur primordiale, nécessairement l'épreuve est devenue plus laborieuse, la tentation plus terrible. L'Ecriture nous invite à y préparer notre âme^ si nous voulons servir Dieu : « Fill^ accedens ad sevoitutern Dei, praspai'a animam tuam ad tentatiO' nem ^ . »
Le péché d'origine livre à l'esprit du mal notre vie dévoyée et ouvre notre âme à ses suggestions.