‹ Retraites pascalesChapitre 52 sur 98 · Aristol., in II; Ethiccap. XXV · texte numérisé non relu

Aristol., in II; Ethiccap. XXV

esprit, mon cœur, ma foi, ma vertu, levez-vous, dit-il, et marchons. Surgite eamus. » C'est alors qu'il nous apparaît plus divin.

Enfin, Messieurs, le Sauveur, par le mystère de son agonie, nous apprend que, non seulement, les grandes et nobles passions, telles que l'ambition, Taudace, l'indignation, l'amour, le dévouement peuvent devenir saintes et sublimes, mais que les passions petites et faibles : la tristesse, l'ennui, répouvante s'élèvent, s'épurent et se sanctifient, quand elles s'appliquent à ce mal, souverainement odieux et funeste, que nous appelons le péché. Malheur à celui qui en porte légèrement le fardeau, et qui ne sent aucun trouble en cet endroit mystérieux de l'âme où se cachent les touchantes faiblesses dont Jésus-Christ a voulu être victime ! Son insouciance, croyez-le bien, ne vous donne pas la mesure de ses forces. Insensible au mal moral, il se laissera aller à la désolation, à la erainte, au désespoir devant les maux les plus vulgaires. Fanfaron du vice, il ne répondra aux visites austères de la douleur que par des accablements puérils. Ah! Messieurs, n'est-ce point votre cas? Vous vous plaignez, quelquefois, que vos femmes, vos mères, vos filles et vos sœurs ne

répondent pas toujours, selon votre gré, à votre gaieté facile et attristent vos foyers par je ne sais quels nuages que vous voyez passer sur leur front et dans leurs yeux. Votre hautaine sécurité de pécheurs endurcis s'indigne, et, cependant, c'est vous qui pesez d'un poids immense sur leur pieuse vie. Elles sont mortellement tristes de voir que vous restez obstinément éloignés de Dieu; elles ont peur des coups que sa justire vous prépare; les larmes qu'elles répandent, depuis si longtemps, près de vos âmes impénitentes, leur retombent sur le cœur et l'abreuvent d'un inénarrable dégoût. Elles agonisent et elles agoniseront jusqu'à ce que vos agonisiez vous-mêmes; jusqu'au jour tant désiré où, comprenant enfin la laideur du vice, la malice du péché, les dangers de l'impénitence, vous serez tristes, épouvantés, dégoûtés de votre vie, couchés à terre par le repentir, criant à Dieu : — « Mon père, mon père, j'ai péché contre le ciel et contre vous, je ne suis plus digne d'être appelé votre fils. Ayez pitié des luttes de mon âme et couvrez mes fautes du manteau de votre miséricorde ensanglanté par le Sauveur. Détournez de moi, si c'est possible, le

calice de votre justice ; mais pourtant, ô Père, que

votre volonté soit faite ! Ce qu'il faudra souffrir, pour expier ma vie coupable, je le souffrirai. Frappez, coupez, brûlez dans le temps, pourvu que vous m'épargniez dans Féternité. »

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