‹ Retraites pascalesChapitre 54 sur 98 · Matth., cap. xii · texte numérisé non relu

Matth., cap. xii

quelque temps, faire taire ses prétentions et attendre jusqu'à ce que la ferveur du mouvement généreux qui nous a ramenés à Dieu soit apaisée ; mais, à la première occasion, comptez-y bien, il renouvellera contre vous ses tentatives de corruption.

Quant aux passions, elles ne sont qu'étourdies par le coup de vos aveux et de votre repentir. Bientôt, elles se réveilleront, pour vous faire entendre leurs clameurs importunes et tendre, de nouveau, la main aux ennemis de votre salut.

Vous le voyez. Messieurs, la guerre est imminente. Actuellement, c'est l'heure de la paix; prolitez-en pour vous préparer à de nouveaux combats. Puisque les leçons du passé vous ont appris qu'il vous est impossible de vaincre tant et de si terribles ennemis si vous êtes abandonnés à vos propres forces, demandez à Dieu, pendant qu'il habite en vous, le secours dont vous avez besoin, et qu'il ne refuse jamais aux sincères désirs et aux ferventes prières d'une âme chrétienne.

Aussi bien, le moment est propice. Qui est-ce

qui est entré dans vos âmes? C'est le fort armé de

l'Evangile ; il vous possède, vous êtes devenus son

foyer. Or, <c quand le fort armé garde son foyer tout est en paix. Quum fortis armatus custodit atrium suum, in pace sunt ea quse possidet. » Mettezvous donc en rapport avec lui, racontez-lui tous vos périls et toutes vos faiblesses, dites-lui les paroles que vous chantiez tout à l'heure : « 0 Seigneur Jésus, nous vous en conjurons, venez au secours de vos serviteurs, que vous avez rachetés par votre précieux sang! Te ergo qusesumus, famulis tuis subvenir quos pretioso sanguine redemisti. )>

Et qui mieux que lui peut vous prêter mainforte contre le tentateur? « Il nous a élevés, par la communion de sa chair et de son sang, jusqu'à la communion de sa divinité, dit l'Apôtre, en même temps, il s'est fait semblable à nous pour vaincre, par sa mort, celui qui avait l'empire de la mort : le démon : Quia pueri comrnunicaverunt carni et sanguini^ ipsi similiter participavit eisdem, ut per mortem destrueret eum qui habebatmovtis imperiunij id est diaboluni\ )^

Ce fier ennemi, si puissant encore chez les peuples que n'a pas visités le fleuve de la Rédemp-

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