POUR LA COMMUNION PASCALE
ployaient sous le fardeau de fautes accumulées pendant de longs mois; hier encore, dépouillés du vêtement de la grâce, souillés, avilis, esclaves du démon, vous faisiez horreur au Dieu qui vous honore en ce moment de ses plus intimes familiarités. Que s'est-il donc passé depuis hier? En apparence, presque rien; en réalité, un grand événement. Un acte de réparation, une parole de pardon, ont précipité dans vos âmes les flots rédempteurs du sang de Jésus-Christ. Pensées coupables, désirs criminels, actes pervers, orgueil, ambition, rébellion, faux amours, haines, injustices, sensualités, tout a été emporté par ce fleuve sacré, et, vous sentîtnt purifiés, vous avez osé vous approcher, il y a quelques mstants, de la table sainte et recevoir en vous le Verbe incarné.
Vous étiez purs, soit ; mais de quelles vertus étaient ornées vos âmes, pour fêter l'entrée d'un hôte si auguste et si saint? Quelles preuves lui avez-vous données, depuis hier, de la sincérité et de la force de votre repentir? Vides de vertus et de mérites, comparez-vous, je vous prie, à la très pure Vierge, en qui brillaient tous les dons de la nature et de la grâce, au moment où elle prononça
le fiat qui décida l'exécution des desseins de
Dieu. Si la distance que devait franchir le Verbe pour descendre en son chaste sein était horrible, combien plus horrible la distance qui le séparait de votre indigence, — je ne dis pas assez, — de votre misère !
Et pourtant il est venu. Ah! Messieurs, soyez aussi profondément touchés de son amour que profondément humiliés de votre indignité, et que, de Tabime de votre humiliation, jaillisse une reconnaissance sans bornes, qui se traduise en fidèles services et en généreux dévouements !
Donnez à cette reconnaissance, non seulement cette sainte journée de Pâques, mais tous les jours qui vont suivre. Faites plus. Avant de quitter ce temple, préparez- vous , par de solennelles promesses et de fortes résolutions, une année bénie qui soit pour vos âmes une longue saison de grâces, pendant laquelle germeront, sous les rayons d'un divin soleil, dont vous regrettez aujourd'hui l'absence, la foi robuste, la vive espérance, l'ardente charité, l'humilité, la douceur, l'obéissance chrétienne, le désintéressement, l'esprit de pénitence et de mortification, l'amour passionné de tous vos devoirs.
Vous reviendrez au banquet eucharistique, sans