‹ Retraites pastorales et discours diversChapitre 13 sur 36 · LA CONSÉCRATION DE SOI-MÊME A DIEU · texte numérisé non relu

LA CONSÉCRATION DE SOI-MÊME A DIEU

f^ Motifs de notre consécration à Dieu ; 2° qualités qu'elle doit présenter.

Adorons Notre-Seigneur se consacrant à son Père comme une hostie vivante dès le premier moment de sa conception : Ingrediens mundum dicit : Hostiam et oblationem noluisti.corpus autem aptasti mihi; holocautomata pro peccato non tihiplacuerunt ; tune dixi : Eece venio. Adorons-le renouvelant cette offrande à tous les moments de sa vie, dans la disposition d'un cœur dévoué, immolé et sainte-, ment impatient de la sceller de son sang : Quomodo roarctor usquedum perficiatur? Adorons-le plus spécialement allant au temple quarante jours après sa naissance, et par un acte solennel se sacrifiant victime volontaire à la gloire de Dieu, offrant sa tète auguste pour porter un jour la couronne d épines, ses pieds et ses mains encore si tendres pour recevoir lïmpression des clous, tout son corps pour être déchiré et meurtri, toute son âme pour être abreuvée de douleur, de honte et de mépris, et son cœur, son cœur si aimant, pour être transpercé d'outre en outre et ouvert au monde par la lance

du soldat : il n'excepte rien, de grand cœur il immole tout, et le sacrifice est sans réserve comme sans repentir. 0 le beau modèle de la consécration que nous devons renouveler aujourd'hui de tout nous-même au Seigneur! Qu'il mérite bien nos hommages, nos louanges, nos actions de grâces, notre amour! DlgnusestAgnus accipere honoremet gloriam é-^ ôen^û^ec^/o/iem. Rendons-les-lui dans le secret de notre cœur.

Pour nous préparer dignement à la touchante cérémonie qui va terminer notre retraite, il nous faut bien comprendre quels motifs nous engagent à nous consacrer entièrement à Dieu et quelles doivent être les qualités de cette consécration : deux points qui vont partager notre oraison.

I. Quel touchant spectacle que celui quotTrent tous ces prêtres se préparant à renouveler l'offrande qu'ils firent d'eux-mêmes au Seigneur au jour de leur enfance ! Pieux souvenirs ! Beau jour ! Aimable cérémonie! Jour de consolation pour l'Eglise ! Ses pasteurs viennent soffrir sur l'autel du sacrifice et promettre de ne plus vivre pour eux, mais pour Dieu, mais pour l'Eglise^ mais pour les âmes confiées à leur soins !

Comme créatures, nous appartenons au Créateur; nous sommes son bien, sa propriété, et nous ne po-uvons sans injustice lui refuser le sacrifice de tout notre être ; comme chrétiens, nous avons été achetés au prix de tout le sang d'un Dieu : Si totùm pro facto, quidpro refecto ? Nous nous sommes en-

gagés sur les fonts du baptême à être tout à lui, à ne vivre et ne respirer que pour lui ; comme clercs, nous Favons pris pour la portion de notre héritage, et avons déclaré à la face des saints autels qu'en lui seul reposent tous nos désirs et toutes nos espérances : Domimis pars hœreditatis meœ et calicis rnei; tu es qui restitues hœreditatem ineam mihi ; que nous ne voulions point des richesses et de leur éclat passager, des honneurs et de leurs charmes trompeurs ; que nous voulions vivre en prêtres désintéressés, amis de la pauvreté, détachés de l'amour de leurs aises et du bien-être, disposés à tout sacrifier à la volonté de leurs supérieurs, aux desseins de la Providence, au soulagement des pauvres,contents enfin d'avoir Dieu seul pour partage, pour espérance et pour héritage : Dominus pars hœreditatis nipse ; telle est la teneur du contrat que nous finies alors avec Dieu et que nous allons confirmer aujourd'hui aux pieds du pontife du Seigneur. Non, ce n'est point une vaine formule que nos lèvres vont proférer, c'est un engagement solennel que nous allons prendre ou plutôt renouveler : Jésus-Christ lui-même le recevra dans la personne de son pontife ; tous les princes du ciel, qui environnent Fautel sacré, en seront les témoins, les dépositaires, et. au dernier jour, ils le présenteront au souverain juge pour confronter notre conduite avec les obligations qu'il renferme.

Et si^ comme clercs, nous sommes tant obligés à nous consacrer à Dieu^ que ne devons-nous pas

comme sous-diacres, engap^és par vœu à consacrer notre corps au Dieu de toute pureté, et par une loi rigoureuse à consacrer nos lèvres au chant de ses louanges, notre esprit et notre cœur à le prier et à l'aimer au nom de toute langue et de toute tribu ? Que ne devons-nous pas surtout comme prêtres? Au jour solennel de l'ordination des prêtres, un caractère sacré est imprimé dans leur âme : c'est le sceau de Dieu qui les marque comme siens; dès lors toute leur personne lui est authentiquement consacrée : Consecrati sunt Deo siio, dit un Père. A dater de ce jour, nous formons une nation sainte, un peuple à part, qui commence à vivre sous d'autres lois; nous sommes les hommes de Dieu : Taautem^o homo Dei; c'est-à-dire que tout en nous doit être de Dieu, pour Dieu, digne de Dieu ; nos yeux, destinés à contempler les saints mystères et à voir face à face le Saint des saints sur l'autel, ne doivent plus, comme il est dit de ceux de Jean-Baptiste, s'arrêter sur les vanités et les curiosités du mônde^ sur le luxe des habits et des ameublements : Oculis Christum spectaturis nihil dign /tus est aspicere ; ce serait les souiller et les profaner parce qu'il sont consacrés à Dieu : Consecrati sunt Deo suo. Notre langue, destinée à faire descendre sur l'autel leDieude majesté, ne doit plus parler que des discours de Dieu, c'està-dire des discours de charité et de douceur, car Dieu est charité : Deus charitas est. L'employer à la médisance et à la critique, aux bagatelles et aux inutilités, ce serait une profanation parce qu'elle

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est consacrée à Dieu : Consecrati sunt Deo sito ; nos mains, destinées à toucher le Saint des saints, à être imposées sur le pécheur pour y faire descendre la justice, et consacrées d'ailleurs par l'onction sainte, ne doivent plus servir aux moindres libertés, aux amusements frivoles, ce serait les dégrader de leur sainteté et flétrir la dignité de leur onction : Consecrati sunt Deo suo. Notre esprit destiné à méditer la loi de Dieu, et notre cœur destiné à l'aimer et à le faire aimer, ne doivent plus s'occuper de vaines pensées, d'affections basses et terrestres, le ciel, qui tous les jours descend tout entier en nous, doit nous remplir tout entiers : Consecrati sunt Deo suo ; et si ce serait un grand crime de faire servir à des usages profanes les vases ou les ornements sacrés qui servent à l'autel, c'en serait un plus grand encore qu'un prêtre réservât la moindre place dans son cœur à autre chose que Dieu, parce que le prêtre est consacré à Dieu et au service des autels d'une manière plus excellente et plus ineffable que l'or, les linges et les vases sacrés : Consecrati sunt Deo suo.

Et que n'avons-nous le temps de méditer ici combien le prêtre est obligé de se consacrer à Dieu, comme sacriffcateur du corps et du sang de Jésus- Christ, comme imitateur de la sainte Victime et comme Sauveur des âmes ! Comme sacrificateur, il reconnaît par l'immolation delà plus auguste des victimes le souverain domaine de Dieu sur toute créature ; et quel contraste choquant, sïl n'était pas le

premier à s'anéantir sous ce domaine souverain el s'immoler à lui hostie vivante et volontaire! Comme imitateur de sa victime, en vertu de l'ordre qui lui fut donné lors de l'imposition des mains : Imitamini quod tractatis^ il doit s'abandonner à Dieu comme Jésus-Christ s'y abandonne dans l'Eucharistie. Et quel abandon merveilleux! sa consécration est si parfaite, qu'il semble ne conserver plus ni désir ni volonté ; on fait de lui tout ce qu'on veut ; veut-on le renfermer, on le renferme ; l'exposer, on l'expose; le distribuer par la communion, on le distribue ; le jeter même dans la poussière, on l'yjette, et il y demeure ; eniîn,comme Sauveur des âmes, le prêtre doit se consacrer à Dieu par la pénitence pour expier les fautes des pécheurs et par un zèle brûlant pour les ramener de leurs égarements.

Rentrons ici en nous-mêmes pour voir si nous avons comprisjusqu'à présent les grands motifs qui nous obligent à nous consacrer au Seigneur, à ne vivre et ne respirer que pour lui? Y avons-nous conformé notre conduite ?

IL Pour réparer le passé, voyons maintenant quelles doivent être les qualités de notre consécration : elle doit être entière, généreuse et apparente. Entière : Dieu est jaloux : Ego sum Deus zelotes ;'\\ ne veut point d'un cœur partagé ; il veut que nous nous donnions à lui comme il se donne à nous dans l'Eucharistie; et comment s'y donne-t-il ? Tàme et la divinité, le corps et le sang, les mérites, les grâces, le droit à la gloire, il nous offre tout : voilà

le modèle; car, nous dit saint Paul, vous n'êtes plus à vous : Non estis vestri. 0 heureux celui qui comprendra cette parole, un prêtre n'est plus à soi: Non estis vestri ; son salut est assuré, le succès de son ministère infaillible. Un prêtre n'est plus à soi, il est à son Dieu pour s'employer tout entier et toujours à le faire connaître et aimer ; il est à son évêque pour lui obéir ; il est aux confrères avec lesquels il cultive la vigne du Seigneur, pour leur rendre tous les services d'une charité attentive ; il est à tous les fidèles confiés à ses soins pour exercer auprès d'eux tous les offices de son ministère, aller partout où ils l'appellent et se faire, comme rApôtre, le serviteur de tous; il est à tout le monde, mais il n'est plus à lui-même : Non estis vestri. Un prêtre n'est plus à soi, sa volonté ne lui appartient plus, il doit l'avoir placée sous l'empire d'une règle de vie, sous le domaine de l'obéissance aveugle et à la disposition de tous les besoins de son ministère ; ses goûts et ses inclinations naturelles ne sont plus à lui, il doit les avoir sacrifiés sous le glaive de l'abnégation évangélique pour mettre tout son plaisir dans son devoir ; sa vie même n'est plus à lui, pas un moment qui lui en appartienne et qu'il puisse céder aux caprices ou à l'humeur, aux attaches ou aux prétentions. Dès là qu'il est prêtre, c'est un homme public dont tout le monde doit pouvoir disposer à tous les instants du jour et de la nuit ; c'est un homme de Dieu dont tout l'être doit être employé

pour la gloire, l'honneur et le bon plaisir de son maître, car il n'est plus à lui : Non estis vestri ; telle est sa destinée que saint François de Salles exprimait par ces belles paroles : « Si je connaissais dans mon cœur la moindre fibre qui ne fût pas toute détrempée de l'amour de mon Dieu, je l'arracherais à l'instant. »

Si la consécration du prêtre doit être si entière, elle ne doit pas moins être généreuse, c'est-à-dire qu il faut faire tout le sacrifice de grand cœur: Corde magna et animo volenti. Dieu aime celui qui donne avec joie : Hilarem datorem^diligit Deiis ; et il n'a pas pour agréable que le sacrifice soit troublé par les regrets et les gémissements de la victime. Et comment pourrions-nous faire notre consécration dans des dispositions contraires. Il est si doux de se donner tout à Dieu, et si consolant de pouvoir lui dire : hi manihus tuis sortes me se ! Il est si glorieux d'appartenir au Seigneur, d'être le serviteur et le ministre d'un si grand maître I Si on avait de la foi, la dernière place parmi ses serviteurs a de quoi exciter l'ambition des plus grands rois : E^egi ahjectus esse in doino Domini. On renonce à tout, il est vrai, mais aussi on a le Seigneur pour partage : Dominiis pars hœreditatis meœ. Oh ! qu'on gagne à l'échange 1 le bel héritage que le Seigneur, le beau partage que Dieu ! Fîmes ceciderunt mihi in prddclaris ; etenim hœreditas mea jjrœclara est mihi. Oui, celui-là serait trop avare, ou ne connaîtrait pas la valeur de Dieu qui à un si beau tré-

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sor voudrait joindre quelque autre jouissance ; car en vérité, mon Dieu, quand on vous possède, on est assez riche ;^et que pourrait-on désirer autre chose? ]\e trouve-t-on pas en vous tous les biens ? Ce sera donc, ô mon Dieu, avec grande générosité, avec joie et dilatation que nous vous ferons aujourd'hui et faisons dès ce moment notre sacrifice, vous répétant du fond de nos entrailles : Do?7ii}ius pars hœreditatis ineœ.

Faites, ô mon Dieu, que cette consécration entière et généreuse soit encore durable et apparente, qu'elle sanctifie non seulement cette année, mais toute notre vie, et nous donne d'exercer efficacement auprès des peuples le ministère du salut. Car c'est là le troisième caractère que doit présenter notre consécration : elle doit apparaître dans notre conduite et persévérer dans notre vie, c'est-à-dire que toute notre existence doit nous faire connaître pour des ministres de Dieu ; il ne doit rien y avoir en nous de commun avec les laïques; tout notre costume, nos habits^ nos manières, nos discours, notre maintien^, nos cheveux même également éloignés de la malpropreté et de l'affectation, de la négligence et de la recherche, doivent manifester au monde que nous ne lui appartenons plus, que nous sommes consacrés au Seigneur. C'est la troisième qualité que doit avoir notre sacrifice. Et, en effet, s'il est vrai que nous allons nous sacrifier aujourd'hui à Dieu, n'est-il pas indécent de reprendre sur l'autel la victime immolée ? Ce fut là le crime des enfants

d'Héli,etilsén furent punis d'une manière terrible; c'est là le crime que Dieu déclare lui être souverainement odieux, quand il dit dans les saintes Lettres qu'il hait la rapine dans l'holocauste : Odio habens rapinam in holocausto. Il faut donc que notre sacrifice soit irrévocable pour être agréable au Seigneur; il ne faudra donc plus jamais reprendre ni cette volonté propre, ni ce défaut de caractère, ni cet esprit de négligence, ni cette attache que nous allons immoler aujourd'hui. Il faudra donc toujours nous regarder comme n'étant plus à nous : Non eslis vestri; mais tout à Dieu ; tout pour Dieu: tout à Dieu dans l'usage de nos sens, les réglant suivant le bon plaisir divin ; tout à Dieu dans l'usa ge de notre esprit, ne l'employant plus qu'à des pensées qui soient de Dieu ou selon Dieu ; tout à Dieu dans les affections de notre cœur, les concentrant toutes dans l'amour de Dieu, près duquel tout ce qui n'est pas Dieu n'est rien : Quidquid Deus non est, nihil est et pro nihilo computari débet. Eh bien^ mon Dieu, qu'il en soit ainsi ; nous voulons être tout à vous, tout à vous seul et pour toujours ; faitesnous-en prendre et observer à jamais la résolution.

Résolutio>s : 1° De prononcer aujourd'hui les paroles de notre consécration avec un cœur tout dévoué à Dieu et au salut des âmes ; 2*^ de sacrifier, en particulier, l'attache qui nous coûte le plus à rompre ; 3^ enfin de nous entretenir habituellement dans cet esprit de sacrifice et de consécration.

Bouquet spirituel : Non estis vestri ; ou Lommiis pars y etc.

L'oraison est la consolation, le soutien et la force d'un prêtre dans les mépris, les fatigues et les dégoûts du ministère; c'est par le moyen de l'oraison que les saints se sont sanctifiés, c'est par l'oraison que nous devons nous sanctifier nous-mêmes.

Il n'y a rien de comparable à l'oraison, car, suivant la parole de saint Augustin : Quicl est oratione jjrœclarius? qukl vitœ nostrœ utilius? quicl anima dulchis? qidd in tota religions svhlimius?

1° Rien de plus excellent que l'oraison : excellente en elle-même, puisque dans l'oraison nous entrons comme dans le ciel, nous tâchons de connaître Dieu et de nous connaître nous-mêmes; nous regardons Dieu comme un abîme immense de sainteté, et nous-mêmes comme un néant de misères et d'imperfections ; nous nous proposons de nous unira Dieu de la manière la plus parfaite, de connaître nos défauts et de nous en corriger. L^oraison nous élève vers Dieu, et c'est là que nous con-

1. Ce petit traité des fruits, des marques et des obstacles de l'oraison, que les manuscrits de M. Hamon ont remis sous nos yeux, nous a paru avoir naturellement sa place à la suite des Méditations ecclésiastiques. Les considérations pieuses qu'il présente et les sages observations qu'il renferme, lues et méditées parles prêtres, leur seront d'un précieux secours pour l'oraison, ce saint et si capital exercice de la vie chrétienne et sacerdotale.

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templons les mystères de Jésus-Christ, que nous en découvrons les beautés ravissantes ; il n'appartient qu'à une âme qui fait oraison de connaître les mvstères ; aussi voyons-nous assez souvent des hommes dépourvus d'esprit et de connaissance qui parlent de la religion avec une onction et une facilité surprenantes. Où ont-ils puisé ces lumières? Dans l'oraison.

2° Rien de plus utile que l'oraison : car pourquoi sommes-nous sur la terre? N'est-ce pas pour connaître et aimer Dieu, pour mener une vie qui puisse nous rendre agréable à ses yeux? Or qui recte novit orare, recte novit vivere. Aussi regardez comme perdus tous les jours que vous aurez passés sans faire oraison : liiioyi tantum diem vixisse te computa quo orationivaccweris. L'oraison est la source où on puise la force pour résister aux tentations, vaincre les habitudes^ et où Ton apprend à former cette direction d'intentions que nous devons apporter dans toutes nos actions. Si quelqu'un est faible, qu'il en recherche les causes, et il verra que c'est parce qu'il ne fait pas bien son oraison : Quia ohlitus swn comedere pane^n meum ; au contraire, quand une âme s'adonne à ce pieux exercice, on la voit marcher à pas de géant dans les voies de la perfection, tandis que ceux qui le négligent tombent de chute en chute : aussi sainte Thérèse, dans son Château de tâme^ dit qu'il est impossible de se sauver sans faire oraison. Pourquoi ? parce qu'il est impossible

de se sauver sans réfléchir souvent sur soi-même, et on ne réfléchit sur soi qu'autant qu'on fait oraison.

3° Rien de phis consolant : ce qui fait la consolation des saints dans le ciel et la seule chose qui puisse nous procurer un vrai bonheur ici-bas, <?'est la connaissance de Dieu ; or on ne l'acquiert que par Toraison ; et plus on avance dans l'exercice de l'oraison, plus on en goûte les douceurs, de sorte qu'une âme fidèle à cette sainte pratique trouve les heures qu'elle y consacre trop courtes et trop rapides ; il lui semble qu'il n'y a qu'un moment qu'elle s'entretient avec son Dieu : alors l'esprit jouit d'une grande tranquillité et commence à être enivré des délices de la paix : Pax multa diligentibus ler/em tuam...\ non habet amantudinem convenatio il/ii/s..., sed lœtitiam et gaiidinm.

4° Rien déplus sublime : en efl'et, n'est-ce pas dans l'oraison que nous nous nourrissons des vérités les plus belles, que nous contemplons les perfections de Dieu et que nous l'attirons dans notre cœur ?

Sur cet important sujet, examinons soigneusement les questions suivantes : 1° Quels sont les fruits que nous devons retirer de l'oraison et les marques auxquelles nous pourrons reconnaître si nous la faisons comme il faut ; 2° quelles sont les causes qui nous empêchent de retirer du fruit de l'oraison ; 3° quelles sont celles qui nous empêchent de faire oraison, ou mieux quels sont les

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prétextes dont on s'autorise pour s'en dispenser dans le ministère.

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