‹ Retraites pastorales et discours diversChapitre 26 sur 36 · INSTALLATION DE M. HAMON · texte numérisé non relu

INSTALLATION DE M. HAMON

monte au front, et mon âme a peine à croire à une mission dont elle se sent si profondément incapable.

Ce n'est pas, mes frères, et ce ne sera jamais, Je l'espère, la bonne volonté qui me fera défaut. Ah ! pour vous sauver, pour ramener au milieu de vous la beauté des anciens jours, de grand cœur je donnerais ma vie, je livrerais tout mon sang comme une goutte d'eau. Du moins, mes très chers frères, je mets dès ce jour à votre service tout ce que j'ai et tout ce que je sais : temps, biens, forces, santé, tout est à vous ; en devenant votre pasteur, je cesse de m'appartenir, je m'engage à n'avoir plus de vie que pour vous ; et dès ce moment je me constitue le serviteur de vous tous, bien résolu à me faire tout à tous pour vous gagner tous à Jésus-Christ. Pendant plus de trente ans, j'ai prêché aux autres cette vie de sacrifice. iVvec la grâce de Dieu, je ne veux pas que mes actions contredisent mes paroles, et que mes discours passés aient à rougir de mon ministère présent.

Illustre clergé de Paris et vous surtout, chefs vénérables des paroisses de cette reine des cités, qui, aux jours de nos malheurs, avez si magnifiquement fait vos preuves en fait de sacrifices, je suis heureux de m'associer à vous, vous voudrez bien m'agréer pour frère et pour ami. Nulle part, je vous le dis devant Dieu^ vous ne trouverez un cœur plus disposé à resserrer entre tous les membres du clergé cette union qui fait sa force. Les

règles de la vie commune auxquelles nous voulons nous assujettir ne nuiront en rien, je Fespère, ù l'intimité des rapports ; vous n'y verrez que la marche naturelle des enfants qui aiment à suivre la trace honorable que leur ont laissée leurs pères ; et pour vous, mes très chers frères, ce sacrifice de notre liberté sera tout à fait à votre profit. Nous serons avares du temps quand il faudra le donner à l'inutilité ou au plaisir ; mais nous en serons prodigues pour votre salut. Vous nous verrez rarement peut-être ; mais Féglise et le saint tribunal, mais les pauvres, les malades, les affligés de toute sorte dont le nombre, hélas ! est si grand, tous ceux enfin à qui notre ministère pourra être utile, nous verront plus souvent ; et toutes les privations nous seront des jouissances, pourvu que personne n'échappe à notre sollicitude comme à notre tendresse. Notre ministère sera à tous sans exception; il sera à vous, ouvriers et hommes de peine, pour vous redire les pensées de foi et d'espérance, qui seules peuvent vous défendre contre les maximes perverses et les mauvais exemples par lesquels on voudrait vous entraîner au désordre. Il sera à vous, chers enfants, génération nouvelle qui vous avancez dans la vie sur les pas de celle qui s'en va. Ah! pour vous, je veux être une mère. Mais, pensée douloureuse ! que pourra-t-il être, ce même ministère, pour la portion si nombreuse de notre peuple qu'on ne voit jamais dans cette église? Oh ! que je voudrais. faire

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