FETE DE LA PRÉSENTATION
lioz-vousdemoi; car si vous n'y prenez garde, je vais vous trahir aujourd'hui. »Quelle triste vie? Comment nous attacher ici-bas, où nous avons tous les jours sous les yeux de si tristes spectacles du péché régnant sur le monde : le spectacle de Dieu méconnu, offensé, outragé, renié, haï, jusque-là quïl n'est point d'efforts qu'on ne fasse pour le bannir des croyances de l'enfance, de la jeunesse et de l'âge mûr? Oh ! quel martyre pour un cœur qui aime ! 0 amour, s'écriait sainte Thérèse, vous n'êtes point adoré : ou retirez-moi de ce monde, ou faites cesser ce grand désordre de l'amour qui n'est point aimé. Comment nous attacher ici-bas? En tous les temps cette question a provoqué Tétonnement des saints ; mais de nos jours, en voyant ce qui se passe sous nos yeux, il y aurait lieu à un bien autre étonnement. La colombe du déluge rentra dans l'arche parce que sur le sol bouleversé par les eaux elle ne trouvait pas où poser le pied; et nous, sur ce sol mouvant tourmenté par les mauvaises passions, où notre cœur pourrait-il reposer son regard sans qu'il soit profondément contristé, sans que la honte fasse baisser les yeux, que le présent afflige et que l'avenir inquiète? Vraiment le cœ'ur voudrait-il s'attacher en cette triste vie, il semble qu'il ne le pourrait pas. Difficilement il trouverait une branche où se prendre. Soyez béni, mon Dieu; vous nous faites une nécessité d'être tout à vous. J'accepte de grand cœur cette nécessité et je me donne tout à vous : à vous toutes mes affections, à vous
toutes mes volontés, à vous tous les battements de mon cœur, à vous tous les moments de mon existence, à vous toute ma vie: Dominùs pars, etc. Je ne veux point du monde, il m'est à dégoût; je ne veux point de ses faux biens, ils me sont insipides. Dieu seul me suffît parce que lui seul est tout bien, omne bonum. Dieu seul me suffit : oh ! qui me donnera de comprendre cette parole? Donc tout ce qui n'est pas Dieu n est rien et doit être compté pour rien: Quidquid Deus nonest, nihil est et pro nihilo computari débet. Dieu seul suffit : donc avec Dieu je suis riche, je suis content, je suis heureux, et rien ne pourra m'enlever mon bonheur ; car qui pourrait m'enlever mon Dieu? Dieu seul suffit: donc fuyez, pensées des créatures ; fuyez, attaches à la terre, aux aises du corps, à l'opinion des hommes^ aux jouissances de la vie; fuyez, je ne veux plus de vous, je me renferme avec Dieu dans mon cœur. Il ne me faut rien autre chose, et si j'y aperçois la moindre fibre qui ne soit pas toute détrempée de l'amour de mon Dieu, je l'arracherai à l'instant; car je veux que l'amour divin me possède seul, me remplisse tout entier,, qu'il gouverne et dirige tout en moi : Omnia et in omnibus Christus. Dieu seul suffit : donc je veux m'attacher à Dieu seul: J///z/ adh^rere Deo bonum est; et quand tout l'univers s'en séparerait, je ne m'en séparerai jamais : Etsiomnes scandalizatifuerint inte.ego mtnqucmi scandalizabor. Dieu seul suffit : donc je suis content de m'être engagé à son service : Funes ceci-
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'deritnt m ih i inpvœclaris ; ctonim hxr éditas m eaprœclara est mihi; donc je redirai avec bonheur: Ergo mine tua gens se tibi consecrat, ergo nostra mânes portio tu, Deus. Domhius pars hsereditatis, etc.. .
Jésus-Christ, messieurs, va recevoir en personne la rénovation de nos saints engagements. JNous allons les déposer non dans les mains d'un homme son représentant, mais dans son cœm*. Oh ! qu'ils seront bien là! Redisons-les donc, ces engagements, avec le même cœur que la sainte Vierge, avec le même dégagement de toute attache, le même dévouement à Dieu et à son Eglise que tant de saints Pontifes, tant de saints prêtres et de pieux lévites qui les ont prononcés au séminaire de Saint-Sulpice depuis M. Olier, et qui y ont conformé leur vie dans le ministère avec tant de gloire pour la religion, tant de profit pour les âmes, tant d'avantages pour eux-mêmes.