‹ Retraites pastorales et discours diversChapitre 6 sur 36 · UNION DE LAME AVEC JÉSUS · texte numérisé non relu

UNION DE LAME AVEC JÉSUS

doivent nous la faire rechercher et pratiquer. IL J'en distingue deux principaux: son obligation et son excellence. Son obligation : ouvrons l'Evangile, qu'y lisons-nous ? « De même^ dit Jésus- Christ, que le sarment tire sa vie de son union avec la vigne, se dessèche et meurt si on l'en sépare ; ainsi, si vous ne tirez de moi votre vie, si vous n'êtes unis à moi, si vous ne demeurez dans moi, vous êtes raorts : Sic ne c vos nisiin me manseritis. Quiconque ne demeure pas dans moi, reprend-il, sera jeté au feu comme le sarment sec et inutile et il brûlera: Si quis in me non manserit, mittetur foras sicut palmes^ et arescet,..^ et in ignem mittent, et ardet.» Et l'apôtre saint Paul ne parle pas avec moins de force : « Celui-là, nous dit-il, n'appartient pas à Jésus-Christ qui ne vit pas de l'esprit de Jésus- Christ : Si quis spiritum Christi non habet^ hic non est ejus. » Aussi pressait-il ses chers enfants de ne vivre que de l'esprit de Jésus-Christ et dans l'union avec Jésus-Christ : Hoc sentite in vobis quod et in Christo Jesu...\ flecto genua ad Patrem...^nt det vobis... Christum habitare per fideni in cordibus vestris. Mais l'excellence seule de cette vie d'union à Jésus devrait suffire pour nous la faire embrasser ; car qu'ils sont magnifiques, les effets de cette union sacrée ! Une âme en cet état est resplendissante de la splendeur de Dieu même qui habite au milieu d'elle, rayonnant de gloire comme un roi assis sur son trône, disposant de toutes ses actions, pensées et affections ; tellement, dit l'Apôtre^ qu'elle ne fait

avec Dieu qu'un seul et même esprit : Qui adhœret Domino^ unus spiritus est. Ce n'est pas qu'elle soit exempte de peines^ c'est au contraire par les épreuves que cette union se forme et se perfectionne ; mais, malgré toutes ces peines, elle jouit d'un bonheur qui lui semble un avant-goût du paradis ; et, s'il y a en effet pour l'âme une sorte de paradis en ce monde, n'est-ce pas dans cette parfaite indépendance où elle est de tous les événements de la vie ? L'estime ou le mépris, la louange ou le blâme, l'élévation ou l'humiliation, le gain ou la perte, la prospérité ou l'adversité, tout lui est égal, parce que, si elle aime quelque chose, ce n'est qu'en Dieu ou en vue de Dieu qu'elle l'aime, et la volonté de Dieu lui est également aimable soit qu'elle l'en prive, soit qu'elle Ten fasse jouir. Si elle use des choses de la terre, c'est sans s'y attacher et toujours disposée à s'en passer quand il plaira à Dieu ; si elle va et vient selon les devoirs de son état^ c'est toujours sans s'éloigner de Dieu et sans jamais sortir de la présence du bien-aimé qui fait les délices de son cœur. Heureuse et admirable union ! non seulement cette âme est belle aux yeux de son divin époux, calme et tranquille au dedans : ce calme et cette tranquillité se manifestent encore au dehors. Elle était naturellement d'une humeur rude et fâcheuse, d'un abord froid et rebutant^ d'un esprit sévère et difficile ; mais aussitôt que la douceur infinie de Jésus s'est répandue en elle par l'étroite union contractée avec

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