‹ Rétrécissement de l'uretère prostatique consécutif à la prostatectomieChapitre 10 sur 20 · SAVE · texte numérisé non relu

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Les deux observations suivantes, due à Villemin (te Nice), sont extraites de la séance du 2 juin 1935 ‘de la Société française d’Urologie du Sud-Est. Marseille. Elles sont absolument typiques.

d) Obs. VILLEMIN n° 1

J. M., 65 ans.

Prostatectomie en deux temps. La plaie sus-pubienne n’est agrandie que de la quantité nécessaire au passage du doigt

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opérateur. La prostate est du volume d’une pciite orange; décortication difficile, pas de plan de clivage. L'adénome est enfin libéré de ses connexions, et ne tient jius que par l'urètre à sa partie inférieure. La prostate est saisie avec une pince de Museux, tandis que du doigt j'essaye de rompre l'attache urétrale. Mais celle-ci cède tout d’un coup et je constate, sans y prêter immédiatement une attention suffisante, qu'une portion cylindrique de 2,5 em. pend au-dessous de l'aténome retiré de la vessie.

Suite immédiates normales. Mais au douzième jour, au moment de supprimer le drainage hypogasirique et de placer une sonde à demeure, il est impossibie de pénétrer aans la vessie. Je fais alors respirer au malade une bouffée de chlorure d’éthyle, pour me permettre de vérifier la loge prostatique, et j’introduis dans l’urètre un béniqué pour essayer d'en rétablir la continuité. Peine perdue, ure cloison épaisse en sépare la pointe de l’extrémité de mon index gauche. Je l’effondre, remplace le bénique par une sonde olivaire qui est attiré en dehors de la vessie; une sonde de Pezzer, sans chapeau, y est fixée fortement, puis mise en bonne place par cathétérisme rétrograde.

Fermeture de la vessie quinze jours apres, la sonde est ea: levée. Le malade urine spontanément pendant deux ou trois jours, puis moins bien, et une rétention incemplète s’inslalie, nécessitant, la nuit, l'emploi de la sonde à demeure. Les mictions sont à peu près normales le matin, l'urètre se lrouvant assoupli par le séjour récent de la sonde, moins bonnes, quelquefois impossibles l’après-midi, nécessitant le cathetérisme. Je pratique quelques äilatations jusqu'au 18, qui piocureni une amélioration immédiate, mais celle-ci tie dure pas.

Un examen urétro-cystoscopique ne montre cependant ni valvule, ni septum, ni desaxage de l'ouverture de l'urétre dans la cavité prostatique; seul le segment d’urètre créé artificiel lement est scléreux, peu extensible, provoauant un ressaut au passage des instruments métalliques. C'est à cette rigidi-

té, à ce manque de souplesse de l’abouchement urélro-vesteai qu'est due, à n'en pas douter, cette dysurie persistante.

Je poursuis les dilatations pendant deux mois, sans pouvoir éviter qu'il se produise de temps à autres Ges rétentions à peu près complèles. Cet état de chose n’est pas sans ébranler, aux dépens du chirurgien, la confiance du patient.

Je pratique alors une urétrotomie interne à sections iBultiples, place une grosse sonde, et je poursuis ullérieurement les dilatations, en m'aidant du courant galvanique, jusqu’au 60 béniqué, puis jusqu’au 80 avec le Kolmaun courbe.

Grâce à cet assouplissement progressif, ies troubles fonctionnel s’améliorent; le résidu tombe entre 6U et 80 grammes, et, cinq mois après, le malade peut être considéré comme guéri.

e) Obs. VILLEMIN n° 2

Homme de 68 ans, résidant dans une petite ville de POuest et qui, pour des raisons personnelles, vint se fixer à N'ce, trois mois après avoir subi une prostatectomie. II continuaii à être porteur d’une dérivation hypogastrique qui l'incomrandait et dont il demandait à être débarrasse, mais il ne pouvait me dire les raisons qui en avaient moiivé ie maintien. J’écrivis au chirurgien qui l’avait opéré, mais de ce côté non plus je n’obtins pas les éclaircissements desirables. Ra]'de: ment, je me rendis compte qu’il était impossible d’introduire une sonde dans la vessie. Quel qu’ait été l'instrument employé, on buttait, au niveau du périnée, aäns un cul-de-sac infranchissable. Un cysto-urétrographie permit de constaier, entre ce cul-de-sac et le fond de la loge prostatique, une solulion de continuité de plusieurs centimètres de longueur. Je

proposai alors au malade une intervention œu’il 2ccepta.

Sous anesthésie rachidienne, j'introduisis, par la piaie

hypogastrique, un béniqué jusqu’au point le pius déclive de la loge prostatique, et, dans l’urètre, d’autre part, une sonde

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à bout coupé. Périnéotomie, dissection du tissus scléreux, découverte et dégagement des extrémités du héniqué et de la sonde qui sont solidarisés l’un à l’autre. Le béniqué est alors retiré, puis sorti de la vessie, entraînant à sa suite ia sonde à bout coupé, à l’extrémité de laquelle est fixée un doub'e fil de soie d’une vingtaine de centimètres, l’autre cnef, une fois la sonde en place, restant libre dans le pansement abdominal; les tissus sont alors rapprochés au-devant de la sonde, e° la plaie périnéale partiellement fermée.

Quelques jours après, comme il était nécessaire de changer la sonde, je la sectionnai à quelques centimètres du méa', ei en fixai une nouvelle, bout à bout, par deux fils en croix; ensuite, grâce au fil tracteur, la vieille sonde remorquant l’autre, tout l’ensemble fut attiré dans la vessie d’abord, et ensuite hors de la plaie hvpogastrique, où une manœuvre identique à celle qui avait été exécutée lors ‘le l’opération, fut renouvelée.

Grâce à ce dispositif, les changements de sonûe furent très: facile, jusqu’au jour où, tranquillisé du côté de la plaie périnéale, j’ai pu laisser la vessie se fermer en toute tranquillté.

Ultérieurement, je dus faire une urétrotomie interne comwplémentaire, et dilater le malade pendant plus de six mo's avant d'obtenir un canal à peu près normal. Au ,curd'hui encore il est tenu à des dilatations fréquentes, el conserve ün léger résidu.

Les trois observations suivantes sont extraiies des « Archives Franco-Belges de chirurgie », 1926.

f) Obs. Dax n° 1

Malade de 63 ans, opéré le 8 mars 1924 pour adénome prestatique. L'intervention est normale. Cependant une semaine

ET, Ji

plus tard il est impossible de passer dans le canal une sonde à demeure. On essaye avec un filiforme : niême insuccès.

Huit jours plus tard, guidé par le doigi vésical, un bénr qué est introduit dans l’urètre. Entre ce béniqué et le doigt vésical se sent un obstacle que le béniqué efiondre.

On laisse la sonde à demeure pendant huit jours. Guéri‘on.

S)VODS DATE 2

M. L., âgé de 69 ans est opéré sans incidenis de 22 septembre 1924. Quatre mois plus tard apparcissent des troubles de la miction : dysurie, pollakiurie et &rines troubles.

L’exploration du canal montre un obstacle au niveau de lurètre prostatique. On passe un filiforme puis les beniqués 30, 35 et 40.

Nouvelles séances de dilatation deux jours plus tard. Guérison.

h)ObSAD A NES

M. D., malade de 76 ans, opéré le 27 décembre 1924. Frostatectomie sans incidents. Les suites opéraloires sont normales à part une urétrite déterminée par la sonde urétrale dès le premier jour.

Deux mois après s’installe la dysurie.

Deux séances de dilatation par bougies.

Guérison.

i) Obs. HARDOUIN.

‘Chez un malade de 78 ans la protatectomie sus-pubienne est pratiquée sans difficulté.

- Les suites sont normales. Cependant, quinze jours après l’opération, l’attention est attirée par le fait que le ma'ade

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ayant enlevé sa sonde à demeure, celle-ci n’est réintroduile qu'avec de grandes difficultés.

Le malade sort de clinique 35 jours apres sa prostateclomie, normalement et apparemment guéri.

Mais cinq mois après l'intervention réapparaissent de la dysurie, de la pollakiurie et la plaie hypogastrique se rouvre. Le cathétérisme est alors impossible.

On intervient à nouveau. Entre le béniqué urétral et le doigt vésical se trouve un obstacle : rétrécissement dune épaisseur de 2 à 3 mm.

On incise, on dilate, on met une sonde à demeure et le malade part guéri.

(Bulletin et Mémoires de la Société nationale de Chirurgie, Paris, 17 juin 1927).

Sur le même sujet et à côté de ces observations, on peut noter diverses communications, parmi lesquelles 1l faut citer celle de Darget (Journal de Médectiie de Bordeaux, 25 mars 1926) qui « rapporte les observations de quatre malades qui, après prostatectomie, présextent de la aysurie, de la rétention dues à un rétrécissemient de l’orifice vésical, pour employer une expression plus exacte que celle de Jamet qui parle ide décentrement du col ».

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