HISTORIQUE
Le type clinique constitué par le nanisme mitral a été décrit pour la première fois par M. Gilbert en 1884.
Avant cette date, il ne semble pas que l’on ait établi de rapprochement entre certains arrêts de développement de l'organisme et l'existence de lésions valvulaires. Cependant, en 1855, Goldstein rapporte un cas de rétrécissement mitral observé chez un malade de petite taille.
En 1884, M. Gilbert publiait l'observation d’une malade présentant, d’une part, un rétrécissement mitral, d'autre part, un arrêt de développement : - « Nous avons rapporté, dit-il, que la malade était scrofuleuse, d'apparence chlorotique, petite, chétive, contrefaite et qu’elle zézayait en parlant. Nous n'avons pu nous défendre de rapprocher ces troubles de ceux du cœur dont ils nous donnaient ainsi la clef. Repoussant la proposition de Rilliet et Barthez émise en ces termes «ce sont surtout les enfants chétifs qui ont des maladies de cœur », nous avons cru voir là des lésions de même ordre, simultanées et non conséquentes, résultant d’un arrêt de développement. »
Ainsi, cet auteur, établissait un rapprochement précis entre l'existence d'un rétrécissement mitral et la petitesse de la taille ; ces deux lésions ne dépen- ‘daient pas l’une de l’autre, mais évoluaient parallèlement sous l'influence d’une cause commune,
À la suite de Gilbert, de nombreux auteurs signalèrent l'existence de troubles trophiques au cours du rétrécissement mitral. Citons en particulier les travaux de Deschamps, Giraudeau, Gérard, Teissier, Servin, Perdereau, Redhon, Huchard, Durand.
La question fut reprise en 1900 par Gilbert et Rathery qui publièrent trois nouvelles observations, et fixèrent définitivement les caractères fondamentaux du nanisme mitral.
Depuis cette date plusieurs travaux ont été publiés sur cette question ; cilons un deuxième article de Gilbert et Rathery (Archives générales de Médecine, 1904), les travaux de Hirtz (1903), de Bruneau (1904), Jesson (1905), Marcel Labbé (1908). Enfin, récemment MM. Klippel et Chabrol ont décrit une forme mixte de nanisme mitral myxœædémateux qui semble constituer un trait d'union entre les deux grandes classes de nanisme, le nanisme myxœdémateux et le nanisme anangioplasique.
ETIOLOGIE
Il est classique de diviser l’infantilisme en deux grandes classes : la première, l’infantilisme myxædémateux, a été isolée par Bourneville et étudiée ensuite par Brissaud. Elle est caractérisée par un
‘arrêt de développement physique et intellectuel dont le point de départ est l'insuffisance thyroïdienne.
Dans les formes typiques, l'arrêt de développement intellectuel est complet; c’est le type réalisé par l’idiotie myxædémateuse. $
Le deuxième groupe est constitué par l’infantilisme anangivplasique étudié par Lorain et Faneau de Lacour.
L’infantile du type Lorain présente un arrêt de développement total et généralisé; les proportions de lindividu sont conservées. Les troubles intellectuels sont beaucoup moins constants et moins prononcés que dans le nanisme myxœdémateux.
Si dans certains cas le malade a conservé les caractères psychiques d’un enfant, le plus souvent ses facultés intellectuelles sont normalement dévelop pées.
Le mot nanisme dans ce cas paraît mieux convenir