ItKVi: D EMPEREUU
On sait enfin dans ([uelles conditions humiliantes pour lui-même, malgré son réel courage, il dut résigner le commandement suprême, pendant la malheureuse campagne de 1870.
Ses panégyristes i'urenl })lus à l'aise pour vanter ses qualités d'organisation intérieure. 11 avait repris, à fond, le mécanisme centralisé et rem's en usage les règlements de la première constitution impériale étendus à des besoins nouveaux. Dans ses déclarations successives, avant et après son avènement, Louis-Napoléon dénonça (|u'il aspirait à gouverner la nation française avec un idéal démocratique. Cependant, il commença par fonder son appui sur les conservateurs, qui étaient les adversaires désignés de sa politique et par livrer aux rigueurs d'une autorité césarienne les républicains, qui auraient dû être ses alliés, pour peu (juc les termes de son programme eussent eu une signification concordante, et qui restèrent jusqu'au bout ses ennemis acharnés. Le système napoléonien, tel qu'il le formula, composait un étrange produit de la chimie politique. Les idées et les mots les moins accoutumés .à s'accorder ensemble : Napoléon et la liberté, l'empire et la démocratie, la Révolution et la dictature, le césarisme et la souveraiiK'lépojiulaire. s'y confondaient dans
ft incnpiililc il(> faiii'. ;"i ,11101111 dc^iv. un ihilniililiiirc; etlo second, Mar- Mahon, n'oublia jamais la n'-ponscévasivo, que lui avait fait lonir l'empereur, il Ma;;cnta. lor-ii|ue, lui ayant envoyé un aido-ilc-camp, iiour solliciter do nouveaux ordres it lui demander s'il fallait eonlinuer à avancer, on n'avait obtenu que ees mots du commandant en chef de l'arméo : « Qu'il fasxe ce qu'il roiidrn, ;x)i/r»'i( (/n'il iioiix xatiiv! »
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un violent amalgame de principes antithétiques. Un empire qui se déclare héréditaire, dont lechef, aussitôt, s'est entouré d'une noblesse également héréditaire, qui multipliera à foison les insignes (croix, médailles, cordons) de la servitude officielle, qui s'attribuera, à titre de liste civile pour en user sans contrôle une trentaine de millions annuels, et qui, par des lois d'exclusion, interdira à la presse d'être autre chose qu'un écho discret, étouft'é, du pouvoir : un tel empire ne pouvait être que Topposé d'un gouvernement démocratique. Le plébiscite arriva très à propos pour sauvegarder l'illusion populaire et bourgeoise. Et le reste s'arrangea tant bien que mal dans les esprits devenus bien accommodants en matière de logique gouvernementale, depuis que les affaires reprenaient leur cours tranquille et régulier.
Il ne fallait pas analyser, aux froides clartés de la raison, la valeur des termes, qui se heurtaient dans le cliquetis sonore de ses discours lus ou écrits. Il avait trouvé et, d'une manière habile exploité, une formule autoritaire commodément assise sur les bases de la Révolution. Elle était vague à souhait pour l'intelligence du peuple, très significative pour les intérêts de celui qui l'appliquait à son profit et capable de créer à. l'empire par des airs de grandeur et de solidité une assiette imposante. Aussi la seconde expérience napoléonienne donna-t-elle, à ses débuts, l'impression d'un pouvoir homogène et fort. L'esprit de parti ne pouvait fermer les yeux à l'évidence. Les premières années du règne de Napoléon III s'ouvrirent, après quelques difficultés tôt aplanies, comme l'aurore d'une prospérité sans exemple dans le développement des richesses natio-
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nales. Le mallieur fut qu'avec son incorrigible esprit d'aventure, sans mesurer à la tâche l'infériorité relative de ses ressources, ni faire état des derniers ensei^niements de l'histoire, il voulut reprendre, à son compte, l'entreprise manquée d'un homme de génie, exercer au dehors un rôle de dominateur, qu'il était impropre à fournir; et que, par son aveu5:;lement, il conduisit ces commencements pleins do promesses à des désastres irréparables. 11 fut la dupe et la victime de toutes les contradictions amassées sous son rè<j;ne.
Les connaissances, qu'il avait emmagasinées dans son cerveau, n'étaient pas aussi approfondies qu'étendues. Une méthode rationnelle n'en avait point dirigé les ac(iuisitions successives. 11 y laissa subsister de filcheuses lacunes. Sa politique extérieure en fut particulièrement éprouvée.
il pîirlail et écrivait plusieurs langues (1). Selon le ni(»l (lu comte de .Monts, c'était un liniruiste né. CependanL (\os faits d'études courantes, des notions de géographie simple échapj»aient à sa mémoire, dans les moments où ces connaissances sommaires lui auraient été le plus profitables. Ku I85i, lorsque l'empereur annonçait au Conseil (|u'on allait opérer dans la Halli(|ue, l'ersigny lui demanda si l'on atlacpierait
(il NapoK'on III corresjwndait aisément en anglais et en italien. Lorsqu'il s'exprimait dans l'idiome germanique, ses laçons de dire, les tours (le plna>e, qnil >a\ail empltner, |iroii\aienl qu'il en avait pénétré profondément le génie. Il n'avait rien perdu de sa forte instruelion allemande, depuis le collège d'.VugsIxnirg.
l'ame et le destix de napoléo.x m 415
Cronstadt. « Oh! non, répondit Napoléon, d'un ton ferme et connaisseur, il faudrait, pour cela, cent mille hommes, cavalerie comprise. — Mais Cronstadt est une ile. — Pas du tout. » On dut exposer une carte, sous ses yeux.
A travers ses rêveries de principes sur la synthèse des nationalités, il avait omis de s'enquêter à fond et en détail sur le caractère, l'esprit, les ressources ou sur les dispositions, pour ou contre son gouvernement, de ces nations sœurs ou rivales. Sa méconnaissance des choses de l'étranger était incroyable, bien qu'il eût passé hors de France une grande partie de sa vie. Aussi dut-on s'en apercevoir au choix malheureux de ses représentants, quand il envoyait Persigny à Londres, le duc de Gramont à Vienne et Benedetti à Berlin.
Pour la garantie des Etats du Saint-Père, il embarrassa son action, au dedans et à l'extérieur, de mille entraves. 11 avouait lui-même qu'il ne savait quelle attitude prendre pour concilier, dans cette interminable affaire, les intérêts de la France et de l'Italie, la raison et le droit. Il le disait encore, en 1862, au roi de Prusse en visite. « C'est une question insoluble; mon clergé y est très sensible, et je ne puis rien faire. > Quelle récompense, au moins, en avait-il recueillie? Ce pape, qu'il défendait et protégeait, passait une bonne partie du temps à se plaindre de l'insuffisance de la protection. 11 suscitait des difficultés, chaque jour renaissantes, au gouvernement desTuileries; et, de surcroît, sous l'étendard impérial, quiilottait au Vatican, le doux ponlife donnait asile aux pires ennemis de l'empire, d'excellents catholiques, sans doute, mais des royalistes irréductibles.
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« Les peuples afïranchis, a dit Bismarck, n'ont pas de reconnaissance, ils n'ont que des prétentions. » On sait quels graves mécomptes lui valurent, par-delà les Alpes, les élans et les retours de sa politique italienne. Successivement la question des duchés, la guerre de la Prusse et de l'Autriche, le coup de foudre de Sadowa, le trouvèrent au dépourvu. Il s'était formé celte conviction que les lois mêmes de son hérédité exigeaient qu'il fût puissant et victorieux, que le principe de son pouvoir résidait dans la prédominance des armes. Or, non seulement les facultés supérieures, indispensables pour remplir un rôle aussi ardu (I), lui manquèrent, mais il laissa échapper les meilleures occasions de se procurer les appuis nécessaires, les alliances dont il avait le plus grand besoin en P]urope, pour suppléer à l'insuffisance de ses moyens contre des adversaires redoutables.
En 18G7, GorslchakofV arrivait de Saint-Pétersbourg, avec une chancellerie toute prête et munie de tous les pouvoirs nécessaires pour négocier, sous le manteau. Il se rendait à Paris, animé do l'intention manifeste d'y conclure des affaires.
A peine avait-il passé la frontière d'Erquelines qu'il prenait à part le général Lebo'uf, détaché par Napoléon au-devant du tzar. Lui coulant à l'oreille une sorte d'invitation j)réalable, sous l'air d'un regret exprimé : « Pourquoi l'empereur se lança-t-il dans l'alTaire |K)lonaise? Notre alliance n'aurait pas été rompue et vous auriez aussi la frontière du Rhin. » Puis, il s'empressait i\p faire entendre que la conversation man-
(1) Cf. la rcinarquablo étude historique de Théodore Duret, te Aapo/coHs.
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nuée pourrait être reprise, que les rapports amicaux ne demandaient qu'à se fortifier entre les deux puissances, qu'il n'y faudrait qu'un peu de bon vouloir, de la part du Gouvernement français, à faciliter la politique russe en Orient, et qu'une causerie confidentielle avec Napoléon en préparerait utilement les résultats. L'empereur, aussitôt prévenu, s'était mis à la disposition de Gortschakotï, courtois, mais irrésolu, et répondant à des offres voilées par des propos de bienvenue, sans signification aucune. Le ministre russe avait pourtant bien amorcé l'exorde de son discours : * Ce voyage, Sire, sera un événement. » Il continuait. Son interlocuteur n'oubliait qu'une chose : c'était de fournir au colloque sa part d'idées précises. Il n'encourageait point les avances. L'entretien tomba à plat. Le tzar voulut le relever, une autre fois. Trop clairement on lui démontra qu'il y ])erdrait le fruit de ses bonnes dispositions. On se dérobait, comme de parti-pris, aux questions sérieuses. L'exposition, les spectacles, les plaisirs parisiens, les |)arties de chasse projetées à Fontainebleau ou à Compiègne : on ne sortait pas de là. Pas un mot dans les paroles échangées, qui fit lever le germe d'une alliance future. Le soir de son premier dîner, aux Tuileries, Alexandreavait prévenu qu'il arriverait, un peu d'ava»ce, pour se trouver seul, ne fût-ce qu'un instant, avec l'empereur. Introduit dans le cabinet de Napoléon, il allait de sa voix grave, entamer un sujet qui lui tenait à cœur, lorsque entra l'impératrice frou-froutante, papillonnante, quêtant le madrigal, et l'esprit fort loin de la politique extérieure. La conversation dévia. Le tzar n'eut plus la moindre envie de s'épancher de nouveau.
418 RKVE D EMPEREUR
On aurait pu s'apercevoir, depuis lors, que quelque chose manquai*, dans Paris en fête, au bonheur du tzar. II garda, jusqu'à la fin de son séjour en la capitale française, une physionomie sombre, une altitude de politesse froide, qui n'étaient pas d'un bon présage pour ses intentions futures.
Napoléon III avait commis, coup sur coup, de lourdes maladresses: une première fois, parce qu'il craignait de mécontenter l'Angleterre; une autre fois, parce qu'il ne voulait pas gêner la Prusse; en troisième lieu parce qu'il aflV'ctait. pour remplir avec plus d'indépendance ses devoirs d'hospitalité, de tenir la politique à l'écart tle ses ré'ceptions souveraines. Le résultat en fut déplorable. On peut assurer que, dès l'instant de son départ, Alexandre II avait pris la résolution de laisser le champ libre à l'Allemagne, dans les desseins hostiles qu'elle nourrissait contre la France, malgré qu'il y fût politi- (]uement contraire.
Bismarck aussi aurait eu l'intention de parler. Tandis que Guillaume se reposait sur son habile ministre du soin de vaquer aux affaires 0|>porlunes. s'il s'en présentait, et feignait, pour son compte, d'éviter les entrevues, le rival de Gortschakoff avait voulu làter le terrain et voir s'il y serait plus heureux qu'à Biarritz. Il se serait expliqué, à sa manière, sur l'affaire du Luxembourg: il aurait fait entendre que le lot des compensations n'était pas épuisé. Mais il dut se rendre compte que. dans cette Cour inconsidérée, il n'y avait |)oint de minutes libres pour une conversation ferme et suivie. Il n'apercevait qu'entre deux portes le ministre des affaires étrangères, .Moustier; du cùtc de Rouher, il n'avait pu ([u'émettre des mots en l'air, des allu-
sions inécoutées, sans contact d'idées franches. A peine eut-il le temps et l'occasion de confier à Persigny, parce que celui-ci se trouvait là, comme par hasard, des impressions rapides sur l'état des opinions et des esprits, des deux côtés du Rhin; de dire en quelle faible estime il tenait les qualités de Benedetli; de rappeler avec une ironie, dont on ne comprit pas assez le sens, qu'en vérité, l'empereur avait eu grand tort d'éluder, à Biarritz, des offres qui se présentaient, lorsqu'il était encore temps de les accueillir; de jeter des réflexions très franches sur l'inertie de la politique française, en 1806 (1); et de faire entendre qu'il craignait bien que la diplomatie ne sût plus où se prendre, dans le conflit menaçant de s'élever entre la Prusse et la France.
Cependant Napoléon III, plein de tranquillité, résumait en ces mots toutes les observations qu'il avait pu faire des sentiments, du caractère et des dispositions de ses visiteurs prussiens : » Guillaume est un homme fort convenable. M. de Bismarck ne nous déteste pas et M. de Moltke est un officier très distingué. » Pendant des séries de jours, à Paris, à Biarritz, il avait eu Bismarck pour voisin et interlocuteur; pendant des semaines il côtoya, sans le deviner, ce Richelieu de la Prusse, cet homme d'État dont tous les desseins et tous les actes ne visaient qu'à un seul objet, à un seul but; qui, loin d'éviter ou de paraître éviter les occasions de conflit, les rechercha d'un parti-pris cruel;
(1) " J"avouc, (lisait-il, que ']>■ n'ai |)as compris à quelle pensée vous avez ohéi dans V(jti'e méiliation. .li- nn' iiiclsà votre place et je me demande ce qu'il \ avait à faire. Assurément, rien de ce que vous avez fait... Kn vérité, je nt' m'i x[)lique pas ce qui a pu dévoyer un gouvernement, qui paraissait si habile et si résolu. »
420 RÊVE d'j:mpf.ri:ur
cet hoiiHiiede violence et de perfidie prêt à se quereller avec tous, successivement, pour assurer par une victoire définitive, dont il avait prévu les conséquences el le ternie, l'unique grandeur de son pa^s (1).
« Depuis que je suis roi, disait Louis-Philippe, j'ai beaucoup appris. » rs'apoléon 111 avait pu s'instruire, à l'école du pouvoir, de bien des détails d'humanité, qu'il ignorait; mais en lui-même, du commencement à la fin, rien ne s'était modifié qui se fût assoupli aux variations des circonstances et des événements.
Dans ses tentatives pour élever, par son mérite propre, la France à un degré de puissance supérieure, il n'avait oublié que de prévoir les efi'els en retour de leur exécution. 11 raisonnait magnifiquement avec des moyens d'action débiles. La politique étrangère fut son grand écueil. Sa théorie des nationalités si justifiable en principe et dont l'Europe actuelle, nous le répétons, est obligée de constater le triomphe graduel, incessant, inévitable, sous l'attraction naturelle des races et la poussée persévérante des peuples ; cette belle théorie allait, toujours, à l'aveugle, s'obstinant contre les intérêts immédiats de son trône et de la nation fran(;aise. Il n'avait pas eu la patience de laisser faire au temps et encore moins l'élémentaire précaution d'inscrire dans ses calculs les ambitions des puissances rivales.
Plus préoccupé de sa gloire personnelle et des chances
(1) Nnpoli'on III iif \il dc'oidt'mcnl cliiir dans le jeu de Rismarck, que loixm'il fui devenu son prisonnier de guerre; il avouait, à \Vilhemsholie, que ce grand Imminc d'KliU lavait « ronsricnoieuscnicnt loulé ».
l"aME et le destin de napoléon III 421
d'accomplissement de ses songes humanitaires que des exigences positives du moment, il persistait à poursuivre des visées superbes mais lointaines, pendant que ses voisins armaient.
Chez Napoléon III, comme chez le demi-dieu qu'il s'essayait à répéter, l'imagination l'avait toujours emporté sur le caractère. Lui aussi tenait à surprendre, à frapper le monde en de moindres proportions, sans doute, mais encore à l'étonner; et sa compagne (ellemême une Imaginative) ne faisait rien pour l'en détourner, au contraire (I). L'envie de réaliser ce que personne n'attendait de lui, c'était son plus constant appétit; et, à force de s'y opiniàtrer, il l'avait tourné presque en système. Toute conception d'espèce rare et fantasque lui semblait régulière, naturelle ou fatale. On n'était qu'en 18od. Des personnages d'État, qui l'approchaient fréquemment, en avaient déjà la notion inquiète. L'expérimentation des années postérieures ne travailla pas à diminuer ces craintes, malgré l'incontestable tranquillité dont s'enrichissait la France, aux beaux temps de son règne.
Confondant trop volontiers avec la routine, qu'il méprisait et abhorrait, les simples notions de la sagesse et de la prévoyance, il préférait, comme l'a très bien exprimé l'un de ses historiens, côtoyer l'abime plutôt que de cheminer dans l'ornière ou simplement de s'engager sur la pleine route et il le côtoya si bien, en effet.
(1) € Un vieux diplomate français me parla dernièrement, dans ce sens, « Cet homme va nous perdre: il finira par faire sauter la France, pour un de ces caprices, que limpératrict; débite à déjeuner. » Bismarck dépêche de 1855, ap. Pieussen im Bundestage, par le chevalier de Poschiuger, 2* série.)
qu'il finit par y tomber en y précipitant le pays (I) 11 avait voulu de jrrandes choses, au dedans et au dehors. Il en eut le sens et y atteignit, sur plusieurs points. Sciemment, il ne manqua aucune occasion de contribuer par un sincère effort à l'extension de l'inlluence française. Chaque fois qu'il le put faire, il en remplit ie devoir. Son désir fut toujours prêt à soutenir les nobles causes, pourvu qu'elles lui parussent, surtout, éclatantes. Cela soit dit pour le décharger, en partie, de bien des fautes, de bien des erreurs grossies par la vindicte populaire, exagérées évidemment par des sentiments ennemis, mais dont les conséquences, pourtant, furent si funestes et si prolongées que la France et l'Europe ne sont pas encore remises de leur ébranlement. Homme de jugement et de résolution, il prouva qu'il sut l'être, tout d'abord afin de parvenir où il s'éleva, sauf à perdre l'équilibre sur ces hauteurs par manque de clairvoyance et de souplesse. En réalilé Napoléon ne s'était astreint continûment qu'à suivre ses ins[)irations isolées, ce qui devint tout à fait regrettable, quand elles le conduisirent à faux. L'aptitude aux profondes combinaisons, l'habileté à les mettre en œuvn- — non plus comme un conspirateur ou à titre de prétendant, mais commeun véritable chef d'Etat. — les vertus et les qualités nécessaires à l'homme, qui gouverne, lui furent presque totalement étrangères {'!). De ses nuageuses rêveries longtemps caressées, en la phase de sa jeunesse, pendant la réclusion de Ham, durant les années vécues sur le sol étranger, s'étaient
(I) rierr.' de La Corée.
[î) llûbiicr.
l'a ME ET LE DESTIN DE NAPOLÉON III 423
dégagées des conceptions imaginaires, qu'il eut le torl immense de transplanter dans les zones précises, où se traitent les affaires de gouvernement. Nous ne pouvons que le répéter en finissant : toute la vie de Napoléon lïl fut un grand rêve.
TABLE DES xAIATlÈRES
Des TuiLEiiiES a la o petite maison « d'Aue.ne.mîerg 1
Éducation DU piu.\ CE 35
Heures d'initiation X A POLÉOMENNE 63
La Grande Aventure 91
En REVENANT d" Amérique 119
De l'exil A LA prison d'état l'd
En ATTENDANT l'appel DE SA destinée 181
L'Avènement 199
a u p l u s h a u t d u r é v e a c c 0 ji p l i 235
Les GRANDEURS ET LES PROSPÉRITÉS DE L'EmPIRE . . . 261
Les derniers beaux jours. Un parallèle : les fêtes comparées du Congrès de Vienne, en 1814, et de
l'Exposition universelle de Paris, en 18GT. . 301
Vehslachuteetlafin 333
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