RÊVE F T
la paysanne, pour s’acheter des coulicrs. Le bon Petki ne pouvait voir pieds nus une femme qui ressemblait à sa hile.
A la maison, le vieux Farkas parla de cette rencontre à Barczay et à Hrzsi, et bientôt après, le bon Dieu le rappela à lui.
L’histoire de cette ressemblance se grava dans la mémoire d'Erzsi ; pen* dant des jours, des semaines et des mois, elle chercha la jeune femme que son père avait vue. En elle, la conviction que cette femme était llonka elle-même s'affermissait tous les jours davantage.
Un soir, elle rentrait à cheval.fatiguée des inutiles recherches de sa journée, lorsqu’elle entendit soudain, la mélodie bien connue.
* Vole, mon ramier, vers sa fenêtre. :»
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L'air s’envolait dans 11- silence du jour finissant, c'était la même flûte qui le jouait. La jeune femme alla vers Lendroit d'où partaient les sons.
Hile vit un petit garçon aux cheveux noirs. 11 était à moitié couché sur un grand chien et jouait de la flûte en gardant ses moutons.
Mme Barclay descendit de cheval, appela le petit pâtre, et, ôtant le grand chapeau de l'enfant, regarda longtemps sa jolie figure. Les grands beaux yeux si tristes, elle les reconnut de suite. C’était le reflet même des yeux de sa sœur.
« Qui t a appris cette jolie chanson ? — demanda-t-elle.
— Mon père et ma mère, — répondit l'enfant.
— Où sont tes parents?
— Ils sont morts, — dit le petit berger, et il se mit à pleurer.
- Ht tu n'as plus personne ?
— Si, grand'mère vit encore.
Conduis-moi vers elle, » dit
Erzsi, Elle se laissa guider jusqu.i
une petite chaumière devant laquelle
se tenait une vieille femme. Ses yeux
tout plissés montraient combien la
vieille avait pleuré.
« Qui était la mère de cet enfant?»
lui demanda Mme Barezay.
La vieille raconta tout ce qu’elle
était seule k savoir maintenant, car
les deux jeunes gens étaient morts, et depuis longtemps déjà dormaient
sous terre.
Hile raconta qu'une nuit, son fils avait retiré du Szamos un corps qui paraissait inanimé. A force de soins, la jeun fille se rétablit, redevint forte et belle et épousa le jeune berger qui l'avait sauvée de l'eau.
Le berger un jour prit les fièvres. Sa
femme le soigna, gagna son mal, et tous deux moururent.
« Ils reposent dans le jardin plein de fleurs, couchés sous des buissons de romarin. »
Les larmes de Mme Barczav tom-
baient sur la tête de enfant, qu’elle pressait contre son cœur. Elle se fit conduire à la tombe de sa sœur, de cette sœur qui avait vécu longtemps encore après qu'on eut porté son deuil.... et pieusement, elle cueillît une brandie de romarin qui fleuri sait au-dessus d'Ilonka.
Elle pria la vieille femme de venir au château avec son petit-fils et promit de s'occuper de l’enfant. L’aïeule ne voulait plus quitter la chaumière, berceau et tombe de toutes ses joies, mais remit l’enfant à la belle jeune femme, en la priant de l'aimer beaucoup.
Madame Barczay emmena l'enfant et te fit élever avec son fils, qui avait un an de moins que le jeune berger.
On nomma le fils d Ilonka, Stéphane Szekcly, et lorsqu'il fut devenu homme, les Barczay lui donnèrent de grandes propriétés.
Les parents des Petkî apprirent le secret de la disparition dllonka et vinrent tous les jours prier sur sa tombe.
Le monde aussi apprit ce secret, et les « braves gens » conclurent, avec indulgence, comme toujours, que l'amour d'Ilonka pour ce berger, était... une grande honte.