‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sureté générale, ou, Mémoires (inédits) de Senart, agent du gouvernement révolutionnaire (volume 2)Chapitre 104 sur 190 · JEUNESSE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

JEUNESSE FRANÇAISE

Le plus tendre intérêt me lie au bonheur de la génération qui s’élève, pour être un jour la gloire et l’ornement de la patrie. Ace seul titre j’ose faire entendre ma voix à une époque où la raison semble n’être plus qu une conseillère importune : puissé-je être cornpris par vous, ô jeunesse studieuse, qui, étrangère à nos dissensions passées, êtes appelée à recueillir en héritage tous les bienlaits de la Restauration !

Le dirai- je? dans la carrière du bien, comme dans celle du mal, if n’y a que le premier pas de difficile , et ce premier pas , il est digne de vous de le franchir avec cette noble ambition qu’inspire à toutes les âmes généreuses le désir de travailler efficacement; et pour la paît qui leur est: propre , au maintien de la paix publique.

Vous n'avez qu’à vouloir, pour donnera vos corps cette santé morale, inappréciable bienfait , qui fait sentir le prix de l’existence, qui purifie nos désirs, calme nos passions violentes, et nous maintient toujours dans le sentier étroit de la sagesse.

Vous remplirez dignement votre destination, si vous voulez puiser à la source limpide de la I uni i ère et de la vérité. Ce sont elles qui joncheront pour vous de fleurs le chemin delà vie : ce Sont elles qui vous procureront un avenir calme et serein ; ce sont elles qui vous suggéreront l’idée de penser constamment à la vertu et aux devoirs ; ce sont, elles, enfin, qui vous inspireront l'amour de vos semblables.

Eh ! quel sentiment la nature a-t-elle plus profondément gravé dans nos coeurs, que l’amour mutuel , éet enfant de Dieu et de la félicité de l’homme? Oui, sans doute, l'une des vraies manières d’adorer la Divinité, et fie se la rendre propice, c’est d’aimer l'homme, sublime image de Dieu.

La vraie lumière èst simple comme son auteur , pure comme lui , active et bienfaisante , constante dans sès moyens et dans son

but, et celui qui l a une fois connue, ne l’abandonne plus : heureux de l’avoir decouverte, il serait trop à plaindre s’il venait à la perdre jamais.

Oh ! conservezrlà cette lumière pure, lorsqu'elle aura pu briller à vos yeux; conservez- la, vous qui êtes le plus noble espoir de la France! répandez -la sur vos semblables, comme une douce rosée qui vivifie et rafraîchit les plantes et les fleurs ; portez au sein de la société cette tolérance qui assure le calme et le repos des peuples; portez-y fou bli des haines ; faites des vœux pour que les differentes opinions qui nous divisent, se confondent et s’unissent d’un même lien , sembla 1)1 es à ces divers ruisseaux émanés d’une même source, qui, après s’être séparés et pour ainsi dire égarés dans leurs cours, se réunissent dans un même vallon, qu’ils fertilisent et enrichissent du tribut de leurs ondes.

Assez de maux ont affligé la terre ; ci i crissons une liberté sage, mais éloignons-nous des excès de la licence. Bénissons les efforts du Prince généreux qui veille au bonheur des Français; attachons-nous à sa royale fa-

vin

mille : n’ oublions pas que cette famille auguste, qui compte huit siècles d’illustration, peut seule nous garantir des dangers de l’anarchie et des fureurs du despotisme.

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