CHAPITRE VIII
Equilibre social.
44* II y a un ordre moral , institué par TKtre Suprême pour la conduite des hommes ét des empires, comme il y a mi ordre physique pour ta subsistance, la multiplication et la perpétuité des êtres. Ainsi chaque homme a un droit naturel qui réside en lui : c’est une transmission directe des moyens établis par la Puissance infinie pour atteindre le but de la création. L'origine des principes qui constituent ce droit est toute divine, et le cœur de TUomme est le code où la Justice éternelle a gravé cette vérité mère avec la flamme du sentiment.
45, Il n’y a donc rien d’arbitraire dans les ré¬
gies qui doivent guider la conduite des hommes et des sociétés, conformément aux lois de la justice ; et Ton peut soutenir que l’ordre social n’est que l’art de se conformer aux lois de Tordre naturel o
46, La stricte observation des lois de Tordre amène Féquilibre social sans lequel il n’existerait pas de véritable bonheur : voilà comment
fart de bien vivre et de vivre heureux consiste â tirer parti de sa liberté, de ses facultés, de ses talens,de son industrie et de ses richesses, d'après la balance morale qui déterminé par compte, et mesure l'étendue des droits, des devoirs, des travaux fructueux et réciproques de tous et de chacun,
47- C’est en ce sens que tout se touche, ou que tout se tient dans Ftinivéts social : ce qui agit sur une partie, influe et opère sur toutes les autres. Harmonie des ressorts ensemble, et perpétuité des effets, telle est la loi de l’ordre naturel; accord de fonctions, unité d’intérêt, tel est le nœud de l’ordre social; réciprocité d’égards, de services et de bienfaits, voilà la justice.
48. La justice est donc une règle naturelle et universelle, reconnue par les lumières de la raison, qui détermine évidemment les droits, les libertés, les propriétés, les jouissances de tous et de chacun; d’où il faut conclure, que l'injustice serait l’usurpation de ces droits, de ces libertés, de ces propriétés, de ces jouissances; et que le trouble, îa confusion, le désordre, les crimes, les malheurs des particuliers, sont le châtiment plus ou moins prompt, mais certain, de la violation des principes sur lesquels repose ^équilibre social.