‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sureté générale, ou, Mémoires (inédits) de Senart, agent du gouvernement révolutionnaire (volume 2)Chapitre 121 sur 190 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Nivellement des conditions humaiaes,

a. Un tel système est destructif de tout ordre et de toute harmonie sociale. Un niveau de plomb qui courberait toutes les tètes , romprait le lien sacré qui retient les hommes dans une dépendance mutuelle, et rendrait impossible la réunion des familles.

3. Je l’ai déjà fait pressentir.; l’idée d’une égalité qui tendrait à niveler toutes les conditions et toutes les classes, est aussi absurde que pernicieuse. Elle tend à anéantir toute soumission aux lois; elle détruit cette juste égalité qui est fondée sur la nature, et qui a pour but le bonheur du genre humain.

4. Le judicieux Brown enseigne que cette opinion frénétique est directement contraire au but que le Créateur s’est proposé en établissant la société , et ne peut avoir, comme les autres passions exagérées, que des conséquences subversives de tout ordre.

5. L'édifice social ne peut se soutenir qu’au moyen d’une juste proportion et d’un juste équi-

libre dans toutes ses parties. Si chacun se trouve à la place que lui assignaient ses facultés ; si chacuu, soumis au grand principe de la dépendance mutuelle, remplit exactement et fidèlement ses devoirs; si aucune violence n’a été pratiquée; si la trahison n’est entrée pour rien dans le partage primitif, on doit décider avec un auteur moderne que l’ obligation de se soumettre sera un lien aussi puissant pour les gouvernés, que le seront la justice et le zèle désintéressé des madistrais et des gouvernails.

G- Ce principe maintient un juste équilibre entre tous les membres du corps social 11 fonde la prééminence sur l intérêt commun ; et, la rapportant à cette force collective, d^où elle est tirée , elle empêche qu'elle ue tende vers une in dépendance absolue.

7. Une comparaison frappante du docteur Brown mettra cette vérité plus en évidence, î)e même que les exhalaisons et les vapeurs , qui s'élèvent de FOcéan et des parties basses de la terre, s1 amoncelant sur le sommet des montagnes , y entretiennent les sources qui forment les rivières, dont les eaux fertilisent les différentes parties du globe , retournent ensuite dans FOcéan, et entretiennent ainsi une circulation continuelle; de même la sphère la plus élevée de la société tire son existence politique et son

énergie de la masse générale ; et , si elle est bien composée, elle répand dans tout le corps social une influence salutaire, qui maintient la dignité et la splendeur.

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