CHAPITRE XII
Fin du dernier siècle.
qi. Louis XVI n’avait que vingt ans lorsqu’il monta sur le trône de ses ancêtres, et on doit à la vérité de dire que peu de rois y ont apporté avec eux moins de vices et plus de vertus- À cette époque mémorable, tous les vœux appelaient des changement dans radministratidn publique. Les peuples, long-temps froissés par les impôts, attendaient des économies, et comptaient les jours avec impatience.
9a* Les notables s’assemblèrent. Un déficit annuel de i4o millions fut constaté, et pour le remplir, d’imprudens ministres pensèrent qu’il suffisait démettre deux édits royaux, l’un sur le timbre, et l’autre sur la subvention territoriale. L’enregistrement de ces édits ayant été refusé par les cours souveraines, Louis XVI tint un lit de justice à Versailles, et les fit enregistrer de sa pleine autorité. Des mécontentemens éclatèrent alors de toutes parts ; c’était sans doute le moment de faire connaître la vérité au monarque. Les ministres et les courtisans ne voulurent aper-
ce voir dans les cris de la multitude que Feffet ordinaire de Fivrognerie et de l’oisiveté.
9 3* Bientôt de coupables instigateurs se répandirent au sein de la capitale, soufflant partout le feu de la discorde , et poussant à ^insurrection : les émeutes populaires se succédèrent, et la convocation des Etats-Généraux fut promise à la France.
g4- On rappela Necker au ministère. La grande question sur la représentation du tiers-état fut résolue en faveur du peuple, et le 4 mai 1789, rassemblée des Étals -Généraux fut constituée dans la ville de Versailles.
g5. Déjà les esprits étaient enflammés; déjà les Niveleurs avaient préparé leurs intrigues; déjà de grands coupables menaçaient Fautorité royale, et manifestaient le désir funeste de renverser le trône et les autels.
96. Mirabeau, repoussé par Fordre de 1a noblesse1, n’avait pas craint de déposer l’épée, d’emprunter de grossiers vêtemens, d assortir une caisse de bijoux, et delà colporter au milieu de la ville d’Àix , eu appelant autour de lui une multitude de ehaians. Ce spectacle inattendu lui avait gagné la bourgeoisie et mérité Fhonneur de paraître aux États-Généraux. *
* On peut voir à k fin de l'ouvrage une notice sur k vie et k mort de ce t orateur.
gy* Ori l’avait entendu s’écrier le jour de son élection : « Commuües, écoutez celui qui porte » vos applaudissemens dans son cœur, sans en » être séduit, Soyez fermes et non pas opiniâtres, » courageuses et non pas tumultueuses, libres mais non pas indisciplinées , sensibles mais
a non pas enthousiastes. . Ne menez jamais
» en balance un homme et la patrie , »
Ce fut après une telle profession de foi que Mirabeau vint siéger sur les balles destinés aux représéntans du tiers-état..,.*,
98. Les Niveleurs ne furent pas long-temps en présence de la noblesse et du clergé, qu’une guerre détermination fut déclarée. La France entendit le serment du Jeu de Paume, et les États- Généraux se constituèrent en Assemblée nationale.