CHAPITRE IL
Des differentes formes de Gouvernement.
5, Urr grand nombre de publicistes se sont demandé quelle pouvait être la meilleure forme de gouvernement j aucun d'eux n’a résolu le problème.
On peut avancer cependant , avec une grande apparence de raison, que le gouvernement d’un seul est préférable à tous les autres, parce que nul n’est plus propre à maintenir les lois de la
propriété, les lois de Tordre, les lois delà sûreté et les lois, de la liberté*
Ce gouvernement, simple dans son organisation, il admet aucune complication de rouages dans la machine politique, et réunit ainsi la force à la promptitude d'exécution.
Les désavantages de TÉtat démocratique ont été appréciés par tous les bons esprits: sous un tel gouvernement, te peuple, malheureux souverain, règne toujours sur un trône ensanglanté*
G. «Le peuple, en effet, étant souverain , la loi est l'ouvrage de la volonté générale. Le peuple étant prince, chaque -acte du pouvoir exécutif est aussi une loi, puisqu’elle émane également de la volonté générale. »
« On voit déjà que le prince dévore et absorbe le souverain; que la volonté actuelle de celui-ci est vaine, puisqu’elle est subordonnée à la volonté future de celui-là. »
7. Il faut conclure de ces principes, que la démocratie n’a pas de loi proprement dite. Ce gouvernement qui, par sa nature, porte chacun à gouverner, ne put exister qu’autant que tous sauront et voudront obéir : ainsi , ce n’est pas la liberté, c’est l'obéissance qui constitue la démocratie. Le citoyen y joue le double rôle de prince et de sujet : comme prince ? il est despote; comme sujet, il est esclave.
8. Dans les gouvernemens aristocratiques f on reconnaît trois objets principaux : le souverain j le prince et la force publique.
Le souverain petit être composé de tous les patriciens : et alors le patricial n’a que le soin de vivre et de se perpétuer aux dépens du peuple.
Le prince peut être aussi composé de tout ou d’une partie du soüverain.
g, La force publique se compose de la plus vile populace qui, n’ayant rien à perdre, puisqu’elle ne possède rien, suivra sans résistance f impulsion qui lui sera donnée, par le prince. La force publique est d’autant plus nécessaire dans les gouvernemens aristocratiques , que plus il y a de despotes, plus ils excite al la haine; plus les despotes sont rapprochés du peuple, plus ils s’offrent à ses coups; plus ils se divisent, plus il est facile de les détruire.
Un tel gouvernement est le pire de tous.
10. Pour ce qui regarde le despotisme, c’est Pabus de la souveraineté : là, l'exercice du pouvoir n’a d’autres règles que le caprice. Le despote, pour commanderai! peuple, se place sous la tutelle et le poignard de ses soldais, dont il a fait des satellites. Avec ce gouvernement , point de garantie pour les droits inhérens à l’espèce humaine, point de règles qui puissent mainte-
nir les lois de la propriété , les lois de Tordre, les lois de la sûreté et les loisuje la liberté.
U* Il fatit dôric reconnaître que le gouvernement héréditaire et légitime dun seul, établi sur des bases constitutives servant à garantir tous les interets, est le plus propre a faire le plus grand nombre d'hommes heureux.
On appelle cette forme de gouvernement , gouvernement mixte ou représentatif
Avec elle disparaissent les délibérations tumultueuses , les discussions violentes, les divisions politiques et les querelles de parti : causes funestes des plus sanglantes révolutions.