CHAPITRE III
De la grande Charte en Angleterre*
i Es Angleterre, le souverain est séparé du prince : aussi le despotisme ny saurait être, à craindre.
La bonté du gouvernement qui régit ce pays , résulte de la combinaison des principes qui le constituent, principes qui tendent tous à établir Téquilihre, Tordre et Tharraonie*
i3, On conçoit de reste que, lorsque chaque corps de l’État forme un corps dans le souverain, Ja loi offre une garantie a toutes les classes de la société.
Les membres du souverain, a dit un publiciste, ne sont rien par eux-mêmes : leur volonté seule est le souverain ; le souverain , c’est la loi : ainsi, lorsqu’on s’occupe du souverain en tant qu’être physique , ce n est que par rapport à ce qu’on attend de lui en tant qu’être moral.
Le souverain étant la loi, assujettit tout à sa volonté. La loi commande même aux divers corps auxquels elle doit la naissance : c’est parla que le peuple est k l’abri de la tyrannie et du despotisme.
» Les corps du souverain sont tous égaux , puisque leur volonté est également requise et nécessaire : ils sont i n dépend ans, puisque cette égalité empêche que T un puisse assujettir les autres ; ils sont inviolables , puisqu’on ne peut leur porter atteinte sans changer la forme du gouvernement. »
ï5. Le peuple, en Angleterre, est heureux par sa constitution; mais c’est par le motif que cette constitution a été faite pour lui et non par lui : ce n’est pas , en effet , l’ouvrage de la démocratie, mais celui de l'aristocratie., plus intéressée que la populace à édifier pour les siècles.
Remarquons que dans les gouvememens représentatifs, le titre de Prince est donné aü dépositaire du pouvoir souverain; et que tous les actes qui émanent du Prince sont l’accomplissement des devoirs attachés à la suprême magistrature.
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