CHAPITRE X
Conclusion *
47* Ix existe en Europe, depuis mi demisiècle, un ferment révolutionnaire qui aigrit les peuples contre les pouvoirs légitimes, et qui , armant de défiance les pouvoirs légitimes contre les peuples, précipite les uns et les autres audelà des bornes prescrites par la sagesse et la modération,
48* Les Niveleurs de tous les pays appel -
lent par leurs vœux une effroyable catastrophe. Partout ils arrêtent la marche de la civilisation, partout ils paralysent le commerce , et leurs criminels efforts, si funestes à l’industrie, détruisent les populations, et dégradent le caractère des peuples.
49. Tous ces maux sont réels. L’Espagne, le Piémont, Naples, la Sicile, le pays des Vataqm et des Moldaves, en offrent des traces sanglantes, il est temps d’y mettre un tenue.
Si, d une part, les souverains de l’Europe accordent aux peuples cette portion d’une liberté iage.dont ils peuvent jouir sans nuire aux droits de la société et de la civilisation.
Pourquoi, de l’autre, les peuples rte sondenttis pas la profondeur de i’abime des révolutions? Ainsi se reposerait l’Europe.
5o. La justice et l'humanité, placées sur tous les trônes â la droite des monarques, imprimeraient aux Niveleurs les plus fougueux une crante salutaire- Ces coupables agitateurs recon- Di'traiaît d eux-mêmes que leur propre intérêt commande le sacrifice de leurs longs ressenti-
5 : . & la raison, en effet, ue reprenait pas son empire: si des intrigues criminelles n’étaient p * dejouees. a b fin il s'établirait une guerre à mort dans le sein de La grande iamille qui peu-
pie le monde; et il est facile de prévoir que cette lutte précipiterait l’Europe dans la barbarie, et nous conduirait au plus affreux despotisme.
5a. Ils reparaîtraient donc, et par la seule faute des Niveletirs, ces gouvernemens absolus, ces gouvernemens oppresseurs, dont le souvenir inspire encore l’effroi; ils reparaîtraient, et les Niveleurs en deviendraient les premières viefîmes.