‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sureté générale, ou, Mémoires (inédits) de Senart, agent du gouvernement révolutionnaire (volume 2)Chapitre 182 sur 190 · EXTRAITS DE LA FEUILLE POLITIQUE L'AMI DU ROI · texte numérisé non relu

EXTRAITS DE LA FEUILLE POLITIQUE L'AMI DU ROI

Paris, icr avril 1814.

PREVIKR EXTRAIT.

St non jus ^ eveheret nmor.

Vive le îiôi ! Tel est le cri qui doit s’échapper aujourd’hui des entrailles de tous les Français. Vive le Bail La patrie est sauvée ; le sang va cesser de couler; rEuropê, après vingt-cinq ans de troubles, va respirer sous l empire dfà lois; le commerce, Tindustrie, les arts , les talens vont reprendre leur essor ; le trône des Lys va reparaître dans tout son éclat» Déjà un encens expiatoire appelle sur nous les regards paternels de saint Louis : un nouveau jour va luire sur nos têtes; de nouvelles destinées se préparent. Vive le Bai ! Vivent à jamais les Princes magnanimes

qui se sont Ligués contre l’oppresseur du genre humain! Qu’ils trouvent dans nos cœurs, qu’ils trouvent dans les souvenirs de l’iiistoire le juste prix, de leurs sacrifices et de leur générosité !

BEUXIÈME EXTRAIT.

Paris» 2 avril

Si non jus f eveheret amor.

Fins de conscription , plus de droits réunis f plus de tyrans : que ces assurances sont douces pour le Français qui chérit sa patrie! Oubli du passé j bonheur pour V avenir : mois louchans que Fhistoire consacrera* Il est donc vrai que le père est rendu à ses enfans ! il est donc vrai que les enfans retourneiu à leur père ! Àh ! sans doute la France ne perdra jamais le souvenir de l'événement que des plumes vénales osèrent naguère qualifier d’invasion désastreuse» et que notre reconnaissance désigne aujourd'hui sons le nom de libération*

lissant loin de nous, ces temps calamiteux où 'tous les rangs étaient confondus T où le mérite

restait sans récompense. Il est donc rejeté de notre sein, ce monstre étranger, ce soldat mercenaire que la Corse avait produit, et que les flots de la révolution avaient porté sur le trône du saint Monarque, dont la fausse philosophie du dernier siècle a tant déprisé les vertus. Ah! qu’il revienne au gré de notre impatience , ce Prince sage que la Providence destinait à tarir nos larmes et à adoucir l’amertume de nos regrets! qu’il vienne recevoir, avec le témoignage de notre amour et de notre fidélité, nos sermens et nos bénédictions !

TROISIÈME JEX- T il Ail.

Paris, 3 avril 1H14.

Si non Jus, evchercl ttmor.

Il serait difficile de rendre compte de l'enthousiasme qui éclate dans la capitale de la France, depuis l'instant que les souverains alliés v ont fait leur entrée publique : la cocarde blanche y a été arborée par une multitude dé citoyens; toutes les classes de la société se réunissent à la sainte ligue qui rend les Bourbons au trône de leurs pères. Le pauvre , le riche , l’en-

faut 5 le vieillard, les femmes , surtout, donnent l’exemple du dévouement Vive le Roi! Tel est le signe de ralliement , tel est le signe amical que Von s’adresse réciproquement dans les rues, dans les promenades et dans les places, publiques. Vive le Roi! Telle est la première parole que depuis deux jours les mères apprennent à bégayer à leurs enfans.

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