‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sureté générale, ou, Mémoires (inédits) de Senart, agent du gouvernement révolutionnaire (volume 2)Chapitre 2 sur 190 · SUR SEHART ET SES MÉMOIRES · texte numérisé non relu

SUR SEHART ET SES MÉMOIRES

de la Vendée, appartiennent à des combinaisons secrètes dont l’objet sans doute fut de ternir les plus nobles ellorts qu’ait jamais lait un peuple vers la liberté. On est, hélas! parvenu à éteindre dans des flots de sang le feu des plus belles âmes, et l’instrument du supplice, tombant et retombant sans cesse, a mis dans la stupeur une nation entière. L’esprit s’égare au milieu de ce déluge de crimes, on cherche en vain une espérance , on n’aperçoit que du sang et des cadavres à toutes les avenues du pouvoir ! ce n’est plus le flambeau de l’histoire qui nous éclaire, c’est la torche des Euménides.

Il n’y a eu, depuis le commencement de la révolution , qu’un seul pian bien suivi, celui de faire rentrer les hommes dans la servitude par la terreur ; et toutes les idées de libertése sont évanouies devant la statue sanglante qui la représentait. Ou se convaincra, par les Mémoires de Sénart, que le despotisme militaire de Bonaparte n’a été que l’exécution même d’un ancien complot formé d’abord pour éle-

NOTICE

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ver à la dictature ou Danton ou Robespierre. U devait, y avoir un généralissime, des consuls 3 uu grand-juge , des commissions militaires, et peut-être au bout de tout cela l’empire, avec une conspiration de plus. Nous ne pouvions échapper à l’épée du soldat : c’est toujours l’audace et non la vertu qui recueille le fruit du sang. Cette Gironde fameuse a péri par la inain des montagnards j une autre faction a fait justice de Robespierre et de ses jacobins pour faire place ensuite à Bonaparte, devant qui tout a disparu. On apprend à connaître avec Sénart. les rivalités de ces factions diverses ; on pénètre pour ainsi dire avec lui toutes les intrigues, et l’on peut dès-lors prévoir le dénomment luneste du long drame de la révolution. Sénart établit des preuves de complicité dans des crimes qui jusqu’alors avaient paru isolés, et des preuves certaines de complot là où l’on alléguait encore de soudaines révoltes du peuple. En général, il a vu de près, et l’humanité ne s’eu applaudira point.

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