CHAPITRE VII
flatter en faisant V éloge de ce bijou et de notre bon goût . — Quoi! me dit-il, vous voulez me jaire quelque plaisanterie.-., et il s’échauffa* me rappelai llnstoire ci-dessus, et je le fis taire et rougir en Ini disant : Il ne manque à ces breloques qu’une agathe , et à la montre que le cordon vert . La Marceau fit disparaître les breloques, alors finit la querelle,
ü est évident que Sergent n a pu retirer celte montre et cette bague du depot où Y on réunissait les dépouilles des victimes , sans la complicité des dépositaires. Dès - lors quelle opinion
doit-on avoir de Tallien et de M* . ? Peut-on
douter qu'ils ne fussent du complot! ont-ils, sans être du partage, laissé attenter à ces dépouilles ! ri y voit-on pas au contraire la suite d'un partage secret avant I examen général! peut-on mettre en doute s’ils ont ou non été intéressés dans l’aug*mentatîon des dépouilles, s'ils sont étrangers aux moyens employés pour faire accumuler les bijoux ? Reste-t-il encore quelque équivoque sur le but de
la délivrance des passe-ports? Tallien etM., .
n’étaient pas étrangers a ces horreurs; pouvaientils l’être à la délivrance des passe-ports ? Tout s’explique par le défaut de justification des complices qui, attaqués publiquement, n’ont jamais excipé de l’emploi des bijoux ni rendu de comptes si souvent requis par le peuple.
Voilà les preuves qui élab lissent que Mo*... ua
MEMOIRES DE SENÀRT.
pas été exact dans son ouvrage sur le 2 septembre*
Allons M , du courage! parle fort contre les
patriotes, désigne les terroristes de peur qu’ils ne te reprochent eux-mêmes tes crimes. Allons TaU lien, où est ton audace? sois impudent, immole dans les fers ceux qui connaissent tes scélératesses! oppose-toi à ce qu’ils soient jugés de crainte qu ils 11e parviennent a te convaincre de conspiration contre ton pays, et des crimes les pins atroces! Agis en tyran et n’oublie pas ton rôle; parle justice , parle vertu! De mon côté, je f accuse, et je prouverai ta complicité avec le premier dans 1rs crimes les plus inouïs.
Mandrin ne mettait pas autant de raffinement que les complices du massacre de septembre , qui prirent au piège les malheureuses victimes amenées a la mort pour avoir leurs dépouilles! Cartouche ne fut pas aussi scélérat que les fripons qui appellent leurs victimes au nom de la bonne foi! Poulailler ne fut pas aussi coquin que ces niisérablcslà , qui , non contens d’avoir fait des prises au piège par des suggestions atroces, accumulèrent enco e les dépouilles. Jamais aucun chef de brigands ne parut aussi consommé dans le crime. Si ces détails n’ont pas tous été connus, ils étaient en partie notoires* Les égorgemeris , la conduite de Legendre, de Santerre,de d’Orléans, de Taliien , les écrits et les circulaires de Marat, le fait des passe-ports , ainsi que le prétexte de translation des détenus,
CIUPlTlîE VIT.
ont long-temps excité les murmures. Le sobriquet d’A «a the-Sergent était connu, mais le gouvernement a laissé ces délits impunis; il a voulu enlever à la justice les pièces de conviction de forfaits si exe' cnil) les, de la préméditation du complot, des meurtres et des vols les plus abominables. Fh . Dieu, je brave F audace de Tallien, le crédit de la faction d'Orléans , l’autorité, la rage de ses nombreux complices! Mais je me dois à ma patrie , je lui dévoile ses ennemis, je publie leurs crimes, et j’en indique les preuves. Tous les traits que nous transmet I histoire de tous les pays sur la tyrannie et la déprédation , sont au-dessous de ceux des événemens horribles de septembre à Paris. Que les partisans de Marat vantent donc sa délicatesse à ceux qui liront sa complainte et ses écrits! Voilà ces hommes f évmutionnaireS ! Trop tard la mort a frappé les uns, trop long-temps elle laisse exister les autres.