‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sureté générale, ou, Mémoires (inédits) de Senart, agent du gouvernement révolutionnaire (volume 2)Chapitre 24 sur 190 · CHAPITRE Vlif · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlif

rent , le coup fut manqué et l'on fit une autre tentative sous le prétexte des subsistances. La direction (le la sédition parut toujours fixée sur le même lieu : c’était positivement dans la Vendée que l’on avait établi la révolte ; on voulait y porter une insurrection générale dont les subsistances devaient être le motif apparent. Marat vomissait, par l’émission de ses feuilles incendiaires, tout le venin de la sédition ; il criait contre le prix des subsistances, et , en désorganisant les autorités constituées, il organisait une insurrection.

Voici le plan adopté et suivi : on devait crier contre le prix des denrées, qui pourtant alors n’était pas hors de balance , et former un attroupement augmenté insensiblement par des brigands répandus sur différens points. Cet attroupement était le moyen. On devait se porter ensuite de district en district, obliger les corps administratifs à suivre uu réglement particulier qu’on leur présenterait. On forçait les habitans des communes à se

lever eu masse pour se porter avec des chefs de la sédition sur les communes et chefs-lieux voisins. Si la commune ou quelques individus s'y refusaient, on devait brûler les maisons des rëcalcîtrans et pendre les opposaus. Pour déterminer la contrainte et augmenter encore la terreur partie du premier attroupement, quelques brigands réunis, envoyés a cet effet et bien payés, établissaient une garnison, s’emparaient dés armés; et l’on disait a

la masse contrainte : te Voilà des conducteurs , des chefs, des camarades; si vous ne les suivez pas, si vous les quittez au contraire, si vous refusez fo~ béissnnee à leurs ordres , s ils sont maltraites, vous trouverez à votre retour vos maisons brûlées, vos femmes, vos enfans égorgés. Allez, formez plus loin garnison dans des chefs-lieux semblables; établissez les memes formes et craignez qu'au moindre reflux, si vous il en faites autant aux autres , vous n'en soyez néanmoins les victimes* n Ainsi i on faisait refluer les communes les unes sur les autres, les brigands seuls formaient des piquets de correspondance, et ce fut par la crainte de ces brigandages, par la crainte de ces horreurs, que rhonnète homme devint brigand.

Le premier noyau de l'attroupement fut formé et soudoyé par d’Orléans; il était composé de coupejarrets répandus çà et là* Marat, qui avait préparé l’opinion, échauffé les esprits par ses pamphlets incendiaires , avait un parent très-proche et un frère dans une manufacture importante au lieu appelé Mon tmi rail* Les ouvriers formèrent le second noyau , et il fut bientôt grossi par des aüronpemem de brigands apostés, formant le troisième noyau, qui profitèrent de la lot qui supprimait les passeports. Tel fut le premier préjudice de cette loi, telles furent les causes qui la firent rendre par surprise. En peu d'ins tans quelques milliers d’hommes furent attroupés et dirigés sur ta Vendée. Ils pas-

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