‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sureté générale, ou, Mémoires (inédits) de Senart, agent du gouvernement révolutionnaire (volume 2)Chapitre 28 sur 190 · chapitre ix · texte numérisé non relu

chapitre ix

cielé jacobine, et ion voulut les supprimer ; mais un membre du comité de sûreté générale , qui en avait besoin pour tenir en bride quelques-uns de ses ennemis, qui d ailleurs se réservait un moyen pour en imposer à ses propres censeurs , les réclama , et elles furent rapportées au comité de sûreté générale. Ce même membre était Amar; il était chargé de la correspondance du comité. Une lettre de lui, qui n’était que son vœu personnel, fut regardée comme le vœu du comité. Si j’étais astreint , par une poursuite quelconque, k le prouver , je demanderais la représentation de 1a liasse qui les contenait. Elle était paraphée d’une main qui ne peut être actuellement employée. Malgré les efforts du monstre jacobin qui se trouve compromis , soit comme escroc, soit comme perfide, je persiste à soutenir que j ai vu et tenu des pièces relatives à ces renseiguemeus.

A 1a suite des anecdotes sur la mort de Capet, doit se trouver placée une proposition cruelle et iéroce du boucher Legendre, célèbre jacobin, et digne de 1 etre. Son expression exécrable, quoique omise par les papiers publics, et rejetée du journal même de la montagne, tout dégoûtant qu’il était, ne doit pas être oubliée dans les détails de la révolution. J’ai promis de dire tout ce que je sais; je vais rappeler ce que la notoriété peut attester. Ce Legendre, regardant avec raison 1a tribune des jacobins comme l’écliaudoîr de sa boucherie, ou la

f& MEMOIRES DE SENART.

tuerie privilégiée, dit quelques jours ayant le jugement de Capel : Égorgeons le cochon! frisons-en autant de quartiers qu’il y a de département, pour en envoyer un morceau à chacun; la tète restera à Paris suspendue à la voûte de cette salle. Cette odieuse proposai ou , cligne du monstre le plus féroce, fut hélas! pourtant applaudie. 11 dit une autre fois : Mettons eu réquisition les étaux des bouchers, haclions-y les aristocrates et les riches. Et encore un autre jour il dit : J’é veut rerais avec plaisir un noble , un riche, un homme d'Elat , ou un homme de lettres; j'en mangerais le cœur. El! voilà cet homme que la foudre n'écrasa pas; qui, en persécutant les patriotes , parle aujourd'hui de vertu , d'humanité! Lecteur 5 réfléchis toi-mème sur ce cannibale! Ce monstre dégoûtant ne ressemble-t-il pas au crocodile qui pleure sur le crâne de sa victime, comme pour le fondre de ses larmes et le manger? Lâches écrivains, qui servez les partis et non Thumauité , je répare votre inexactitude, et je dis, comme je le dois , tout ce que je sais*

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