CHAPITRE XJ
nions. L une était celle de ceux qui, craignant de laisser échapper les moyens qu'ils tiraient de la localité, eussent vu de mauvais œil un régime qui aurait diminué le nombre des places; le rapport annonçait tous les efforts qu'ils auraient faits. La seconde opinion prenait sa source dans la rivalité existante entre Paris et les autres grandes communes qui ne voulaient pas dépendre de celle de Paris , tuais lui reprochaient ses privilèges sous le régime monarchique, et les avantages exclusifs de la résidence du corps législatif. La troisième opinion enfin était le système dlndépendance reconnu et soutenu par les vrais partisans de la liberté et de légalité. Le même rapport donnait des détails essentiels sur îe mode et la proposition de la levée d'une force départementale, déterminée par le ressentiment contre le despotisme des jacobins et des corde liera qui voulaient régler les opinions des députés* et censuraient ceux qui contrariaient leurs vues; par le défaut de liberté dans rémission des opinions a la Convention, parle scandale des outrages publics commis envers les députés des départemens, et les dangers que leur préparait dans le secret la malveillance; enfin par les expressions vives de certaines grandes communes contre les attentats exercés sur leurs représentons , et contre leur liberté. Il y a des réflexions, mises en émargement, sur cc rapport et cette analyse. Ce sont ces oppositions aux attentais conlre la liberté, que
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l’on a ose appeler crimes sous le nom île fédéralisme! C’était celte résistance à l'oppression que l’on nommait délit! Ce qui n était quun attachement aux principes de liberté, devint un crime sur le soupçon duquel ou a égorgé tant de victimes!
A ce projet de régime municipal a succédé celui de l’établissement du gouvernement militaire, lequel se trouvait indiqué dans plusieurs écrits séparés. L’un contenait l’emploi des troupes révolutionnaires , et leur formation telle que , probe ou non, on était admis pourvu que l’on parut attaché h la révolution, que I on fût affilié a la société des jacobins ou des Cordeliers ; on préférait tous ceux qui auraient déjà servi , les gens d’un caractère prononcé, déterminé; et l’on y aurait donné une retraite à ceux qui , par crainte de recherches ou poursuites quelconques , y auraient comme reçu un bre- ; vet d’impunité, qui les eut de plus en plus attachés à ce corps. Leur emploi était l’exécution forcée de toutes les lois, et spécialement des décisions du tribunal militaire auquel ils auraient été attachés ,
Le gouvernement militaire eût été confié à un tribunal présidé par un grand juge ; il y eût eu un grand censeur chargé de la poursuite et de l’accusation; un greffier et des substituts , non obligés d’être militaires, mais en poTtaul le costume; quatre juges et des suppléans : à leur suite eût été la force armée. Ils eussent jugé tout ce que chaque indî-
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vidu aurait fait contre !es dispositions des capitulaires français qui eussent été les seules lois à la rédaction desquelles un conseil, appelé aulique , aurait procédé. Ce conseil eût été substitué a toute autre représentation nationale; il eût été permanent et eût fait exclusivement les lois, sans autre sanction que celle du tribunal et du généralissime; il eût exercé continuellement ses fonctions, sous le nom de Censeurs français réunis en conseil aulique. Us se seraient assemblés suivant les circonstances, et auraient tenu séance le tiers du mois, pour donner un capitulaire par mois : ils auraient eu la nomination des consuls et vice-consuls. Le tribunal militaire et le conseil aulique eussent établi des tribunaux répandus dans la France; il y eut eu un généralissime, présidant partout, soit au conseil aulique, soit au grand tribunal, ou aux tribunaux délégués où il se serait trouvé. Ce généralissime eût pu suspendre les décisions du conseil aulique et des tribunaux; il devait accepter ou rejeter les capitulaires. La formation de ces tribunaux eût été militaire; la décision eût été rendue militairement, et son exécution serait devenue indispensablement militaire. Enfin l'existence des citoyens eut ete sous le joug d’une discipline militaire, et leurs droits eussent été jugés par les chefs des corps auxquels ils auraient appartenu, ou qui auraient été 1 e leur canton. Le conseil aulique devait selire par lui-même, se former d’abord, et nommer h
g/f MÉMOIRES DE SETV’ART .
toutes les places à vie et à celles qui viendraient à vaquer par la mort ou la démission d’un membre. La pluralité simple déterminait la délibération. Le tribunal se serait constitué lui-même, et dans la même forme, mais il aurait reçu du conseil les nominations aux places vacantes dans son sein. Le généralissime eût, avant sa mort, désigne son successeur, par un acte secret ouvert par le conseil , acte qu’il eût pu retirer et changer, le dernier devant toujours prévaloir. Le généralissime eût eu l’exécution de toutes les décisions du conseil aulique et du tribunal , ainsi que la direction de toute la force-armée; il eût pu traduire au grand tribunal.
Le conseil aulique, le tribunal et le généralissime étaient indépendans les uns des autres. Le grand-juge, le censeur, le généralissime eussent été inviolables. Pour tous les autres membres, ils auraient été soumis à la peine prononcée par le jury général formé du chef de chaque division militaire , convoqué par le généralissime sur b demande de l’accusé, arrêté par le grand-juge sot la demande du président du conseil aulique, d’après une délibération de ce conseil à l'unanimité. Jamais ils n’eussent pu être accusés pour opinion on absence; ils avaient le privilège de ce jury pour tous délits.
La France devait être divisée en autant de divisions militaires qu'il y avait eu de généralités, tou
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jours de même étendue , et seulemetiL augmentées à proportion des conquêtes. Le conseil aulique nommait les consuls et proconsuls ; dans les divisions, le généralissime, le chef de division et son adjoint , le grand-juge et le censeur auraient nommé à toutes les places des autres tribunaux. Le généralissime aurait nommé aux grades supérieurs des différens corps militaires; et, dans chaque corps, les officiers supérieurs à tous les grades inférieurs. Une liste était jointe pour les nominations premières des consuls, grades supérieurs, chefs de divisions : son étendue m’en ôte le souveuir exact; mais j’y ai remarqué beaucoup de noms de gens que l’expérience m’a désignés comme inlrigans ; au surplus , on peut consulter le tableau des conjurés ci-après.
D’autres pièces indiquaient les travaux et projets pour établir un dictateur. Les uus le voulaient à vie, les autres le voulaient à temps : les uns le voulaient héréditaire , les autres le voulaient électif. Les suffrages étaient divisés entre d’Orléans, Danton, Robespierre; d’autres n’en voulaient pas. L’ambition et l'intrigue poursuivant toujours le projet de dictature, Robespierre parut préféré.
D’autres pièces indiquaient un troisième projet, celui du triumvirat. Les triumvirs projetés étaient Robespierre, Marat , Danton. Marat voulait bien accepter, Danton n’eût pas refusé; niais Robespierre, toujours ambitieux, ne voulait
MÉHOTKES DE SEPiAET.
partager le pouvoir avec personne : il éloignait le triumvirat pour avoir la dictature.
Dans le projet du gouvernement militaire* d’Orléans eût été généralissime; Pache eût été grand-juge ; Danton ou Robespierre * président du conseil; Marat, censeur; Tallien * greffier du tribunal; et Chaume t te * greffier du conseil. Les autres places eussent été partagées entre ceux compris dans le tableau ci~joint<
Suit le tableau des conjurés* autant que je puis me rappeler : il n’y a d’erreur que dans Vo mission des noms de ceux que la mémoire ne me fournit pas; mais tous ceux, cî-désignës, sont* j’ensuis certain* des conjurés. J’assure avoir remarqué leurs noms dans les pièces :
Pache* Paré, Destournelles , Renaudïn , Momoro * Vincent* Tallien, Bourdon (de TOise), Legendre* Isabeau * Louis (du Bas-Rhin), Billaud- Vareoues* Barrère* Collot-d’Herbois* Coutbou, Saint-Just* Prieur (de la Marne), Prieur (delà Côte* dOr)* Guimberteau* Robert Lindet, André Dumont * Desfieux * Peyrera , Proly* Varkt , Dobsent, Hassenfralz* lebon , Francaslel* Bô , Garnier de Saintes* Marchand* Ferrière* Rousseville* Liasinsld* Héron , Nicolas* Lavau* Guzman * Méhée, Taschereau* Rousin * Vadier* Fabre d’Eglanlî ne, Romme* Vilam-Daubïguy* Morel* Lequînio* Laignelot* Lebon, Piory * Jullien de Toulouse, Dubois-Crancé * Levasseur (de la Sarthe)* Bassal,
CUAPJTïVK XI,
ChaumeUe, Goupilleau (de Fontenay), Goupilleau (de Mon taigu) , V ’ou 1 1 and , De I a croix , Dan lo n , Lhuillier, Pbilippeaux , Hébert , Ricard, Gauthier, Albilte, La planche, San terre , Panis, Sergent, Lesage*Sènault , Robespierre , Àmar , Roussel , Rouhier, Marat , Mathieu, Fleuriot , Dumas , Montant , Cloutz , Hermann, Coffinhal, Bodin , Boudin, Bellegarde, Léonard-Bourdon , Barras , Manuel, Rossignol, Fouquier-Tmvillc, Robespierre jeune, Duhem, Moulins, Bernard , Dupin jeune , Cambon, Guffroy, Duparc, Lalande, Jean-Bon-Saint-André, Charbonnier, Granet, Massieu, Blondel, Quemîl, Cousiers, Crassous, Maillard, Fournéreau, Pille, Grammont, Grammont le jeune, Lepolet, Barré, . Yanec, Quinei, Thomas Lindet, ÀrmonvilIe,RuIJh, Sainte- Foi , Saînt-Huruge , Sijas , Beaudoin , Narcisse , Rocher, Àncard, Félix, Minier, Lachevardière , Pointe , Ruelle , Forest , Bouchotte (le médecin ) , Bouciiotte ( le jeune ) , Moninac , Brisson , Portaux, Joly, Hardouin , Veau-Delaunay , Morin , Portail, Payen, Payan , Lavalette, Boulanger, Bourlet , Henrlot , Salencey , Fauvetti, Chauvelin, Duport , Dupont , Go hier, Lafoud, Henri, Guirault, Charles Etang , Diapré , Parrein , Perrein , SanvbaL , Darmot, Lafosse , Dujardin , Legrand , Chambellan , Morlot, Miller, Cordellier, Cordier, Xavier - Âudouin , Goujon , Richard , Pommeraye , Chrétien , Verteuil , Berton , Delaunay , ©ligué , Roche, Bertin , Chaudron-Rousseau, Pré*-
tey , Château neuf- Randon , CharUer, Scellier, Château, Lannot, Ruamps , Chabot , Razire , Àudouin, Bunel , Gouehon , Philippe, Lehled , Legras, Leblond, Durand, Laber , Lenoir , lsambert, Portiez , Chapelain , Reverchon , Ledoux, Préard, Tranehard, Jamin, Laurent, Maiguet, Baudot, Villaret, Chamloup , Fournier , Natté, Tartanac , Fougaull 3 Liébaud, Champertois , Pisson , Bellot, Durnont, Grand ma iso ii , La Roche, Rïsson, Grandsire , Gannet, Hattinguais , Coppins, Leroy, Maîgnon, Lagrange, Gaudin, Brochet, Chaucerelle , Delourville, Cabanis, Duplaiu, Jourdeuil, Jallot, Saintex , Montané , Desmagdelames, Desfougères , Lamarque, Commaire , -Lullîer , Boissomiel , Masson, Frippier, Vivier, Tavernier, Rabais, Maire, Roux, JaiUant,Heurtiu, Neirot, Laine, Binet, Georges, Brulé, Hardi, Serniaize , Grivel, Lefiot, Allard , Jean-Baptiste Lacoste, Javogue, Lejeune , Elie Lacoste , Baudot , Fi Ilot , Bari , Salicelti, Escudier , Paulrisel , JL Lavallée, Fous* sedoire. Moïse Bayle, Bernard de Saintes, Forestier , Peyssard , Duquesooy , Duroy , Soubrauy , BourboUe , Maure , Carrier , Le bas , Simon, Camille -Desmoulins, Deliège, Piaut, Rabby, Michel , Véron , Armand - Aubin , Bion , Bertrand , Boissieu, Bordas , Cusset , Chazal, Rubat , Choudieu , Couturier, Célestîn le fils, Chenu, Compagne , Desroches , La Planche , Dabarraii , Duplay .cadet , Devèze , Dufour, Ridier , Da-