CHAPITRE XL
Causes parlLculieresd.es évéïicmens du 3i mai 1793. — Comité central d’insurrection, — Noms des membres du comité central, — . Comité général d* insurrection. — Comité de salut public départemental. — Projets du gouvernement municipal, — Complot du gouvernement militaire. — Etablissement d'un tribunal militaire* — Gouvernement d’un conseil aulupic* — Proposition du dictatorial* — Vues du triumvirat* — Régime des consuls et proconsuls* — Dénomination des conjurés* — Secret sur le séquestre des pièces de conviction*
Le 5i mai ne fut jamais connu dans son origine , ni dans ses effets ; les différentes factions en profitèrent dans leurs rapports particuliers. Je vais donc dévoiler tous les mystères que j ai pénétrés dans mes travaux ; ce que l’on n’a laissé jamais connaître dans les affaires de Danton , Hébert , Vincent, et ce qui est relatif à la journée du 3i mai; enfin ce que l’on a caché adroitement par des motifs de crainte, d’espoir ou d’intérêt, et même de remords; ce que l’une et l’autre des sociétés des jacobins devait divulguer; ce que la faction robespierriste , la mara liste, la dautouiste , la hébertiste, la vincentine , l’orléaniste, celle des membres du con-
CüAPITRE xr.
seil executif , et celle des membres de la commune de Paris, cachaient soigneusement, pour ne pas laisser entrevoir les différons genres de factions , ni laisser apercevoir les différens motifs d'insurrection. Les renseignemeus que je vais donner ont été le résultat d’un travail sur l’arrestation de Pache ; mais ce travail impartial , qui avait mis an jour de grandes vérités cachées, pensa me coûter la vie. Je vais indiquer les principaux faits relatifs à chaque parti , tels que les pièces me les ont présentés.
La destruction du trône, à la mort de Capet, avait inspiré aux intrigans et aux ambitieux quelques espérances dans leurs projets : chaque intrigue alors produisit un parti , chaque parti eut un chef , chaque chef des complices, chaque complice des partisans qui entraînaient des masses égarées. Telle fut l’origine des maux qui désolèrent la France , et l’inondèrent de sang. Ces différeus partis redoutaient la commission des douze : ce fut d’abord contre elle que parut se diriger I improbation ; et de sa destruction naquirent tous les établi ssemens tyranniques et sanguinaires. Ce qu’il y a de remarquable, c’est que le parti d’Orléans se sépara du chef et resta uni, et que Robespierre était de toutes les intrigues. Je veux dévoiler tout ce qui fut séquestre à la justice; je ne ferai aucunes réflexions, mais je donnerai un simple détail de ce que j’ai vu et lu sur ces événc-
meus. Je choquerai sans Joule beaucoup d'opinions , mats je me dois à la vérité.
LeS pièces du comité d'insurrection établi a Paris, ne laissent aucun doute sur l'intention de la municipalité de Paris d’établir un régime municipal centralisé dans cette ville , applicable a la municipalité dans la' même forme que celle étahliè à Roriié, pour rendre la ville de Paris supérieure aux autres communes dé la France , sous la désignation de ville capitale, comme était Rome, capitale de l’empire romain et de ses conquêtes. Des écrits de Chaumette et Hébert, tels que projets et mémoires, et nu manuscrit de Lliaumetté sui leS vues du régime municipal, indiquent et caractérisent ce projet. Un rapport non signé, mais fait, h ce qu’il parait , au comité d’insurrection , comprenait plusieurs objets particuliers, et notamment l’envoi d émissaires dans les déparlemcris , même dans les endroits les plus éloignés^ 50 iW di fié réns prétextes, pour donner 1 opinion du peuplé sur le régime municipal. L’opposition rencontrée dans les villes peuplées, et principalement dans celles qui tiraient de grands avantages, soit de leur situation ou des localités , fut définie d’une manière précise ; et ce quota l’on appelait fédéralisme y était expliqué au nombre de ces moyens d opposition.
L’analyse de ces difierens rapports des émissaires, a part ce qu’ils contenaient sur les prétextes qu’ils ont pris, donnait le détail <fë trois sortes d’opi-