‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sureté générale, ou, Mémoires (inédits) de Senart, agent du gouvernement révolutionnaire (volume 2)Chapitre 33 sur 190 · CHAPITRE xr · texte numérisé non relu

CHAPITRE xr

Rousseville , Proly , Peyrera , Liasinski , Loveau , Laveau , Guzman , Nicolas , Clémence. Ils avaient pour secrétaire Couzières, Un nommé Effin , de la section de la Cité, prépara et détermina la réunion de ce comité à la municipalité de Paris où il fut transporté de rÉvêché; la il fut augmenté des membres de la commune de Paris et d'un commissaire de chaque section; et ce fut ce qui autorisa un nommé Maillard, de la section de la Cité , h prendre le titre de président du comité central des commissaires réunis des sections de Paris. Ce comité réuni , qui ne remplissait pas les vues ambitieuses de Dufottrny, et où Danton avait la préférence sur Robespierre , fut dissous par les manœuvres de Dufourny et de Robespierre qui le transformèrent en comité de salut public du déparlement de Paris. Robespierre , craignant de ne pas remporter encore, a résolu la mort des chefs de parti. Il existe un procès-verbal d'une des séances du comité d’insurrection établi dans le local des électeurs où avait été décidé le tocsin du gros bourdon de l’église Notre-Dame.

La conduite de ces différens comités n’offrait rien que d’affreux et d’ignoble. Dans le premier comité central d’insurrection ils se dispu Laientj se battaient entre eux; il n’était question que d assassinats , de meurtres; on y proposa d'égorger les prisonniers du Temple, de faire une liste de proscription, de fermer les barrières et de fusiller les

proscrits. Ces honorables membres étaient pour cela bien payés; un événement l’ indique- Ils ren- \ raient un jour eu séance , après avoir reçu chacun une somme égale de deux mille cinq cents livres; le président avait devant lui des pots de fleurs , et il laissa cette somme entre les pots où elle lui fut prise; aussitôt on chercha le voleur, et Desfieux fut convaincu : il dit avoir fait un badinage que cependant on pouvait traiter de vol* Ce même comité se divisa, et Dufourny fit extraire cinq membres pour former un conseil d’exécution qui tint ses séances a part dans une petite chapelle* Le surplus du comité cassa ce même conseil ; alors il ny avait pas de tabagie, de lieu de débauche semblable a ces comités. À côté était une assemblée générale où Ion allait porter et faire approuver ce que Ion voulait qui fût légalisé par ce qu ils appelaient le peuple, et qui pourtant u’étaîl que la réunion de tous les factieux, des intrigans et des hommes égarés* L’assemblée prétendit que les sections notaient pas représentées, elle délibéra ladjonction d’un commissaire par section, et au moyen des difficultés élevées par le nommé Effln, pour que les insurgés quittassent le local de TEvèehé , tout alors fut réuni à la municipalité de Paris, dans la maison commune; là cette réunion de commissaires et des membres directeurs de Vin? surrectîon s effectua, Baubigny alors, comme depuis, toujours dantoniste , fut le greffier secrétaire

cm p mus xi. y 5

de celle nouvelle assemblée délibérante dont les séances étaient secrètes; mais préférant Robespierre h Danton , Dufourny se trouva entre deux feux; il prétendit qu'il fallait diminuer le nombre de cette assemblée, et proposa rétablissement d’un comité de salut public , pour y appeler des membres représentant les districts et communes du département: il réussit. Telle fut l'origine du comité départemental de salut public. Alors toutes les passions étaient en mouvement , tous les partis étaient en présence; ils se craignaient , et de-Ià les proscriptions de Robespierre contre les chefs des conjurés et des partis. Ensuite sont survenus des événemens inattendus de tous.

En me reportant à l'objet , à la cause et aux effets de r insurrection, j’ajouterai donc que je reconnus dans les pièces des notes qui m’indiquèrent de même ce que je vais transmettre. Un parti puissant contrebalançait leur ambition dans la Convention; il fut question en conséquence de la dissoudre, et meme de l’égorger n Nul ne devait être épargné s’il n'était dans la faction Hberticide. Proscrire ne suffisait pas; déjà l'on préparait les moyens d'exécution, et ce qui retenait encore c'était ta réciamalion des départemens. Telles sont les expressions d’im procès-verbal d’une séance du comité d’insurrection. Alors chacun avait scs vues , cl il fut décidé de mettre le peuple en avant, de légitimer une insurrection en son nom; la liste de pros-

MÉMOIRES DE SENiJftT.

criptioQ fat rédigée , les victimes furent désignées.

Aux pièces sus-indiquées étaient joints les renseignemens sur la perfidie de Dobsent. Alors Dob* sent présidait la section de la Cité* On peut se rappeler f arrêté de cette section , la pétition et le discours infâme prononcé par Fora leur de la section, c'est-à-dire d’une* députation, surprise ou non , qui frappait si vigoureusement la commission des onze. Cet orateur était alors le nommé Frotey, secrétaire de la section : ce fut à lui que le représentant Isnard répondît, qu*en pardonnant à sa jeunesse , on n en reconnaissait pas moins une trame odieuse* Ce que Y on ignorait, c'était que Dobsent avait seul rédigé l'arrêté de la section dont il avait en soin d’omettre a la lecture quelques articles, ce qu'indique une note d observations. On fit mettre la garde nationale sous les armes; ou imagina des prétextes; la quantité des gens armés en imposa. On trompait le peuple; on égarait les uns, on tenait les autres dans l'ignorance. Chaque complice, entrant plus ou moins avec ses prétentions dans les projets ci-dessus, était chargé d'un rulc particulier. Legendre s y prit en boucher, Àmar y fut le distributeur d’une immensité de mensonges; il n’était pas sans prétentions, non plus que Legendre et Tallien, quoiqu’à cette époque Tailien fût en mission. Les représenta ns complices, qui se trouvaient dans les départemens , étaient chargés de prévenir toutes les réclamations , et d employer tons

Page 1