CHAPITRE VI
les moyens pour faire parvenir eL adopter des adresses d’approbation et de félicitation sur la glorieuse journée du 3i mai. Aux pièces que j’indique sont jointes des lettres de flagorneries de certains députés en mission qui protestaient de leur dévouement, et annonçaient qu’ils n’avaient rien omis, ni caresses envers les uns , ni menaces envers les autres, pour procurer ces différentes adresses, lels sont les renseignemens sur la conspiration majeure d’une faction populicide, que m’a procurés un travail d’analyse sur des pièces réunies, dans différens cartons , an sujet de l’arrestation de Pache , d’abord projetée par les deux comités de sûreté générale et de salut public séparément, et ensuite convenue entre les deux comités et confiée au comité de sûreté générale.
Ces faits couvrent de honte les membres du comité de sûreté générale , coupables de silence d'un côté , et de l’autre de complicité.
Tel est le mystère dont on prétendit environner ces renseignemens, qu’on a pris tous les moyens pour ôter la parole et la défense à Danton et à ses complices. C’est là ce qu’on a voulu voiler du prétexte d une conspiration de prison j c est là ce qu’on avait tant d intérêt de cacher dans le procès de Hébert , V incent, Konsin et complices. Aussi , lorsque j eus lu au comité de sûreté générale mon travail d analyse qui dévoilait toutes ces horreurs, je fus tellement menacé par les ^coupables , que de
MÉMOIRES ÜE SENAIlT*
frayeur je partis, laissant là et les pièces et mon rapport. On craignit que je n en eusse quelques notes, et l’on vint faire une visite chez moi , rue de la Loi , hôtel Lancastre. Cependant quelques membres me défendirent, parce qu’il fut question de me faire couper la parole- Je leur dois la vie , mais on 11e m’a pas perdu de vue; quelques mois après j je fus amené à la boucherie , dite nationale. Alors survint le 9 thermidor, et les assassins privilégiés furent chassés de la tuerie ; mais la crainte que je ne parlasse m’a fait retenir dans les fers sans qu’on veuille me faire juger. Si quelques coupables de ces complots , conspirateurs , auteurs de la persécution du 5i mai , osaient les dénier, ou si leurs partisans donnaient un démenti, cela ne suffirait pas; en cas de poursuites , pour toute preuve je ferais rappor- • ter les cartons sur lesquels j'ai travaillé , les livres ; qui contienneut l'enregistrement des pièces , et je 11e crains m blâme ni de menti.
C’est ainsi que naquit et s’opéra la proscription du 3i mai , et c’est pour l’envelopper d’un profond secret , que le tyran Robespierre a coupé la parole à ses complices et prévenu ainsi toute révélation, Ce fut dans le même dessein que Louis du Bas- Rhin disait à Àmar : C'est une indiscrétion sur laquelle je ne serai jamais tranquille , que d'avoir fait faire ce travail analysé par un homme d’un département non jacobin , dont le souvenir me fatigue; nous devions ne rien laisser transpirer et. faire ce