CHAPITRE Xlii
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lemeuL, avait été charge par le comité de salut public^ d’une entrevue avec Hérault de Séchelles, pour sc concerter avec le baron de Iklz, à reflet de présenter des observations sur cette loi. D un coté cette mesure devait entraver son exécution , tandis quç, de l’autre f le retard favorisait les spoliations et les infidélités. Les complices de ce retard étaient coupables 3 et cependant on ne voulait pas laisser expliquer cela en jugement, mais bien couper la parole a Hérault de Séchelles et à l’Htâtlier : leurs complices avaient trop à craindre , et ils étaient en nombre. Ces faux patriotes firent comme les chefs de parti, ils immolèrent et sacrifièrent leurs complices embarrassés* Tels sont les renseigne mens découverts par l’analyse que j’ai laite des pièces de l'affaire de Balz*
En homme impartial , je dois dire que , lors du rapport fait à la Convention, je fus surpris, en le lisant , d y voir compromis et traduits au tribunal , sous le prétexte de la mè me conspiration , des gens dont les crimes n’étaient pas relatifs à cette affaire; qui, non-seulement, uy étaient pour rien , mais, au contraire, étaient fort éloignés de tremper dans cette conspiration-là; d’y voir enfin des personnes innocentes. J’avais moi-même fait Tinterrogatoire delà femme Grivois, de la rue de Menars; j’étais certain , par la recherche la plus exacte, qu7ü n existait ni trace, ni vestige de motifs de suspicion; j’avais sondé la vérité, partout j’avais ren-
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contré l'innocence de la femme Grivois : l'examen scrupuleux des pièces sur lesquelles le rapport était fait, attestait sou innocence, mais le féroce Jagot et l’hypocrite Louis du Bas-Rhin avaient, disaientils , de violens soupçons. Elle fut traduite : ils l’emportèrent sur l'équité ; elle a péri. La malheureuse petite Nicole, âgée de 17 à 18 ans, si peu conspiratrice qu'elle était pauvre et n’avait d’autre bien que la modestie et le travail de ses doigts comme couturière , fut aussi immolée. Je la trouvai dans un grabat, au septième, couchée sur un matelas et une paillasse , sans couchette : des haillons dans un panier d’osier, une table, une chaise, un tabouret , voilà tout ce que possédait cette malheureuse victime que rien dans les pièces 11e présentait comme coupable ou suspecte ! mais Voulland , ce cruel extravagant, voulait sa mort , parce que, disait-il , elle portait à manger à la fille Grand maison, et pour ce fait-là, disait l'hypocrite Louis du Bas- Rhin , elle ira l’accompagner. Je m’étais assuré de son innocence, parce que, par l’interrogatoire que je lui avais fait subir, je l’avais reconnue exacte et non suspecte. Sur l’innocence de ces deux victimes, je ne pouvais retenir la douleur que mon intime conviction m’inspirait.
Ce 11e fut pas là tout; chacun faisait immoler ses victimes. Le cruel et féroce Saint-Just avait fait arrêter la Sainte-Amararithe par ressentiment de n’avoir pu jouir d’elle, et par crainte ou soupçon
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qunn autre en cet instant ne lui eût été préféré. Elle était en prison y elle avait osé se plaindre du despotisme révoltant de ce monstre : Saint- Just demanda sa tête, en la déclarant complice de cette conspiration a laquelle elle était absolument étrangère. Sainl-Just l’exigea, et on la lui sacrifia sans preuve, sans aucun indice de suspicion.
Corlay, i epicier, avait en le malheur de déplaire au féroce Héron. Louis du Bas-Rhin fit l’observation qu il avait loué une chambre à Batz ; encore bien que cette location eût été déclarée au comité révolutionnaire de la section Lepelletier,ct queCortay ne fut en rien suspect , Batz étant sorti de chez lui pour aller loger ailleurs, long-temps avant lepoque de son évasion. Yadîer fonda son opinion sur ce que Héron le jugeait coupable ; et Cortay lut aussi une des victimes désignées au rapport, fit encore , o comble d horreur et d'infâmie ! deux femmes devinrent également victimes , parce que dans leurs papiers on avait trouvé le portrait de Hérault de Séchellesj comme si ce portrait , qui se vendait avec ceux des autres députés, était une preuve de conspiration.
Quel étonnement pour moi de voir eu mu 1er des allai ies qui n avaient aucun rapport avec celle de Batz, et notamment celles de Ménil-Simon , Paumie r, Marsaut, Caquer, de Quercourg, traduits au tribunal du département de Paris, pour fabrique de faux assignats, dans laquelle affaire Coffinhal et
MEMOIRES DE fiÉNÀUT.
Fouquier-Tinville étaient Impliqués I Ces derniers avaient intérêt de leur couper la parole : cet usage n’était pas admis au tribunal du département, tétait le haut privilège du tribunal révolutionnaire; la puissance du comité de sûreté générale fut doue interposée pour les faire changer- de tribunal. Alors ou employa le prétexte de complicité dans l'affaire de Eatz ; Fouquier avait dit avoir des pièces, et cela Suffit» Une remarque bien singulière fnl apportée sur ce fait au comité de sûreté générale; c était que Fouquier ni Coffinhal n avaient pas siégé a Taudieu ce de ce jugement, mais qu'ils avaient paru avant et après , et même pendant l'audience , en se cachant aux accusés - Ce fut alors pour moi un sujet de surprise; j essayai même de m'en expliquer , mais je vis que ce serait une indiscrétion,
Lorsqu'il fui question, de comprendre en cette affaire la petite Renaut et T À dm irai , Louis du Bas-Rhin qui , en ma présence, fut un de ceux qui molestèrent le plus cette malheureuse et la tourmentèrent le plus durement, lorsqu elle fui amende au comité ? s’exprima ainsi : CT en est fait de nous 7 si nous ne donnons un exemple sensible pour faire respecter plus particulièrement les membres des comités / Se pense que V attentat cojitre Robespierre , et celui contre Collot, doivent être présentés comme venant d'un complot de V étranger : nos collègues en paraîtront plus recommandables , et les membres des deux comités du gouvernement