CHAPITRE XIV* i OC
commis. — Les trois partis différons dans les comités de saliîl public et de sûreté générale. — Leurs vues. — Dépôt secret des papiers de Robespierre. — Dépôt secret des papiers de Héron. — Nouvelle tradition de ma déposition dans le procès de Fouquier- Tin ville. — Propos atroces de ce monstre, — Son opposition à La mise en liberté d’mnocens* — Craintes que lui inspirent ses crimes, — Ses intelligences et liaisons avec Héron* — Anecdote omise dans ce que lTon a publié sur les crimes de Marat.
Puisque j’en suis maintenant sur des anecdotes relatives au comité' de sûreté générale, je vais parler de la manière dont il remplissait ses fonctions , et rapporter quelques autres traits de sa barbarie.
A ce comité il n’existait ni ordre ni bonne foi; l’air qu’on y respirait comprimait l’honnête homme. L’assassin privilégié de ce comité élait Héron , agent principal ; ses premiers pas dans la révolution furent le massacre et le pillage , lors de \' égorgement des prisonniers d’Élat, transférés à Versailles. 11 était l’intime ami de Marat, et ce fut chez lui que ce provocateur au meurtre et au pillage , trouva dans sa fuite une retraite et un asile. Ce lut Marat qui fit eu son nom, et pour lui, un ouvrage intitulé : Banqueroute générale. Héron espérait avoir la place de ministre de la marine , et il fit tout pour l’obtenir. 11 fallait se rendre recommandable : il crut ne pouvoir y parvenir que
lio MÉMOIRES DE SETîiBT.
par des crimes; et en effet , il en commettait tous
les jours dune atrocité révoltante.
Avant de perdre de vue Marat , dont le nom inspire tant d'horreur et coule tant au souvenir! je dois ici placer en parallèle avec la conduite de Héron , le récit d’un de ces traits qui achèveront de peindre celui que la postérité placera au nombre des tyrans et des ennemis de l'humanité. Marat se cachant pour se soustraire aux recherches que Ion faisait de lui, trouva un asile chez un graveur de son quartier / on lui avait ménagé une cachette dans l'embrasure dune fenêtre, et il s y réfugiait à l'instant où quelqu’un entrait. Cependant la mort fut la récompense de celui qui l’avait sauvé et nourri! Marat, par reconnaissance, le vola, el ensuite lui enleva sa femme. Le malheureux, ayant osé se plaindre, fut arrêté et incarcéré a Saint- Lazare, ou Marat Y a retenu le plus qui! a pu. Alors on punissait de mort quiconque avait mal parlé de Marat; et cet infortuné, qui dans un moment de douleur avait expliqué ses mécoutenteraens contre Marat, craignant le supplice , se frappa de deux coups de couteau , et périt. Telle fut la fin que cet homme bienfaisant eut par les effets de l'ingratitude et de la méchanceté de Marat , cet homme qui se disait lami du peuple, et qui n’était pourtant qu'un incendiaire, un malveillant, un débauché. Il fit sa victime de celui qui lavait nourri, qui avait conservé ses jours, et tout es-