‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sureté générale, ou, Mémoires (inédits) de Senart, agent du gouvernement révolutionnaire (volume 2)Chapitre 62 sur 190 · CHAPITRE XIV. j5y · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. j5y

était un (les plus fourbes et des plus adroits coupables; voilà pourquoi l’on a refusé pendant plus d u u an de me faire Juger.

Appelé comme témoin pour déposer dans Taf>faire de Fouquier-Tin ville, j’ai rendu compte que j’avais été chargé par le comité de sûreté générale de l'examen des papiers de San terre; que lors de cette opération, consignée dans un procès-ve rbai , qui a duré huit jours, et où , d'après l’ordre du’ comité de sûreté générale, devait être inséré son interrogatoire, j’avais pour collaborateur le citoyen Sandron, dit Romainville, juge -de -paix du canton extra muros de Versailles; que les pièces trouvées, reconnues, et les réponses écrites par San terre, établissaient les faits de la conspiration les plus importons et des projets de massacres ; que des partis coupables et des complices effrayés avaient cherché à me faire un mauvais parti. Alors Héron , dont je ne connaissais pas tous les rapports, me dit : 11 faut en parler à Fouquier -Tinville qui s’en expliquera avec Robespierre. Nous allâmes, en effet , chez Fouquier qui me dit que Santerre était fortement protégé , et que ses partisans me feraient un mauvais parti ; qu'il me ferait monter sur sou gradin, de lui répondis : Tu dois savoir que je suis patriote ; iV’ importe , répliqua-t-il , patriote ou non ; lorsque le comité de salut public et Robespierre ont décidé la mort de quelqu'un , je f exécute, je ne suis qu'un être passif. Je fus saisi

j GO MKMOIIIES DE SENAIIT.

de l'atrocité de ce propos , et je lui (is observer que mon procès-verbal avait effrayé les complices de Santerre. U me demanda à le voir : je lui répondis que je ne l’avais pas; que le comité de sûreté générale s’en était emparé, que c’était Sandron- Romainville qui le lui avait remis mal à propos. Le journaliste a mis que Santerre avait été arrêté à Tours, et que j’avais fait voir le procès-verbal d’arrestation à Fouquier : Santerre fut arrêté à Reunes, où il était avec Dubois-Crancé , et non à Tours ; je n’étais pas à Rennes, mais bien à Paris. Je ne portai pas à Fouquier le procès-verbal , parce que Sandron l’avait gardé, et qu’il l’avait remis au comité de sûreté générale. Je citai sur ce fait la déclaration de Sandron-Romainvillè.

Fouquier, pour se venger de moi, prétendit que ma démarche avait eu pour but de faire traduire Santerre au tribunal , et qu’il s’y refusa , parce que Santerre, comme général, ne pouvait y être traduit que parmi décret.ll fut démenti sur ce Cait,parceque Santerre , à l’époque de son arrestation , n’était plus général; qu’il était agent île Dubois- Crancé pour l’embrigadement de la cavalerie à Rennes. En outre, je n’avais aucun intérêt à ce que Santerre tût traduit au tribunal révolutionnaire ; et étant arrêté par le comité de sûreté générale , Fouquier ne pouvait l’y traduire sans l’ordre de ce comité. Si j’avais à craindre la haine de ses complices à cause de son interrogatoire, elle eût été bien plus terrible en

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