‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sureté générale, ou, Mémoires (inédits) de Senart, agent du gouvernement révolutionnaire (volume 2)Chapitre 63 sur 190 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

cas de la mise en jugement de Santerre. Je ne pouvais, ni ne devais m’intéresser à sa mise eu jugement, encore moins la solliciter. Fouquier alors voulut taire 1 éloge de Santerre. lies murmures du public 1 en empêchèrent. II dit : Santerre a été mis en liberté : oui, répondis-je, apres le (j thermidor, par la faction thermidorienne. Un juré me demanda ce que j entendais par le mot de faction thermidorienne ; je lui répliquai : Je connais une loi qui autorise les jures a faire expliquer les témoins sur les faits; mais je n en connais pas qui leur donne le droit d’obliger les témoins à expliquer leur opinion politique; en tout cas, la police de ! audieuce n’appartient pas aux jurés, mais au président. Alors le président dit : Je fais observer au témoin qu’il n’y a plus de faction , nous sommes au retour de la justice; le règne des égorgeurs est passé. Je répondis au président ; Je suis la victime des égorgeurs, et je n ai pas entendu parler d’eux : je vais expliquer ce que j entends par faction thermidorienne. J’entends de grands coupables qui ont cru se sauver, le <> thermidor, eu couvrant leur crime , et qui , dans tous les cas , persécutent les patriotes, et protègent les ennemis de la liberté. Le président me demanda : Ou est donc cette laction ! Je lui répondis : Elle est partout où se trouvent les coupables dont je parle. Je continuai ma déposition, et je rendis compte que Fouquier et Héron se félicitaient sur les travaux de la guillotine , et les produits qui en résultaient.

j MÉMOIRES DE SBÎfaKT.

Telle fut la première partie de ma déposition que le rédacteur du Papier-Journal sur le procès de Fouquier, avait mal rendue , el que j'ai intérêt de mettre au jour avec exactitude.

La seconde partie de ma déposition portait qui; j’allai au tribunal révolutionnaire remettre des pièces, par ordre du comité de sûreté générale; que î’éd voulais un reçu; qüe Fouquier dit qu’il n’avait pas Vusage de prendre tant de précautions ; qu’il n’en fallait pas; que j’étais un formaliste. Le journaliste a omis cet article.

La troisième partie de ma déposition fut que je lui dis un jour, au nom du comité de sûreté générale, de ne pas poursuivre l'affaire des citoyens de Bourgueil ( ce qui est bien dilféretil du mol Mareuil que le journaliste avait mis ), el qu’alors Fouquier me répondit : Ils sont riches , ils y passeront; qu'il ajouta : Ils avaient de V argent, lorsqu 'ils sont entrés à la conciergerie ; que je lui remontrai qu’ils étaient des cultivateurs, innoceuS de l’inculpation qu’on leur faisait; que les secours qu'ils avaient pu réunir, en se précaution nânt , n 'étaient pas une richesse; qu’enfm Fouquier me promit de surseoir; que cependant le lendemain il avait commencé à dresser l’acte d’accusation ; qu’un député me dit que Fouquier allait suivre l’affaire; que j’en lis à Fouquier de vifs reproches auxquels il objecta qu’il n’avait point donné d’écrit pour ne pas poursuivre, que sa parole ne suffisait pas; qu’il fallait

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