‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sureté générale, ou, Mémoires (inédits) de Senart, agent du gouvernement révolutionnaire (volume 2)Chapitre 69 sur 190 · CHAPITRE XVI. Iq · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. Iq

uale , ou obtenir du dictateur Robespierre une délégation qui eût satisfait son orgueil et ses passions.

Déjà le scélérat était connu, désigné sous le nom de tyran de Genève. Dans ses discours incendiaires et par ses manœuvres secrètes, il avait proposé deux plans , 1 un de la réunion de Genève à la France, l’autre d’un gouvernement républicain, sous la protection de ia France, et dirigé par un régulateur , place qu'il convoitait. Il n était pas encore satisfait de ses désordres, il voulait mettre un sceau à sa grandeur : il marchait comme les gens que l’on qualifiait d éminence ; il souriait quand on l'appelait monseigneur, et vous gratifiait dun regard de demi-alteutioii quand on lui disait votre grandeur; il prenait l’air grave, et fermait les yeux à demi au nom de votre excellence.

Souvent il allait en Suisse pour y sonder les opinions.

L’exemple du résultat des troubles de Genève détruisit ses projets, mais il se donna comme un tyran le doux plaisir d’ordonner des supplices, pour maintenir à son égard le respect et la subordination quil croyait avoir mérités.

T n malheureux Genevois se trouva sous sa main dans uri instant ou il avait de 1 humeur ; S*..*.

1 irrita et agit en souverain injuste, mêlant à ses expressions de l'ironie, des duretés, et vomissant même quelques ordures ; le Genevois fut assez vif

pour exprimer son mécontentement. S . re

doubla 7 menaça, sortit de lui-mèmc. L infortuné mit que !e résident , dans sa fureur, allait se jeter sur lui et fit un mouvement du bras, comme pour

le repousser; le furieux S.--. . . sentit la force

du poignet sur lequel il s était lancé, et craignant que ce bras ne fût trop expressif, il appela ses gens, Ce qui ïf était qu'un mouvement innocent devint un crime; sa grandeur se plaignit; son excellence soupira; son éminence souffrait; monseigneur était suffoque d’orgueil et de colère. Quel remède appliquer? comment fapaïSerV Son remède fut le sang du Genevois, Lecteur, vous frémissez! hé

bien! cet homme déjà molesté parle tyran S .

fut sacrifie; il fut pendu. Sa mort apaisa-t-elle IV postât ?

Les torts, les excès, les vues perfides, machiavéliques et désorganisatrices de S. ... , furent

connues , et il reçut enfin sa récompense. Les plaintes des Genevois sur les crimes du résident, leurs craintes sur les suites de ses manœuvres furent entendues, et la «chute de Herbes pierre entraîna aussi

celle de son disciple S.. . qui fui conduit

pieds et mains liés an milieu dim précations, et de marques d'opprobre , comme une hête teroce, et rejeté sur les frontières de France.

S.. . , quoique résident de France, u était meme

pas abordable pour ses concitoyens, et lorsque sua ministère leur était nécessaire, ü les fatiguait autant que s'il eût été un souverain inaccessible ou in-

charitrk XV/. Jt)5

violable; tanij^î a bs.Lfa i l , iantùl ordurîer, tantôt brutal , inexplicable dans ses'expressions, S . niel¬

lait. en tout des entraves qui ont affligé Je commerce de la France el ont été préjudiciables h ceux dont il se croyait te représentant.

H ne faut pas perdre de vue que le petit tyran aliénait tomes les singeries du tyran Robespierre : il se disait poursuivi par des assassins , et ne voyait

autour de lui que des poignards. S . mnrati -

ml aussi , et craignait qu’une nouvelle libératrice , comme une autre Corday, ne purgeât le sôf dé cette république,, il s'effaroucha d une femme de Lyon réfugiée dans Genève. Sa beauté, son caractère , son langage lui représentèrent une nouvelle Corday. Quel tyran avait-on à craindre à Ge-

tlt %e V^.' V . excitait tous les troubles de IV-

uarcbie? S . - Qui prêchait les doctrines de

a' al ‘ ^ . Far qui le sang innocent avait-il

coule . Par S . Quel tyran avait-on jamais vu

? jeneve (aire égorger les magistrats du peuple?

^ . (vluel despote avait-on jamais vu à Genève

punir de mort ; sous le nom de crime de lèse-ma- !**?»;? mMVf!fflenl legal , répressif d’une injure, ou

, ie^time (i"fense? S . Il l’allait les cris , les

pamf es de S . . sa cruauté pour exiger cette

injustice ! Peut- on douter que cet événement' ne serait pas arrivé , s’il n’eût égaré les Genevois,

ei,$,] nt‘ lws cûl n/e, lacés de l'invasion des sansru loties français ? Oui , c’est un acte de pure

Tgfi MÉMOIRES nv. SENÀRT.

tyrannie et de despotisme! S . . non Par

remords, car il n’en fut pas susceptible, mais

parla crainte qui suit le crime , le scélérat S. . . .

voyait dans cette femme une nouvelle Corday , et il en demanda l’expulsion : mais comment 1 opéiei daus une république démocratique et sans aucun motif? Il employa ta médiation du dictateur Robespierre, et l’on détermina cette femme à quitter Genève. Monseigneur ne dormait plus, sa grandeur était troublée, son éminence était affectée, son excellence était alarmée, son altesse était inquiète , le tyran était eflarouche. S . > malfjrt

l’absence de la belle Lyonnaise , ne paraît pas avoir long-temps goûté le repos; son extérieur ^annonçait et ses propos l’attestaient : il est encore semblable au scélérat que les poètes nous peignent au regard farouche , au cri rauque pour tout langage; ses yeux indiquent son embarras. Il n'ignore pas à son égard mon opinion, canin jour , à l’instant qu’il vomissait des injures contre le peuple de Genève devant moi , je lui reprochai ses crimes maratistes et sa conduite de tyran. La discussion qui s’ensuivit ne put laisser de ddjfc

que celui qui traçait ce portrait de S . était

au comité de sûreté générale.

Dans les renseigne mens relatifs aux observations sur les pays voisins , une singulière remarqo-

SMrSÏ . ,cest qu’à l’imitation de saint A ntoineqiu

vivait avec un cochon , il vit, lui, dans sa prison avr

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