‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sureté générale, ou, Mémoires (inédits) de Senart, agent du gouvernement révolutionnaire (volume 2)Chapitre 68 sur 190 · CHAPITRE XVE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVE

Cruautés exercées par le résident <lc France à Genève. — Despotisme et barbarie de ce nouveau tyran. — Craintes de ce moraliste. — Anarchie, désordres excités par lui à Genève. — Projet de cet ambitieux pour s’emparer du gouvernement de Genève. — Remèdes de sang pour secourir te résident dans sa maladie-’ — Obscénités, immoralité de cet homme. — Réjouissances du peuple Genevois à l'occasion de son arrestation, — Expulsion du territoire de Genèvedece monstre , muselé comme un ours.

S*. . , mince vicaire de Saint - Sulpiee de

Paris, ancien balayeur des dortoirs des prétendus savans , homme d'un caractère bas et souple suivant les circonstances, mais hargneux comme le chien de cour , et ombrageux en même temps ;

S,.,. . qui, par Fi aspiration révolutionnaire,

avait abjuré le sacerdoce et apostasie , faisant tout au monde pour se faire reconnaître prêtre fourbe et menteur, avait épousé la fille d une domestique, réduit qp’il était au torchon , et ne pouvant trouver mieux tant il était dégoûtant. Il fut choisi pour être le résident de France à Genève , et y fut envoyé. 11 fallait être dans une grande pénurie d'hommes pour en employer un de cette espèce. Au surplus, pour porterie désordre on ne se sert

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que de scélérats* Ce fut doue par cet être crapuleux et abject que l'on fît représenter le peuple français, auprès du peuple de Genève* Cet homme , qui se croyait célébré pour avoir écrit quelques compilations et usurpé le nom d'auteur / fut un des instmmens de Robespierre,

Cet ancien dévot j ce nouvel époux, cet apostat, cel être amphibie , fut à Genève Tau leur d’autant de maux que pourrai t en faire le crocodile jeté dans une assemblée publique, Fidèle observateur des maximes de Marat, il sema àGenève lesgermesde 1 anarchie, y alluma les torches de la discorde, et arbora l1 étendard de la révolte. Ce fut alors que par lui Ton vit les clubs de Genève changer de position, satiner, s'insurger et renverser, au nom du peuple* le gouvernement populaire ; ce fut alors que par lui les clubistes et la propagande jacobine, arrivée là tout exprès, dirigèrent les armes du peuple contre le peuple lui- même et contre les magistrats du peuple; ce fut alors qu’au milieu de la fureur* ' du trouble et de l’anarchie, furent fusillés sur la place publique six magistrats de Genève dont la mémoire inspirera d’éternels regrets : ils furent massacrés par les gens égarés et enivrés du fanatisme révolutionnaire. Alors le désorganisateur

S,.. . triomphait de ses crimes, et croyait dans

ce désordre faire réunir Genève à la France et escroquer une nomination pour représenter le peuple genevois comme député à la Convention natio-

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