‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sureté générale, ou, Mémoires (inédits) de Senart, agent du gouvernement révolutionnaire (volume 2)Chapitre 81 sur 190 · CHAPITRE XV LU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV LU

nie; cesl ainsi que }'ai vu et connu ses travaux* L’éloge de ses fonctions sera complet si je dis qu’il ne s’est présenté personne pour se plaindre de tTOsson ville. Sans doute , on n’opposera pas à la vérité de ce que j’écris une dénonciation du nommé Armand , impliqué comme conspirateur dans l affaire de Balz sur la faction de l’étranger , lequel devait commander un détachement de conjurés et ne doit sa conservation qua d’OssorivilIe, qui proposa au comité de ne pas le comprendre dans Tatïaire pour avoir de lui d’autres renseigne mens.

Cet Armand , impliqué dans la poursuite contre la fabrique de faux assignats découverte par d’Qsfpnvîlle, eu 1793* à Champigny près Vincennes, apprit par Dumonceau que d’Ossouville avait fait observer au comité que lui Armand , soupçonné d’avoir tué un homme dans le bois de Boulogne, et de lui avoir volé un porte-feuille de soixante mille livres, était un escroc connu. Armand en voulait d’autant plus à dOssouville, que ce fut par l’effet des tecberches de ce dernier que ïon avait poursuivi l'affaire d’Hoffmann , dans laquelle ce même Armand, agent de Poupart et de Burlandeux , officiers de paix , complices de la faction de Tétranger, fut condamné, -sur une procédure particulière au tribunal criminel du département de Paris, a vingt années de fers. Ce fut après celte condamnation, que Dumonceau vint le trouver, dans sa prison et quils rédigèrent une dénonciation contre

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lui, dOssonville, en l’accusant d’être le persécuteur d Armand , et d’avoir, par injustice, empêché sa délivrance. DOssonville, à qui celte dénonciation fait honneur parce qu’il est beau detre l’ennemi des scélérats, n’a pas dû s’attendre à ce que la délation d Armand pût lui nuire; mais Dumonceau n’avait agi ainsi que pour préjudicier à d’Ossonville. Ce Dumonceau, qui prend mal à propos le nom de Bruce, celui d’une famille anglaise, était au contraire fils d’un palefrenier chez le ci-devant duc de Penthièvre, aux dépens de qui ce Dumonceau fils fut placé au college Louis-le-Grand où il étudia avec Robespierre jeune , son contemporain. Ce Dumonceau était un prêtre qui avait ahjuré. D'Osson ville le ramassa sur le pavé, pourri d’une gale vénérienne et couvert de haillons , le fit entrer chez uti fripier, lui acheta tous les vêtemens, depuis le chapeau jusqu’aux souliers, et fit jeter ses haillons au coin d’une borne, hors la chemise, car il n’eu avait pas; et Dumonceau, ainsi réparé, fut employé comme observateur par d’Ossonville d’après l’axiome connu : Qu'au métier de surveillant on n’emploie que le plus rusé fripon , D’Ossonville le fil traiter et guérir de sa maladie honteuse; mais Dumonceau ne put conserver plus long- temps son poste , soit qu’il fût trop connu de réputation, ou soit encore que des torts graves, dont plusieurs se sont plaints, l’aieot fait renvoyer , ce que je croirais facilement, d’après un écrit d excuse que lui Dumonceau adressa à d’Os-

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