‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sureté générale, ou, Mémoires (inédits) de Senart, agent du gouvernement révolutionnaire (volume 2)Chapitre 89 sur 190 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Singulières observations sur le tribunal révolutionnaire par la comité de sûreté générale. — Diversité de ces observations; leur étendue. — Projet du tribunal révolutionnaire de faire guillotiner, par forme d’amusement , quelques importuns.

— Despotisme exercé contre les défenseurs officieux par le tribunal révolutionnaire. — Menaces et injustices envers1 le$ ij^feiiaeurs ofllcieux du comité de su ç été, générale. — Lu <jr>Ti>itjé dp sûreté, générale se nom niant jurj: politique qt ear voyant de£ membres à la chambre du conseil du Iribunaf révolutionnaire , — Places particulières pour les observateurs du comité de sûreté générale aux audiences du tribunal révolutionnaire. — Rixes » discussions entre le tribu- ■ nal révolutionnaire et un comité révolutionnaire, — Embarras du gouvernement à cause de la quantité des supplices.

— Remarques singulières sur certains suppliciés.— Opinion publique à leur égard.

Le comité de sûreté générale faisait, observer le tribunal révolutionnaire , et les observateurs employés étaient chargés de rendre compte de la conduite du président, de l'accusateur public, des jurés , de la contenance des accusés , de leur nombre , de leurs réponses , de l’esprit public manifesté dans l’auditoire , et aux environs , à l’intérieur el à l’extérieur. La surveillance s’exerçait, tant lors du jugement que lors du départ pour le sup-

tUiAPiTHü XIX.

pliee : les observateurs étaient, distribués, les uns datas les salles d'audience , les autres aux environs , et un d’eux à la barre du tribunal. Tous les jours les rapports étaient rerais par écrit au comité de sûreté générale; ils étaient conçus de cette manière : Observations du tribunal révolutionnaire , pour le comité de sûreté générale le.,,.., tel jour , tel mois , telle année , commencées , à telle heure du maint) salle de Légalité , ou salle de la liberté , président un tel; accusateur public , un tel ; greffier, un tel; on y- marquait s il y avait peu ou beaucoup de militaires ou point; peu ou beaucoup de gens de campagne ou point; peu ou beaucoup de muscadins ou point ; peu; ou beaucoup d’ouvriers ou point ; peu ou beaucoup de; gens bien vêtus ou point; peu ou beaucoup d’en fans ou point; peu ou beaucoup, de gens médiocrement vêtus ou point; peu ou beaucoup de vieillards ou point; peu ou beaucoup de femmes ou point ; peu ou beaucoup de femmes bien vêtues ou point; peu ou beaucoup de femmes médiocrement vêtues ou point; peu ou beaucoup de femmes assidues à leur ouvrage ou point; peu ou beaucoup de femmes des halles et des cjuais, ou point; peu ou beaucoup d’assistans. On y marquait le nombre des accusés, leurs noms, les questions qu on leur faisait, les réponses de chacun d eux; sa mine, son geste; s’il étail fermç, sensible ou affecté; les observations du président, des jures et accusateurs publics; les mouvemens ou signes

de l’opinion de l’auditoire , le genre ou les manières des approbateurs, le blâme ou les reproches adresses aux accusés, leurs réponses à ce sujet; les distinctions sensibles entre les marques d'approbation ou d'improbation des auditeurs; par quel genre de personnes, pourquoi, comment et pendant combien de temps avaient été données ces marques d’approbation ou d’improbation j ce qui se disait hors de l’audience , dans les salles et cours; ce qui se passait dans la salle des témoins; s’il s’y introduisait des curieux ou des suspects; si l’observateur avait fait suivre, arrêter ou non les suspects; si dans l’auditoire on avait distingué des suspects ou des improbateurs; s’ils y avaient été suivis ou s’ils avaient pu être arrêtés; la conduite du défenseur officieux, l’éloge ou le blâme des moyens qu’il employait; quelle sorte de personnes était affectée par les défenses, et comment; le nom et la désignation des témoins, des principaux faits; les impressions produites parles dépositions; sur quelles gens avaient opéré ces impressions; si c’était des 1 spectateurs d’habitude, ou non. Chaque jour d’audience , on fournissait deux tableaux, un pour chaque salle, et le tableau se complétait ensuite des remarques sur le départ des patiens, et leur supplice ; sur l’effet de leur sortie , leur nombre , et l’imprcssiqn produite par le nombre même; sur les noms ou qualités des patiens ; sur ce que l’on disait dans les groupes, dans les rues et sur les

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