CHAPITRE XIX
placés d'exécution; sur le genre des discoureurs.
' Dulac et Dumonceau étaient souvent occupés à ces observations. Plusieurs des tableaux portaient des remarques curieuses et intéressantes , celle-ci entre autres : qu'une députation du comité révolutionnaire de Paris s'était , à l'ouverture d'une séance, dans le mois de nivôse an II, plainte injurieuse-
' ment de Pacquittement et de la mise en liberté d'un cordonnier accusé d'infidélité dans des fournitures aux armées, et avait même menacé les jurés ; que cet outrage fut approuvé de Fouquier qui dit qu'il en était bien aîse j que l'avis de Fouquier fut applaudi des habitués de l'auditoire. En marge de cette note était écrit : Point de recherches y afin d^ assurer la punition des grands coupables.
Un autre tableau indiquait que NauUin, faisant fonction d'accusateur public , et ayant cru s'apercevoir que deux témoins étaient évidemment faussaires, requit qu'ils restassent sous la garde des gendarmes. En marge de ce tableau était jointe une note où il était question du blâme que le comité de sùi;^ té générale avait fait éprouver à Naullin ; d'une ^ lettre écrite par Ëlie Lacoste à NauUiù; et il était
- en outre faitmention de là mise en libertéde ces deux témoins. L'impunité de l'injure faite par le comité révolutionnaire a produit de grands maux; les effets de cet outrage à la justice, à la vérité, non réprimés par le tribunal , approuvés par le fonc-
25o MÉMOIRES DE SENART.
tionnaire du ministère public ^ et tolérés par le comité ée sûreté générale > ont .été désastreus ; l'impunité d'un f auxtémoignage^ la censurera magistrat qui voulait le réprimer sont des torts réel^enyer.*^ la nature et l'éqviifté ; torts «topardonnaUes- et irréparables. - ' \ *' . < . i .
Souvent les tableaux portaient ces remarques importantes : laprétence^dea membres' du comîJté'^de sûreté g^aérale étaitutHe, le «peuple les a reconnus'; tantôt y 'kur présence ^a- intimidé lea accusés; tantôt^ elle afait)plaisir au tribuaal; tantôt^ elle a paru inquiéter le tl*ibunalj' souvent ^ elle a ittipoi^é silence âu défenseur; tantôt^ leur présence^ était approuvée dans l'auditoire; tantôt et souvent) elle était improuvée des vieillard» : des gens vêtus proprement manifestaient entreei» > mais secrètement 9 leur improbation, leur sensibilité; les. femmes mal vêtues et les enfans les voyaient avec plaisir; tantôt et presque toujours ^ l'on applaudissait aux ironies envers les accusés, au grand «nombre de ces accusés^ aux sorties du pi'ésident ou de 1 accusateur public cbnire les accusés; les applaudissemens venaient toujours des mêmes personnes , des femmes habituées du tribunal^ ^t surtout de celles de ces femtees qui étaient mal vêtues; souvent , le défenseur a dit peu de chose et ne mettait pas grand intérêt à ce qu il disait; quelquefois^ pourtant , les habituées ont hué les défenseurs; souvent^ elles ont hué