‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sûreté générale, ou, Mémoires (inédits) de Sénart, agent du gouvernement révolutionnaireChapitre 103 sur 117 · CHAPITRE XIX. â5l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX. â5l

les accusés. La dénomiûation des membres da comité était presque toujours la mécne etiodiqvaît Vadier , Amar'^ Voulapé^ Moïse Bay.l^ , wms le pl«is «OHvent Vadier et Voulaudé ' '

Les observations ont exprimé que quelques murmure» avaient eU lieur dans 'rauditoiner 'et phis encore bors de- l'auditoire' au sujet de rar** l*estatîon de certains défenseurs offideux^'et.sui^ tout de ce que quelcfues-^uoes de ces arrestations avaient été ordonnées par le comité de sûreté- gér aérale. Ces mêmes observations rotidaient compte que des défenseurs officieux s'cfntretetiaient h^s de l'auditoire des'. dangers qu'ils couraijeat!^ décrira'possibilité de défendre s^lBisamitient lesr préiFei^^ des menaces ^:de& i^eprocbes qu^on^ leui^^fàisait^au tribuxtal révolutionnaire^ et de quelques traits odieux qu'ils i^apportaieflt entre/Cuxi L'im^m'aidil au tribunal^ observait l'un ; «• C'est inutile dé* dé*^ »: fendre -un tel : il sera^guillotioé^ qnelqueichtte » que vous disiez^ > » < Un autre répliquai t^r Oq a>oeé me- dire ■: « JJ'fst tel sera guitioliné; i^elque^^ chêne » «que vous disiez^ eelterpersoffiie y passera* >rGe6 observations! rindiquaieot) afussir:; quellesi iétsient 1 1^ sommes Qu'ils* se faisaient donner >? et Ta][)portàieiit une «:tpressien-f riviale> r lofchenâseduihcàadd péA serçinc^médscmi Lies tableMn«K'obaeriralionlsJpo<>taient souv^t r hes* accusés-lxraTaient - la j morfc ; souvent 9 ilejiirvaîenl*de la sécncitéç souvent, éls ont plaint le peu()le$ éoavent ^> Hcrimt consei^ve une fer-*

meté étonnante. Cette fermeté des accusés étafe surtout remarquable lors des grandes fournées. Les observations faites dans les salles des témoins citalent l'acharnement de quelques témoins et les encouragemens que leur donnaient ceux qui les entouraient. On rapportait les expressions infâmes et cruelles de quelques gendarmes et huissiers du tribunal; on montrait les habituées des audiences accourant, lors du départ des condamnés, pour crier bravo devant les voitures des patiens; des enfans , des polissons , des gens mal vêtus suivant et précédant les voitures. On rapportait des expressions barbares : Allons, allons à la guillotine, ce^ en vaut la peine. D'autres disaient : Il n'y en a que douze , il n'y a pas de plaisir, je n'y vas pas ; avec cette différence cependant , que les vieillards et les gens bien vêtus, la majorité du peuple, ouvriers ou autres , manifestaient de la sensibilité , murmuraient même , quelques-uns dé voir des députés , lors des exécutions y sur la place , des spectateurs hors des groupes grimper sur des pierres pour compter les têtes tombées. Les uns disaient : Pan! coquin, à chaque chute du glaive; d'autres s'écriaient : Bravo, et à chaque patient disaient : Ah! c'est boni D'autres s'en allaient en disant : C'est le petit panier; d'autres, lorsque c'était fini, disaient : C'est dommage , il n'y en a plus.

Une pièce importante trouvée dans les cartons, était un avertissement donné au comité

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de sûreté générale par d'Ossonville ^ commissaire secret du comité^ portant que Fouquier^ Dumas, Renaudin et quelques autres jurés , réunis à un certain dîner, s'entre-félicitaient sut le nombre des têtes qui tombaient. Au dessert Dumas avait dit : Ce Méot est plaisant à son fourneau ; il serait curieux de l'envoyer chercher un matin , avec son tablier, de le faire monter sur les -gradins, et de le faire guillotiner tout de suite. Ce serait pour le coup \9l fricassée dufricasseur. Renaudin ajouta : Il faut le mettre dans une fournée, le lendemain d'une décade ; n'étant pas de ses juges, je viendrai dîner chez lui pour rire. D'Osson ville observa que cet avertissement pressait : Dumas et Renaudin furent mandés au comité de sûreté générale, et ne purenj; pas nier, mais n'avouèrent pas ces propos. Le comité les prévint qu'il était à craindre que cela ne transpirât , et leur fit des représentations. Voilà , lecteur , un de ces traits qui caractérisent la férocité de ces monstres !

Je me rappelle quelques notes de ces tableaux d'observations, et je vais vous les transmettre. Il me souvient d'avoir remarqué que ce fut vers le mois de juillet lygS que ces observations avaient été faites. Celle qui fixa la première mon attention était relative à Charlotte Corday ; elle donnait des instructions au tribunal , et présentait la sévérité comme nécessaire j mais ce fut en vain qu'on l'employa pour arracher un signe de repentir à Tac-

Ctt8ée'<}ui semiiUH jôcer un- personnage^ et avait Vair grave et ipajestneo^. L'au^itcHre étaH comMe en presse ^ son appiiritioailatta. les uns et sensibi-^ Usa leSi autres; le» premiers mots de lauditcipe rouièreflit sur sa>beaaté; chacun discourait; plusieurs disaient r^CW grand doonsnage; les habitués ethabituées criaient conU^e'elle ^ la huaient. I/acçosée soutenait ferhiement n'avoir pas de conh-* pliee; elle relhreiGa dans tons ses détails^ son projet dassassinef Marat^ et semblait- encore 'en ressentir de la- satisfaction; elle l'accusait de tjrannre, et s^f^levaiti contre \^ révolution- : elle n^ varia dans aucune réponsl^. Son d^fennseur semblait être fort gêné par la présence de Legendre et de ^Chabot y qui étaient placés de manière à le suivie. L'opinion à» son égard s'est soutenue , et l'on disait ^ avant comme aprè&sa mjort : Qnel courage ! quelle beautéJ c'est dommage : les habitués et habituées de l^uditoire criaient seuls contre elle ; il semblait qu'elle obtint des regrets. Les derniers mots qu'elle a {mto** fkonoés comme on l'attachait sur la bascule , sont : Peuple aveugle ^ tu es assez lâche pour adorer tes tyrans.

J'ai encore particulièrement remarqué que Tobservateur , lors du jugement des individus accusés d'attentat contre Léonard Bourdon , rapportait que les habitués et habituées de Fanditoire criaient et huaient , et que l'auditoire semblait , en majorité, plaindre les accusés, et donner tort à Léonard

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