‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sûreté générale, ou, Mémoires (inédits) de Sénart, agent du gouvernement révolutionnaireChapitre 114 sur 117 · CHAPITRE XXII. ajS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII. ajS

dre-et-Loire, séant à Tours, de dénoneer cesrnêmes lettres avec un citoyen nommé Strab , officier des vétérans nationaux; mais le citoyen Strab ne revit plus ces pièces ; Clément de Ris s'en empara seul , "et depuis elles ont disparu. Pourquoi Clément de Ris, dépositaire de ces pièces, a-t-il abusé de ce dépôt? C'est. que Clément de Ris, dépositaire de ces pièces, était lui-même dans la conjuration , et avait été attaché à la maison de Capet, et s'était 'retiré à la campagne près d'Amboise, après les événemens de la cour : son crime, sa complicité s'expliquent par la non remise de ces pièces. Alors Tallien allait souvent passer ses jours de plaisir à ^ Ja campagne de ce Clément de Ris; ils étaient intimement liés ensemble, etleur intimité imposa silence au district d'Amboise et au comité départemental de Tours , qui avaient , mais en vain , réclamé ces mêmes pièces. Tallien a-t-il pu, sans être de complicité, ne pas en exiger la remise? Et pourquoi a-t-il favorisé la femme Sein , Fleury, la Baube et Ogier? Pourquoi a-t-il donné à ces derniers des passe-ports dont ils ont fait usage pour passer dans la Vendée? Non certes, Tallien n'était pas étranger à la conjuration, puisqu'il protégeait les conjurés. La commission militaire de l'armée républicaine de Vihiers , et les officiers de police de Rouay-sous- Saumur, ayant fait arrêter et conduire à Tours le nommé Cazenac Breton , envoyèrent leurs procèsverbaux et pièces des 26 mars et 12 avril 1795 ,

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lesquels le désignaient commie suspect d^nlelU* gence avec les ennemis. Tallién le fit mettre en liberté, et pàr-Ià ne fit que donner pins d'étendne a la correspondance des ennemis intérieurs et extérieurs. Bientôt après, le district de Chinon découvrit la correspondance de Gazenac Breton , correspondance suivie avec les émigrés, llSmpe*reur , VEspagDe , te stathouder , l'Angleterte : les pièces furent cotées , paraphées par le district de Chinon, et adressées au comité départemental de Tours , qoi en constata l'identité par un arrêté du 29 avril ij^' Le comité départemental le Communiqua à TalHen, qui reconnut l'existence du fait et des pièces, et ne put refuser de signer, l'ordre du même jour ag avril 179? 5 d'arrêter de nouveau Gazenac Breton sur k vu des pièces , est-il. dit par Tallien.

Mais,ôcomble d'infamie! TaUien,au mépris de ces preuves matérielles , obéit à la conjuration et remet en liberté ce même Gazenac; toutefois il craignit! que l'existence de ces pièces ne déposât contre sa complicité. Alors le secrétaire du département était j un nommé Ghalmel , autrefois secrétaire de l'in-l fâme Foullon ^ et qui avait été obligé de fuir avec lui des Colonies pour échapper à la vengeance duj peuple à cause de leur tyrannie. Ce Ghalmel , d'ac- " cord avec Tallien , fit disparaître ces pièces de conspiration. Leur délit est assez expliqué par le',' fait^même et par les procès-verbaux de réquisition.

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