‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sûreté générale, ou, Mémoires (inédits) de Sénart, agent du gouvernement révolutionnaireChapitre 117 sur 117 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

Encore ua de ces traits qui doit achever de te caractériser. La femme de Gaston - Nogère , femme de Gaston^ chef des rebelles , fut arrêtée à Tours, venant à cette époque d'Aix- la «Chapelle, et colportant des plans de conspiration qu'on saisit sur elle et qu'elle reconnut. Cette femme reçut de Tallien les mêmes secours et protection que les autres conjurés. Bien qu'il connut les pièces saisies sûr elle et détaillées au procès-verbal signé de lui, il lui donna la liberté : il fit plus ; il lui donna un passe-port à la faveur duquel elle passa dans la Vendée. Si le chef des Vendéens eût été à Tours, il n'en eut pas fait plus que Tallien : oui , Tallien fut plus utile aux rebelles qu'une armée tout entière. Un dernier trait suflSra pour achever le ta-bleau.

Tallien, c*est moi qui te parle , réponds; tu n'as pas du oublier ce jour où j'étais allé chez toi : en attendant ton lever, mes yeux se portèrent , j'en frissonne encore, ils se portèrent sur une lettre que l'on t'adressait de Paris, timbrée de Paris , datée de Paris, des derniers jours de mai 1793 ; et commençant par ces mots : Nous wons fait. ..^ etc., et finissant par ceux-ci : Nous espérons dans peu te donner de meilleures nouvelles. Celte lettre contenant le détail des projets de conspiration et des ramifications même de la conjuration, je m'en empa-. rai , et te forçai de la déposer au comité départe-

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mental ; je tj conduisis y elle y fut déposée le 27 mai 1^93 9 mais tu en gardas Torigiiial y et n'y dépeças qu'une copie ^ certifiée, signée de toi, en* registrée sur le registre du comité. Pourquoi cette correspondance, si tu n'es pas complice ? Pourquoi cette précaution de garder l'original, si ce n!est poar sauver ton complice, cacher, dénaturer ou changer L'écriture ? et encore ,. pourquoi par les soins de Ion aiEdé Chalmel, qui en était dépositaire, cette lettre a-t*eUe disparu? Cette infidélité indique le crime et la complicité. Que peux-tu répondre au procès-verbal signé de loi , lequel reconnaît l'existence de cette lettre ? Peux-tu justifier s^^ disparition ? Voilà ce qui sans réplique constate ta conspiration et ton crime. Parle si tu peux. Que dirastu contre ta propre signature ? Tu es nécessairement convaincu. Je tiens, et voilà la preuve de ta trahison.. O monstre! parle donc vertu, parle donc humanité ; tu n'as pas lavé tes mains du sang des victimes que ta perfidie a immolées! Nie, si tu l'oses, que tu ne fus pas complice de la conjuration , le complice des ennemis coalisés, et l'agent en chef des Vendéens et des chouans : parle maintenant de les poursuivre ; réponds au tribunal de l'opinion. Toujours fourbe , toujours cruel , toujours sanguinaire , toujours barbare , toujours faussaire, le châtiment t'atteindra; tes vie-* times seront vengées | tes crimes sont connus;

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protège le$ conspirateurs y vole leurs pièces ; je l'attends 9 moi, tu n'as pu rae corrompre, ni m'intimider, ni m'immoler : mon existence est ton iQurment, comme la tienne est la honte de la nature. Ce serait un tort réel si tu n'étais pas )ugé. -

Dans les numéros de ton journal tu as inséré des écrits de la société populaire de Tours : sans doute tu mérites bien son amitié y comme elle mérite ta protection ; ce fut dans le sein de cette société même que fut formé le complot de faire livrer et égorger la garde nationale dé Tours. Les Rouhier, les Kose, les Clément-de^Ris qui en étaient membres , recevaient, payaient et cacbaient les espions des rebelles. L'un deux avait publié et donné le moyen dé prendre Tours. J'ai saisi les pièces de conviction : l'existence de ces faits, de ces pièces fut constatée par le procès-verbal des commissaires des districts, les 12 et 1 3 germinal an II. C'était dans cette société qu'allait s'étaler la fameuse RicbaVd, femme Texier, prostituée des rebelles , et nièce d'un chef des rebelles , vendue à la seconde commission militaire qui savait si bien poursuivre les républicains , protéger les rebelles et leurs com-' plices,et trahir ses devoirs; c'était dans cette société que se réfugiaient les commissaires civils, les administrateurs de départemeut qui ont fait dans leur mission des fortunes si rapides. Là se réfugiaient aussi les conspirateurs de tous genres ;

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tiens 9 reconnais avec eux la> preuve de ta perfidie.

Ces monstres étaient tellement vendus aux Vendéens, qu'ils convinrent d'un signe extérieur qui sauverait de la mort quiconque le présenterait; c'était une carte portant pour inscription : Société des amis de la constitution à Tours. Une couronne de chêne était arrêtée au bas par une fleur de lis. J'en ai saisi une portant ces mots : Trimestre de juillet T795. A cette époque les rebelles étaient aux portes de Tours; à cette époque, Tallien, ils étaient victorieux grâce à toi. Pourquoi cette fleur de lis, si ce n'est un signe de reconnaissance ? L'écriture de l'inscription des mots de trimestre^ etc., comparée à celle du secrétaire de cette même société d'alors, est semblable. Tallien, affiche de ^lus en plus ta correspondance avec cette société! Réponds, société populicide , qui usurpais le nom de populaire, quel signe plus évidemment meurtrier que le tien?

Voilà tes amis, Tallien, voilà leur repaire , je les attends ainsi que toi , et je vous brave les uns et les autres.

Jugez, lecteur, de la position où je devais me trouver entre ces perfides; ce que j'ai eu à souflrir et à combattre! Quelles doivent être leurs craintes? Et moi, quel sera le terme de ces persécutions, que j'éprouve? mais je ne veux point parler de moi : ma seule réponse à toute calomnie , est que je provoque et appelle sur ma tête la sévérité de la justice. J'ai passé sur beaucoup de faits essentiels et

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