CHAPITRE V
fit enlever leurs canqiis , et combina leur ruiue , par une nianœu?vredont le* 'but criminel fut découvert. Une déclaration de l'état-major de ces, Marseillais a donné le détail de la trahison de Santerre. Ces pièces furent jointes à son mandat d'arrêt ^ et lui furent représentées lors de l'interrogatoire qu'il prêta devant moi ^ commissaire du comité de sûreté générale.
A ce procès-verbal , Santerre , pour se disculper du fait dénoncé dans la* lettre ci-dessus ^ écrivit de sa propre main sa réponse; faculté qui prouve qu'on ne le gênait aucunement ^ qu'on n^altérait en rien sa défense. Santerre avoua , par son écrit ^ qu'il. ne pouvait expliquer la journée du 10 août; qu'il s'était tenu en réserve dans un appartement particulier qu'il avait dans la commune de Paris;: que de-là il donnait ses ordres^ mais qu'il nly était vîsiblç que pour les officiers qui venaient lui rendre compte de l'affaire. Convaincu de l'existence du complot formé pour sacrifier les Marseillais, il con-; vertit ses trahisons en erreurs et en méprises. Mais la vérité, de sa perfidie ressortait de la comparaison même de ses réponses. Ce qu'il y a de plus singulier dans l'historique de ses. réponses , c'était de voir posté 9 comme un portier servant , le chevalier Montredon , pensionnaire gagiste de d'Orléans , et servir de guichetier. pour l'antre du crime , où JSan-^ terre, tandis que les braver Parisiens, les MarseiK lais, les fédérés, démolbsaient le trône, en tei-«
^9 MÉMOIRE9 PB «WVART.
gnml à^ \WT 6aiig ses débris, se livrait à des Btàaeê d^ débaUctm avec une ex-chanoinesse que depuis il 6t épouser à ce même M ontredoa. Du sein du yice, et tenant à la main lin verre toujours rem-* pli I il donnait ses ordres par une petite ouverture de la porte que le complaisant Moniredon entr'onvrait. Dans cette situation, il était curieux de voir Santerre , général parisien , caché sous les jupes d*upe femme, tandis que son armée se battait, s'eoivrer de liqueurs fortes' pour y trouver un sti-* iQulant.
Ce tableau tracé , dans l'écrit de Santerre luimême , donne l'idée de ses qualités , de celles de la çbanoinessé et du portier Montredôn. Mais j'ou-* bliais encore un aveu de Santerre. Comme c^était ^ ^elon lui, Montredôn qui s'occupait oausrantic&iajii*' bre à dresser les plans de bataille, ce fut sur lui qu'il refeta ses erreurs.
Telle fut la conduite de Santerre qui tire soa grand sabre pour faire la guerre aux limaçons, qui se cache dans une cave et s'enivre pour ne rien voir et n'entendre aucun bruit, qui s'évanouit sur un sofa, au vol d'une mouche, et qui, pour rappel» ses forces et son courage, S' excite dans les caresses d'une femme impudique.
Il est notoire qu'il fut commis des vols et des pil^ lages au château des Tuileries et au Garde-Meuble. Ce que l'on arracha^ aux voleurs, cq qui fut, par diveraes circonstances, rapporté à la commune de